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Orfeo chaman (Christina Pluhar)

note: 5Baroque contemporain G. Abitbol - 20 septembre 2017

Christina Pluhar est une habituée des projets inclassables. L'autrichienne (mais française d'adoption : elle réside à Paris) s'est imposée depuis [...]

Encore vivant (Pierre Souchon)

note: 5Encore vivant ! Ophélie - 19 septembre 2017

Il y a des livres dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Voilà un texte vivant, vibrant, riche, [...]

Sabador (Africando)

note: 5Dakar-New York-La Havane DDO - 19 septembre 2017

Au début des années 90, Ibrahim Sylla , producteur africain et découvreur de quelques-uns des plus grands talents de la [...]

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Nos derniers avis

 

Orfeo chaman (Christina Pluhar)

note: 5Baroque contemporain G. Abitbol - 20 septembre 2017

Christina Pluhar est une habituée des projets inclassables. L'autrichienne (mais française d'adoption : elle réside à Paris) s'est imposée depuis plus de 15 ans comme une vraie spécialiste de la musique ancienne. Pourtant pas de doute : elle prend un malin plaisir à dépoussiérer la musique classique ! Né à l'occasion d'un spectacle à Bogota donné en 2014, cet opéra moderne revisite le mythe d'Orphée en mariant musique baroque et répertoire sud-américain. Un programme enchanteur, tant le chant du jeune argentin Nahuel Pennisi, bluffant de justesse et d'émotion, se conjugue bien avec le jeu de l'ensemble de l'Arpegiatta (qui pour le coup, n'a plus grand chose à prouver en terme d'excellence). Très beau disque !

Encore vivant (Pierre Souchon)

note: 5Encore vivant ! Ophélie - 19 septembre 2017

Il y a des livres dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Voilà un texte vivant, vibrant, riche, écorché. Une plongée au cœur de la maladie mentale, de l’hôpital psychiatrique public… mais pas que. C’est un texte empreint d’idéologie, d’humanité, de recherche de compréhension du monde qui nous entoure. La recherche de l’humanité coûte que coûte même chez les nantis pourris. Un texte qui puise dans les figures de l’enfance qui se déconstruisent au fur et à mesure. Et puis, le rapport à la nature très présent. Un hymne à la vie qui ne sombre jamais dans le pathétique. Simple et vrai. Le lecteur est pris dans la spirale de la bipolarité, ses alternances d’humeurs : de l’infiniment haut à l’infiniment bas.

Sabador (Africando)

note: 5Dakar-New York-La Havane DDO - 19 septembre 2017

Au début des années 90, Ibrahim Sylla , producteur africain et découvreur de quelques-uns des plus grands talents de la musique ouest africaine, décide de revenir à ses premiers amours.
Car, dès les années 50, Cuba veut faire la révolution en Afrique (Le Che et Fidel y feront plusieurs allers-retours). Les liens entre le continent et l’île se resserrant, les artistes cubains inondent alors de leurs 45 tours le continent noir, comme un retour aux origines pour cette musique qui a gardé et revendique son africanité.
Les disques du Trio Matamoros et Guillermo Portabales côtoient alors les artistes country( ??) et plus tard, la vague yéyé.
Les artistes africains affectionnent particulièrement ses sonorités métissées aux confluents de l’Europe, de l’Amérique et de l’Afrique.
Nombre de groupes se forment avec des succès quasi-immédiats. La rumba congolaise vit alors ses années de gloire
- C’est en souvenir de cette époque « bénie » qui voit l’indépendance de plusieurs colonies (écoutez le titre "indépendance chacha" de Grand Kalle) qu’Ibrahim Sylla réunit en 1993, certains grands chanteurs de cette époque mais aussi des talents contemporains détenant le même amour pour cette culture afro-caribéenne.
Le groupe Africando naît alors et sans surprises, de Paris à Dakar en passant par New York, les pistes de danse brûlent aux sons des voix suaves de Medoune Diallo ou rocailleuse de Pape Seck.
Le talent d’Ibrahim Sylla est d’avoir permis aux plus talentueux musiciens cubains et sud-américains d’accompagner ces crooners de plusieurs générations. Le terme de musique afro-cubaine prend alors tout son sens.
On trouve aisément son bonheur dans cet opus, entre les reprises de standards cubains (La Bamba, Moliendo Cafe) et des titres issus du répertoire d’illustres formations africaines (Xale Bile, boléro chanté en wolof et sublimé par Medoune Diallo).

Ourse & Lapin
Un intrus dans la vallée (Julian Gough)

note: 4Série à découvrir à partir de 7 ans Smart - 16 septembre 2017

Ce premier tome des aventures d’« Ourse et Lapin » se dévore. On assiste à la naissance d’une belle histoire d'amitié. Le récit est parsemé de touches d'humour, quant aux illustrations, elles mettent bien en valeur la complicité des deux personnages. Nul doute que les jeunes lecteurs auront hâte de découvrir le tome suivant.

Ma mère, le crabe et moi (Anne Percin)

note: 4Roman d'apprentissage Smart - 12 septembre 2017

Tania nous fait partager sa vie au quotidien, ses amies, les garçons, le collège mais surtout le cancer de sa mère, de l'annonce du résultat au traitement lourd en passant par l'opération.
Anne Percin traite ce sujet délicat sans être larmoyante. Bien au contraire, une certaine joie de vivre et un humour mordant habitent ce roman.
Le style direct et familier de Tania donne du souffle à ce récit, allège quelque peu le propos sans pour autant le dédramatiser. L'auteur fait la part belle à cette relation entre la mère et la fille.
Un roman touchant et intelligent, à la fois drôle et émouvant.

Le nouveau (Rudi Rosenberg)

note: 4L'âge ingrat Natha - 8 septembre 2017

Être « le nouveau » dans un collège, c’est l’horreur. S’intégrer ? Se faire de nouveaux amis ?
Entre les beaux gosses attardés aux rires de hyènes et les têtes d’ampoules aux rituels un peu bizarres, Benoît va devoir s’adapter.
Heureusement, il peut compter sur les conseils hautement avisés de son tonton, squatteur de canapé de compétition, incarné par Max Boublil.
Une comédie pleine de tendresse à regarder avec ses pré-ados et ados (de 10 à 14 ans).

L'affaire Lerouge (Émile Gaboriau)

note: 3 JFP - 31 août 2017

Pour beaucoup de critiques littéraires, le français Emile Gaboriau est l’un des principaux fondateurs du genre policier. Dans ce roman publié dans les années 1860, on trouve la plupart des ingrédients qui font la réussite d’un polar : des révélations fracassantes jalonnent l’intrigue, la psychologie de chaque protagoniste est fouillée et, mêlant intuition et déduction, les méthodes du père Tirauclair, enquêteur amateur au service de ce qui ne qui ne s’appelait pas encore le 36 quai des orfèvres mais la rue de Jérusalem, se révèlent redoutables. Mais c’est ailleurs que réside le charme de ce roman à énigme écrit sous le Second Empire. D’abord dans le portrait d’une France en transition où, heurtée par l’avènement de la bourgeoisie, une aristocratie nostalgique de l’Ancien régime s’efforce de garder la tête haute. Et puis surtout, la passion amoureuse, au coeur d’innombrables crimes depuis toujours, se manifeste ici avec une telle ardeur qu’il est difficile de rester insensible au sort de tous ces personnages que le désir pousse à des conduites inconsidérées. A la limite de la grandiloquence, surannés dans leur manière de s’exprimer, ils font de ce roman un délectable divertissement.

Lucky losers (Laurent Malot)

note: 4A ne pas manquer ! Smart - 26 août 2017

Laurent Malot nous offre un roman social enlevé, dynamique, drôle et touchant.
L’écriture est fluide, efficace, incisive par moments. L'auteur montre les limites d'un système basé sur le profit, qui enrichit les uns et ne cesse d'appauvrir les autres. Mais, entre ces mondes-là, des ponts sont possibles…
Un récit engagé qui se lit d'une traite.

This is Trojan (Desmond Dekker)

note: 5Made in Jamaica G. Abitbol - 26 août 2017

Fondé à la fin des années 1960 afin d'importer la musique jamaïcaine sur le territoire britannique, Trojan Records est un label emblématique, adulé par tous les amoureux de reggae et de ses ramifications. L'équivalent d'un label comme Stax pour la soul ou Chess Records pour le blues... Voici sans doute la compilation définitive pour redécouvrir des tubes incontournables comme "Israelites" de Desmond Dekker, "Return of Django" des Upsetters, "Rivers of Babylon" des Melodians, "Liquidator" d'Harry J All Stars... La crème de la crème !

Le garçon au sommet de la montagne (John Boyne)

note: 4Roman ado et adulte Smart - 18 août 2017

L’auteur montre la facilité avec laquelle on peut amener un enfant à adhérer à une idéologie raciste et antisémite. On assiste à la transformation du petit garçon innocent à l'adolescent monstrueux.
Aux côtés du Führer, le garçon orphelin se sent enfin considéré. Pierrot fera des choix qui le hanteront toute sa vie.
La fin de la guerre laisse place aux remords et aux cauchemars. Conscient de ses actes, il essaye par tous les moyens de se racheter.
Un roman fort, réaliste qui ne laisse pas indifférent.

Je suis le tonnerre (Annabel Pitcher)

note: 3Roman ado adulte Smart - 16 août 2017

Dans « Je suis le tonnerre » les adultes ne sont pas parfaits, et quelquefois, ils n'adoptent pas la bonne attitude face à leur progéniture.
Les personnages de cette histoire sont attachants, agaçants aussi mais sincères et vrais.
Annabel Pitcher signe un roman réaliste qui aborde la question de la filiation et de la quête d’identité.

Colter Wall (Colter Wall)

note: 5Crazy heart G. Abitbol - 4 août 2017

Colter Wall a 21 ans. C'est son premier album. Il vient du Saskatchewan, pays de vastes plaines au beau milieu du Canada. Maintenant que vous avez cette information, il se peut que vous vérifiiez une nouvelle fois que vous avez bien introduit son CD dans votre platine... Le timbre de baryton du chanteur s'apparente en effet davantage à celui d'un vieux baroudeur du fin fond des Appalaches, et ses intonations caressantes semblent sortir du corps d'un homme ayant vécu plusieurs vies... On est loin du jeune premier propret du Grand Ole Opry comme les USA en sortent régulièrement. Passé cette surprise, on appréciera les textes de ce magnifique album, truffés d'histoires poignantes, contées avec brio. On saluera également le picking du guitariste, parfaitement maitrisé. Quelque part entre le honky tonk de voyou d'un Merle Haggard, l'épure et la délicatesse de la scène émergente du Greenwich Village (FIP le compare à Dave von Ronk. Un sacré compliment), voilà un musicien qui peut porter fièrement son Stetson !

L'homme que l'on prenait pour un autre (Joël Egloff)

note: 4Monsieur tout le monde Natha - 25 juillet 2017

Lassé d’être pris pour un autre, Pierre Simon, le héros solitaire de ce roman, va jouer le jeu et accepter toutes les identités qu’on lui prête : mari infidèle, pensionnaire de maison de retraite, présentateur météo, ancien taulard etc.
Et à force de n’être personne et tout le monde à la fois, il devra sévèrement s’embrouiller avec le facteur pour recevoir du courrier !
Ce sont les petits défis de la vie quotidienne dans toute sa banalité qui font vivre des situations improbables à ce touchant et à la fois exaspérant personnage.
L’histoire en elle-même est peut-être un peu moins accrocheuse que celle de « L’étourdissement ». Cependant, si vous aimez la patte de Joël Egloff, vous prendrez un grand plaisir avec ce livre dans lequel l’humour absurde règne en maître.

La vie secrète des arbres (Peter Wohlleben)

note: 3 JFP - 19 juillet 2017

Ils jouent des coudes pour arriver au sommet, s’envoient des messages en cas de danger, migrent quand leur environnement ne leur permet plus de survivre et privilégient parfois la solitude à l’esprit de clan : dans ce livre signé d’un forestier allemand, on apprend que les hommes partagent avec les hêtres, les chênes et les sapins de nombreux points communs. Et que la vie dans les sous-bois n’est pas de tout repos : les arbres entretiennent avec le champignon et le pic épeiche des relations passionnelles, le chèvrefeuille des bois est un ennemi au pouvoir d’étranglement aussi redoutable qu’un boa constricteur et le sous-sol est habité par une faune microscopique fort utile mais effrayante.
Pas la moindre petite photo dans ce passionnant ouvrage de vulgarisation. Tant mieux : on a d’autant plus envie de gagner la forêt la plus proche pour aller vérifier si par temps sec le bois crie quand il a soif, tenter de percevoir à la nuit tombée les murmures générés par l’eau présente dans les troncs, ou chercher si sous nos latitudes poussent des arbres dits « ivres »... Des points communs avec l’homme donc mais aussi une différence majeure : les arbres vivent au moins quatre à cinq fois plus longtemps que nous. Un livre qui remet l’être humain à sa juste place ne peut pas être mauvais...

Sully (Clint Eastwood)

note: 5Force tranquille Natha - 15 juillet 2017

Dans ce film, Clint Eastwood rend hommage au commandant Sullenberger dit « Sully », responsable de l’amerrissage du 15 janvier 2009 de l’Airbus A320 dans l’Hudson, à New-York.
Tandis qu’il est célébré en héros par la population, une commission d’enquête est réunie pour décrypter ce choix tellement risqué.
Des scènes impressionnantes : l’avion proche des buildings, le point de vue du personnel de bord et des passagers, l’amerrissage sous des angles différents… associé à l’interprétation toute en humilité de Tom Hanks et d’Aaron Eckhart (son co-pilote) font de ce biopic une très grande réussite.
Tout le talent de Clint Eastwood une nouvelle fois démontré.

On est tous faits de molécules (Susin Nielsen)

note: 4Roman poignant et plein d'humour Smart - 12 juillet 2017

Ce récit à deux voix complétement discordantes est drôle et d’une grande finesse. Des sujets importants sont abordés : l’homosexualité, la précocité, la mort mais le ton invite à la réflexion plutôt qu’à la déprime. Un excellent moment de lecture en perspective !

In excelsis stereo (Gloria)

note: 4G-L-O-R-I-A G. Abitbol - 11 juillet 2017

Tout n'est pas parfait chez les françaises de Gloria (car même si des hommes font aussi partie de ce groupe rassemblé un peu par hasard dans un manoir breton pour célébrer l'amour de la pop 60's, on privilégiera, une fois n'est pas coutume, le genre féminin). Un disque comme "in excelsis stereo", brille ainsi davantage par sa fraicheur rétro que par son originalité, usant un peu tous les poncifs du genre, à grands renforts de guitares fuzz et de trille psychédélique. Mais le trio vocal sait bougrement y faire. Là où des girls groups aussi sympathiques que Vivian Girls ou Habibi ne quittent pas le pré carré d'une pop garage mélancolique, Gloria ose s'affranchir de l'étiquette "indie" pour des morceaux comme "In the mornoing", jolie ballade à la Simon & Garfunkel. Et puis, au détour d’un morceau, on entrevoit parfois une formule magique rare : la simplicité et l’efficacité des productions emblématiques de Phil Spector. Un disque qui séduit et qui surprend par son double niveau de lecture : l'écoute distraite, accès sur la mélodie, comme une écoute plus détaillée, dans laquelle on y trouve de nombreux détails croustillants.

Alors, Alfred ? (Clotilde Bernos)

note: 4Roman junior Smart - 7 juillet 2017

Alfred est un petit garçon rêveur… « toujours à côté du réel, inadapté » d’après sa grand-mère.
Ce roman décrypte les mécanismes qui enferment les membres d’une famille dans des rôles prédéfinis.
« Alors, Alfred ? » aborde le problème de l’influence exercée par une grand-mère intrusive.
La prise de conscience d’Alfred, son ouverture à une autre culture avec des principes éducatifs différents vont l’aider à s’affirmer et à se libérer de l’emprise de cette grand-mère étouffante.
Un bon roman d’apprentissage, bien écrit.

Sons of love (Thomas de Pourquery)

note: 5The genius of De Pourq G. Abitbol - 7 juillet 2017

Voila un jazzman libre comme l'air et osant tout, du projet débridé - déjà au côté du sextet stellaire "Supersonic" - comme "Plays Sun Ra" ("meilleur album" aux Victoires du jazz 2014), à l’album "Broadways" où le voila pousser la chansonnette dans le rôle du crooner habité... Il faut dire que Thomas de Pourquery n'a jamais caché son amour du rock et cette envie de ne pas s'enfermer dans une case, et cela dès son projet DPZ. Le voila donc de retour avec "Sons of love", un album solaire, incandescent même : on y retrouve sous le vernis du jazz de la musique progressive, des racines blues ("Get the money back"), quelques effets électro, un versant pop en résumé au sens premier du mot : populaire, donc accessible. En résulte un jazz formidable, débordant de proposition et d'enthousiasme, réalisé avec brio. BRAVO !

Moderne (Les Jambons)

note: 4Les frères couenne G. Abitbol - 30 juin 2017

Deuxième des trois albums produits par Les Jambons, défunt groupe nantais, "Moderne", sorti en 2000, n'a pas pris une ride. Ça n'est guère étonnant : à l'instar des groupes de chansons roublards et 3e degré auxquels ils font penser immédiatement (Les VRP, Nonnes Troppo, Les Malpolis... voire Odeurs), le style musical est dépouillé, ça swingue... et les textes sont suffisamment bien écrits pour être intemporels. De "Madame Robert", clin d’œil à Nino Ferrer, au "Petit clown ridicule" (qui n'a pas pris une ride non plus, tout juste quelques kilos), voici douze morceaux qui mettent de bonne humeur.

Le Boulevard périphérique (Henry Bauchau)

note: 5 JFP - 28 juin 2017

La varappe et un certain goût du risque, voilà ce qui fut à l’origine de l’amitié liant le narrateur à Stéphane. Une amitié que la guerre va malmener et qui trouvera un prolongement post-mortem avec les confidences que le narrateur reçoit du SS qui fit exécuter son ami et qui éclairent d’un jour nouveau la nature de leur relation. « Le boulevard périphérique » a beau être cerné par la mort et le manque qu’elle crée, il n’est en rien mortifère. La présence de la foi, même discrète, y est peut-être pour quelque chose. Le pouvoir d’imagination du narrateur aussi. « C’est le monde imaginaire qui a mis en mouvement ma vie », confie-t-il. Et de la plus belle des manières, ce monde imaginaire lui fera soustraire l’ami disparu à l’emprise de son bourreau. Ce texte fait de récits de rêves, riche en symboles et en métaphores, est l’œuvre d’un psychanalyste sensible aux paysages, aux phénomènes météorologiques, à la lumière. Le fond, la forme, tout est très beau dans ce livre sur ce type de rencontre qui marque une vie entière, irradiant encore longtemps après qu’elle ait eu lieu.

...En Chine (Sascha Hommer)

note: 4Chronique de Chengdu G. Abitbol - 24 juin 2017

Vous avez aimé "Shenzhen" de Guy Delisle ? Sascha Hommer, bédéaste allemand dont voici la 4e BD traduite en français, vous propose, plus de 10 ans après, de découvrir Chengdu, mégalopole chinoise de la province du Sichuan. Avec un parti pris graphique différent, notamment cette façon de représenter les personnages avec des visages "non humains" ou ce personnage principal affublé en permanence d'un masque, c'est un récit très personnel que livre l'auteur, dépassant largement le simple compte rendu de voyage. En témoigne les entractes narratifs récurrents comme cet extrait de "La cité des chats" de Lao She (1932), qui vient rajouter un peu de mystère au tableau déjà brumeux de pollution de la vie quotidienne de nos héros expatriés. Au final, un récit fort plaisant à lire, qui parlera certainement aux personnes ayant déjà voyagé en Chine, et qui donne envie de découvrir le reste de la bibliographie de son auteur.

Dans les branches (Emmanuelle Maisonneuve)

note: 4Roman initiatique Smart - 20 juin 2017

Il y a des livres qui vous paraissent anodins. Vous tombez dessus un peu par hasard.
Vous tournez les premières pages un peu par inadvertance, et puis, tout à coup, sans vraiment savoir pourquoi, vous vous rendez compte qu’il vous est impossible de poser le livre. C’est ce qui m’est arrivé avec "Dans les branches". Ce très beau roman initiatique emmène le lecteur au cœur de la forêt d’Auvergne et nous fait partager une rencontre extraordinaire. Deux personnages que tout oppose se rencontrent, hésitants, parfois maladroits, se découvrent et finissent par tisser un lien indéfectible.
C’est donc l’histoire d’une relation improbable, de vies chamboulées et de beaucoup, beaucoup d’espoir. Une très belle découverte !

Les grandes artères (Louis-Jean Cormier)

note: 5 JFP - 13 juin 2017

Dans « Les grandes artères », les gens dérapent, les gens trébuchent, ils sombrent, ils fuient, ils se séparent. Mais pas seulement : dans « Les grandes artères » aussi, des mains se tendent, des ponts se créent : entre le sans-abri et l’automobiliste pressé, entre l’amant repentant et sa belle évaporée, entre le proche secourable et l’ami qui tombe. Les relations humaines, aussi imparfaites soient-elles, sont le moteur des chansons du québécois Louis-Jean Cormier dont le sens du collectif éclate dans « La fanfare », hymne tonifiant à la combativité. Passant de la folk à des sonorités plus psychédéliques, l’album, qui fait la part belle au banjo et aux cuivres, est sans aucun temps mort, sans la moindre faiblesse. Il se montre renversant jusque dans ses tout derniers titres parmi lesquels « Deux saisons trois quarts » où, l’air de rien, le temps d’une escapade à deux, tout est dit du désir de liens qui jamais ne se déferaient.

Greatest hits (Einstürzende Neubauten)

note: 4Silence is sexy G. Abitbol - 10 juin 2017

Originaire de Berlin-Ouest et formé en 1980, Einstürzende Neubauten, littéralement "les nouveaux immeubles s'écroulant", est un groupe dont la proposition artistique s'est profondément adoucie avec le temps. S'inscrivant initialement au sein du courant de la musique industrielle, leurs performances radicales voient l'utilisation d'outils de chantier (masses, perceuses...), de matériaux divers (plaques de métal, tubes en verre...) en vue de la création d'une musique post-moderne, arty et politique. Gardant des éléments bruitistes, le style musical va évoluer à la fin des années 1980 vers un rock sophistiqué avec une couleur musicale propre, utilisant des éléments nouveaux comme le silence, le souffle, et les textes du chanteur dandy Blixa Bargeld (également guitariste pour les Bad Seeds de Nick Cave). Le groupe demeure cependant suffisamment "unique" pour se voir programmer dans des festivals aussi divers que Villette Sonique ou le festival jazz de Gand... Compilation de la période "calme" du groupe (1989-2014), ces 15 morceaux raffinés prouveront aux plus sceptiques que songwriting et expérimentation peuvent aussi former un mariage réussi.

It's snowing on my piano (Bugge Wesseltoft)

note: 3Piano solo G. Abitbol - 7 juin 2017

Premier album du pianiste norvégien, sorti en 1997, "It's snowing on my piano" est un album solo, qui se présente ici dans une édition agrémentée d'un DVD captant le musicien en 2005 entouré par ses comparses Nils Landgren, Lars Danielsson ou Ulf Wakenius. Une bonne opportunité de découvrir les différentes facettes du jazzmen. C'est aussi, en ce qui concerne l'album proprement dit, un Bugge Wesseltoft peut être moins connu des amateurs l'ayant découvert avec ses expérimentations électroniques (c'est un des fers de lance du courant "nu jazz"). Voici un album reposé, tout en délicatesse, à la frontière du jazz et de la musique classique. On pense irrémédiablement à Erik Satie. Un joli moment d'écoute en perspective.

English tapas (Sleaford Mods)

note: 3Cockney Rejects G. Abitbol - 2 juin 2017

Envie d'une belle tranche de vie grisâtre de nos amis britanniques ? Ces "tapas anglais" devraient faire l'affaire. Le duo de Nottingham (ville à qui l'on doit Robin des Bois ou Jake Bugg, deux profils de gendre idéal somme toute), est particulièrement prolixe avec près de 10 albums en une dizaine d'années, sur un mode opératoire bien rôdé. Au menu, un tempo minimaliste aux relents punk (basse/batterie) et des textes incisifs déclamés par l'accent cockney à couper au couteau de Jason Williamson, quelque part entre l'arrogance de John Lydon et la nonchalance débonnaire et rigolarde de Baxter Dury. Le hip-hop anglais n'avait pas du nous livrer un combo aussi immersif depuis The Streets. A écouter de préférence au pub, devant un match de Premier League.

La musique de l'Antiquité

note: 5Le chant des ruines G. Abitbol - 2 juin 2017

A quoi pouvait bien ressembler la musique, avant l'invention de l'enregistrement sonore ? Une production discographique (de plus en plus pointue), allant de la période médiévale au début du XXe siècle a déjà répondu à cette question importante pour bien des mélomanes ; on ne peut en dire autant sur la musique antique. Ce disque, qui est le fruit d'une collaboration scientifique et musicale de longue haleine (adaptation des textes et fragments à disposition, travail de reconstitution des instruments par des facteurs passionnés) permet de s'imprégner d'un univers sonore à jamais disparu. Depuis la musique de la Grèce antique (500 ans av. J-C) jusqu'aux sublimes interprétations de musique sacrée byzantine et melchite de Sœur Marie Keyrouz, voici un voyage au berceau des civilisations : au coeur d'une musique originelle et séminale.

Garoche ! (Arbadétorne)

note: 4Dealer de mogettes G. Abitbol - 2 juin 2017

Moins connu que son voisin breton, le patrimoine musical et folklorique vendéen est lui aussi d'une grande richesse. Présenté ici au travers de rondes, branles et autres valses, d'influences celtiques mais aussi profondément Saintongaises (les Charentes actuelles), ce sont l'accordéon, le violon, les vents, la guitare et les chants qui en restituent tout son relief. Arbadétorne, le groupe traditionnel vendéen le plus renommé, vous donnera des envies de balade dans l'Ouest, du Bocage à Noirmoutier, à la (re)découverte de cette région merveilleuse.

OST (Rémi Lopez)

note: 4End credits G. Abitbol - 31 mai 2017

Les jeux vidéo sont toujours considérés par une écrasante majorité comme une pratique au mieux régressive (et de facto, enfantine), au pire débilitante (pour rappel, 7% des français considèrent ce domaine comme "culturel" selon une enquête ministérielle de 2016, se positionnant derrière "surfer sur internet" (15%) ou "aller à la pêche" (13%)...). Alors la musique de jeux vidéo, qu'en dire, qu'en faire ? Et pourtant. Cette musique est une véritable madeleine de Proust générationnelle. Certains frissonnent encore à la musique de Megaman 2 ou Streets of Rage (évoqués dans le livre). D'autres se revoient combattre la Shinra de Final Fantasy 7 en quelques notes de piano de Nobuo Uematsu... Aussi ancrés dans les mémoires que peuvent l'être des jingles publicitaires, ces musiques sont capables de faire renaitre immédiatement une époque, des sensations, alors même que les compositeurs se sont confrontés aux limites techniques des consoles et de leur palette restreinte de sons. C'est là que réside tout le génie de ces musiciens, excellant dans l'écriture mélodique, utilisant toute leur créativité pour écrire des thèmes emblématiques. Aujourd'hui, certains de ces compositeurs remplissent les salles de concerts, parfois accompagnés par des orchestres symphoniques. Des auteurs reconnus s'essayent de leur côté à l'écriture pour ce support (de Hans Zimmer à Amon Tobin). Preuve de la vivacité d'un univers à la richesse insoupçonnée.

Laudes (Denis Raisin Dadre)

note: 5De l'Orient à l'Occident G. Abitbol - 31 mai 2017

Après avoir exploré la musique religieuse chrétienne de la Renaissance, l'ensemble Doulce Mémoire, dirigé par Denis Raisin Dadre, poursuit ses recherches en s'intéressant sur ce disque aux liens unissant les confréries musulmanes et chrétiennes. Ils s'accompagnent pour l'occasion de Taghi Akhbari et Nader Aghakhani, respectivement au chant persan et au târ (petit luth perse). En résulte ce disque délicat, où l'on célèbre les "laudes" (louanges). Des chants dévots certes de traditions différentes, mais d’une finesse exquise.

Musique pas bête (Nicolas Lafitte)

note: 4 G. Abitbol - 31 mai 2017

Compilant 44 questions "pas si bêtes" posées par de jeunes auditeurs lors de l'émission de France Musique "Klassiko dingo", cet ouvrage richement illustré a le mérite de répondre de manière légère à des interrogations cruciales comme "Pourquoi les chanteurs lyriques chantent bizarrement", "Pourquoi fait-on de la flûte à bec à l'école" ou encore "Peut-on jouer de la musique de chambre dans sa salle de bains". Et mine de rien, la somme d'anecdote compilée par le très pédagogue Nicolas Lafitte a le mérite de nous apprendre bien des choses sans même que l'on s'en rende compte. Bravissimo !

Jan (Claudine Desmarteau)

note: 4Jan Smart - 24 mai 2017

Claudine Desmarteau bouscule la langue et la syntaxe. Elle oscille entre tendresse et violence.
Son héroïne, Jan est une gamine rageuse, révoltée et attachante. Au bout du compte, Jan parvient jusqu'à la mer, comme dans "Les 400 Coups" qu'elle a vu en cours de français et dont elle se repasse en boucle les images. Truffaut s'en est bien sorti. Pourquoi pas elle ?
« Jan » est une lecture incroyable au rythme effréné. C’est un roman aussi coriace et libre que son héroïne.

La fille du train (Paula Hawkins)

note: 4Desperate housewives FB - 20 mai 2017

note: 4Desperate housewives FB - 30 avril 2016Supprimer

Voilà un premier roman qui aiguise l'appétit des mots provoquant une farouche envie de percer le mystère de trois jeunes femmes installées en banlieue proche de Londres.
Un thriller palpitant !!

L'enfant des livres (Oliver Jeffers)

note: 4Un instant de poésie FB - 20 mai 2017

Un album éminemment poétique tant par le choix d'une illustration qui tisse les mots entre eux qu'un texte véritable hymne à l'amour de la littérature. Pour les enfants qui lisent déjà et pour les adultes amoureux des lettres.

Arrête avec tes mensonges (Philippe Besson)

note: 3Autobiographie FB - 20 mai 2017

Ce récit autobiographique découvre l'auteur, Philippe Besson, dans l'appréhension de son homosexualité à l'âge adolescent. Une écriture du sentiment toujours sensible et précise, ici, parfois crue pour une ode à être pleinement soi.

Y a pas de héros dans ma famille ! (Jo Witek)

note: 5Histoire de famille Smart - 19 mai 2017

Ce roman est totalement envoûtant. D’abord, l’écriture est d’une extrême justesse. Jo Witek a su trouver les mots pour retranscrire avec un grand réalisme le contexte familial de Maurice.
L’auteur décortique la société avec humour et finesse à travers le regard d'un enfant.
C'est vivant, drôle et rythmé, les dialogues claquent sans langue de bois, les interactions fonctionnent comme une mécanique bien huilée et rien ne sonne faux. Un texte positif et plein d'humanité, à lire sans hèsiter !

Obéir ? Se révolter ? (Valérie Gérard)

note: 4 JFP - 12 mai 2017

Pourquoi obéir ? Qu’est-ce que l’autorité ? Juger par soi-même est-il compatible avec l’obéissance ? A toutes ces interrogations, n’attendez de ce livre aucune réponse toute faite, son objectif n’étant pas de dispenser des règles de conduite mais d’aider à mieux discerner les problèmes, à mieux comprendre les choses. Les pages consacrées à l’obéissance entre adultes sont particulièrement éclairantes : elles distinguent nettement ce qui, dans ce type de relations, relève de la contrainte, de l’autorité, du consentement. On en retiendra deux citations qui donnent vraiment matière à réflexion. Celle d’Emmanuel Kant qui fustige ceux qui, par confort, pour « fuir la réflexion et l’incertitude du doute », choisissent de renoncer à leur propre jugement et de s’en remettre à des maîtres. Et celle de Thomas Jefferson pour qui les révoltes, parce qu’elles rendent visibles les injustices et les abus de pouvoir, sont « un remède nécessaire à la bonne santé du gouvernement ».
Publié par Gallimard-Jeunesse dans la collection « Chouette penser ! », ce livre est recommandé à partir du collège.

Chat sauvage en chute libre (Mudrooroo)

note: 3Retour au bush G. Abitbol - 9 mai 2017

Premier roman de l'auteur, publié en 1965 alors qu'il n'a que 27 ans, et premier roman aborigène officiel, bien que ce titre soit désormais remis en question suite à une sombre affaire liée aux origines exactes de l'auteur. Ce "Chat sauvage en chute libre" est un aller-retour narratif constant, entre le présent et le passé, l'effort et la renonciation. Jeune aborigène dont l'identité reste dissimulée au lecteur, le personnage principal de ce roman désenchanté se cherche une place dans une société australienne alors en proie à une politique d'assimilation dont il subit de plein fouet les dommages collatéraux : à un âge où l'on refuse de rentrer dans une case, il lui faut pourtant choisir : s'intégrer (et renier sa culture) ou s'isoler (des autres, heureux et pleins d'avenir ; de la société, quitte à finir en prison). C'est au final l'indifférence générale qui prédomine pour ce jeune homme, incapable de supporter plus longtemps les frasques immatures de ses copains "bodgies" (les blousons noirs locaux) ou les Blancs à la jeunesse dorée et inconsciente. Perdu entre deux univers qu'il rejette, entre deux cultures dont il se sent étranger, seule la fuite semble lui tendre les bras. Celle du retour vers la prison, dont le chapitrage du roman laisse présager qu'elle est inéluctable, le dehors et "l'en-dehors" n'étant qu'une parenthèse vouée à l'échec. Celle du retour au bush et à sa quête existentialiste, pendant aborigène fort au "Godot" de Samuel Beckett.

La maison atlantique (Philippe Besson)

note: 4Cet été là... Natha - 9 mai 2017

Plutôt que de suivre ses copains, un ado accepte de partir dans la maison de vacances familiale avec son père, dans l’espoir de renouer des liens. Ce père, avec lequel les rapports ont toujours été un peu distants, est un séducteur de nature…
Un jeune couple, installé dans la maison voisine, viendra faire les présentations.
Un roman aux chapitres courts qui se lit avec une grande facilité. On est tenu en haleine jusqu’au bout.

Recettes à petit prix (Marie-Laure Tombini)

note: 4Simple et facile Natha - 9 mai 2017

En plus de contenir des recettes peu coûteuses, elles sont aussi très simples à réaliser ! Ce qui en fait un livre vraiment très accessible, dans tous les sens du terme...

Moi, Daniel Blake (Ken Loach)

note: 4Ken Park G. Abitbol - 5 mai 2017

Les films de Ken Loach ne sont pas réputés pour être des feel-good movies, le fort engagement social du réalisateur prenant systématiquement le pas sur un humour pourtant bien présent dans chacune de ses créations. Cette cuvée 2016, qui vaut au britannique sa 2e Palme d'or (après "Le vent se lève" en 2006) ne déroge bien sûr pas à la règle et va peut-être encore plus loin dans la critique d'un système déshumanisé et abscons, laissant sur son passage ceux qui n'arrivent plus à suivre, comme un rouleau compresseur inarrêtable. Personne à sauver dans cet univers où l'entraide devient contreproductive (voir la scène à la bibliothèque, éloquente) et les aléas de la vie des éléments "éliminatoires" d'un jeu que l'on ne peut gagner. Quiconque aura vu le documentaire "Pôle emploi ne quittez pas" y verra une analogie mettant relativement mal à l'aise... Face à ce bloc administratif compact et hostile, reste la solidarité, prétexte pour le réalisateur à de beaux moments entre des acteurs d'une grande justesse. Du Loach sans surprise, mais désormais au sommet de son art.

Gros mensonges (Clothilde Delacroix)

note: 4Album pour les petits Smart - 4 mai 2017

Un petit album vraiment très drôle qui dédramatise le mensonge. La chute est pleine de tendresse et on fait un "ouf" de soulagement à l'aveu final.

La nature exposée (Erri De Luca)

note: 3 JFP - 29 avril 2017

Il y eut donc une époque où les peintures et les sculptures représentant la crucifixion se conformaient à la réalité et montraient Jésus tel qu’il fut vraiment sur la croix, c’est-à-dire tout nu. La position de l’Eglise sur la représentation du corps du Christ n’a pas toujours été la même et ce n’est pas le moindre atout de ce roman que de le révéler aux profanes. Mais davantage que le sujet sculpté, c’est le personnage du sculpteur qui captive. Les émotions qu’il éprouve au contact d’œuvres d'art deviennent les nôtres et l’on se convainc à ses côtés que la notion de sacré n'est pas l'apanage des croyants. Riche de ses lectures, de sa curiosité, de son engagement désintéressé, sa vie semble avoir atteint un parfait point d’équilibre entre, d’un côté, le travail qu’il effectue sur la matière en artisan soucieux de réalisme et, de l’autre, ses interrogations d’athée volontiers à l’écoute de ceux qui ont la foi. On le quitte à regret, avec le sentiment d’avoir eu le privilège de cheminer auprès d’un homme pleinement accompli.

Le monde dans la main (Mikaël Ollivier)

note: 4Roman d'initiation Smart - 19 avril 2017

Ce roman raconte le passage brutal du monde de l'enfance à celui des adultes. Pierre découvre soudain que sa famille est bien moins lisse qu'il n'y parait. Tous les adultes qui l'entourent cachent des secrets, des fêlures inavouées.
« Le monde dans la main » a cela d’exaltant qu’il plonge son lecteur dans un récit intimiste dont il ne sort qu’une fois la dernière page tournée.
L’écriture de Mikaël Ollivier est fluide et savoureuse.
Un grand roman d’apprentissage à mettre dans les mains de tous les ados et adultes.

La grande môme (Jérôme Leroy)

note: 3Roman ado et + Smart - 19 avril 2017

Librement inspirée de l'histoire d'Hélène Castel, ex d'Action directe, La Grande Môme s'intéresse aux affres d'une jeune fille embarquée dans une aventure trop grande pour elle. Ballottée toute son enfance d'une ville à l'autre, sous un faux nom, Emilie découvre dans des conditions dramatiques sa véritable identité et le visage d'une mère aussi proche que brusquement étrangère. Avec un beau talent d'équilibriste, Jérôme Leroy réussit un roman aussi violent que tendre. Profondément humain.

L'année de Clarisse
Une poésie pour demain (Hubert Ben Kemoun)

note: 4Roman 1ère lecture Smart - 19 avril 2017

Après « L'année de Jules », Hubert Ben Kemoun continue son exploration de la vie scolaire avec Clarisse, l'amoureuse de Jules.

Il garde les mêmes ingrédients et propose des histoires très accessibles.
Des romans qui plairont aux enfants dès 7 ans.

Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle (Hervé Giraud)

note: 4Roman à ne pas manquer Smart - 18 avril 2017

Le livre n’est pas épais, les phrases sont courtes souvent orales, et pourtant la valeur émotionnelle de ce roman tragique est énorme. Le traitement que fait Hervé Giraud de la maladie est fin, poétique et symbolique. La force de cet auteur est son ton drôle et décalé. A lire absolument !

Rencontrer Looloo (Chocolat)

note: 4L'infâme Chocolat G. Abitbol - 14 avril 2017

Gare aux fausses pistes ! A croire en effet que les québécois prennent un malin plaisir à vouloir emmener l'auditeur là où il ne l'attend pas, pour mieux le surprendre et l'étonner. A commencer par la pochette, qui si on la regarde à la dérobée tire plus sur le cartoon façon Beavis and Butthead que vers l'épopée cosmique à la Gérard Manset - dont nous ne sommes pourtant pas loin. Musicalement, il y a bien quelques morceaux de bravoure, à l'instar des titres hard psyché "Looloo" et "Retrouver Looloo" (Looloo ?? Oui, c'est moi. Mais, c'est qui ce "Looloo" ? Et bien, selon les musiciens, c'est "ce demi-dieu issu des poussières galactiques, cet exalté vibrant au rythme d’une épiphanie sertie de bouteilles de Cherry Coke et de pretzels. Sa tête de guitare électrique chante l’avènement d’un nouveau Golden Age strident de distorsion, d’une fuite inéluctable vers les confins de l’univers pour renouer avec ceux qui nous donnèrent l’intelligence et le hard rock". Hum.) On retiendra surtout les accents jazz et prog rock 70's des morceaux ouvrant ce 3e album : "On est meilleurs que R.E.M" (héhé), et "Ah ouin". Une grosse demi-heure d'un Chocolat show diablement rafraichissant.

Le matin du pélican (Eskelina)

note: 4skol ofenstrü G. Abitbol - 11 avril 2017

Il y a de fortes chances que vous vous demandiez à l'écoute de cet album, d'où peut bien venir cette pointe d'accent que l'on entend chez Eskelina. Du sud-ouest, façon Olivia Ruiz? Quoique ces intonations ont un côté québécois, comme chez Ariane Moffatt... Ne cherchez plus : il fallait reconnaitre la Suède, d'où la chanteuse s'est expatriée il y a dix ans. Des aventures relatées dans le texte "La valise rose", écrit par Florent Vintrigner (La Rue Kétanou) et composé par Christophe Bastien (Debout sur le zinc), qui signent par ailleurs toutes les chansons de ce premier album. En résulte un style de chanson léger, délicat mais pas nunuche ("Femme Fleury" ou le taquin "Les hommes à poil") et un bien joli brin de voix, récompensé par les prix du jury et du public Moustaki 2016. Prouvant que les suédois ne font pas que (partie) des meubles.