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Boite critiques

 

The leftovers, season one (Max Richter)

note: 4Bande son idéale de l'apocalypse BenM - 21 septembre 2018

Une série aussi rare que The Leftovers se devait d'avoir une bande originale à sa hauteur. Cet ouvrage rassemble avant tout les principaux titres composés par le génie de Max Richter pour la série, mais aussi différents morceaux se trouvant dans d'autres de ses œuvres. Je conseille bien sûr d'avoir vu avant la série (DDO vous en dira plus sur la fiche de la saison 1 en DVD) afin de ressentir cette vague d'émotions comme il se doit. Attention cependant, elle risque bien de vous marquer profondément.

La combe aux loups (Lauren Wolk)

note: 4Roman ado et adulte Smart - 19 septembre 2018

L’auteur aborde, dans ce roman, des sujets douloureux : les blessures de guerre, le mensonge, le harcèlement, les apparences trompeuses, l'entrée dans le monde adulte. L’histoire ne se laisse pas appréhender facilement mais si on persévère elle devient captivante.

Lollipop n° 1 (Rikako Iketani)

note: 4Shojo romantique Natha - 18 septembre 2018

Manga shojo très sympathique. On suit les aventures sentimentales de la jeune Madoka, une pétillante lycéenne vivant à Tokyo. Ses parents, heureux gagnants à la loterie, décident de reprendre des études de médecine. Afin qu’ils puissent se concentrer sur leur nouveau défi, Madoka est confiée à la famille Asagi. Cependant Madame Asagi est une femme étrange, et son fils Tomoyo ne voit pas l’arrivée d’une étrangère d’un bon œil. Madoka va devoir s’adapter seule à sa nouvelle vie.
Hormis les thèmes de l’amour et de l’amitié, omniprésents dans ce type de manga, d’autres sujets abordés dans cette série lui donnent un peu plus de consistance : le commencement de la vie d’adulte sans la présence des parents, les mères nocives, les réactions de l’entourage suite au gain d’une grosse somme d’argent, la vieillesse etc. Au final, on passe un bon moment.
Il est regrettable que la reliure de certains tomes soit trop courte et coupe une partie du texte. Aussi les couvertures aux illustrations naïves laissent penser que le manga s’adresse aux 10-12 ans alors qu’il correspond davantage à un public à partir de 14 et + (dans les 3 derniers volumes, Madoka entre à l’université).

Ce qu'est l'homme (David Szalay)

note: 4 JFP - 12 septembre 2018

Je suis irresponsable, obnubilé par le sexe et étranger à tout questionnement moral dès lors qu’il s’agit de faire de l’argent. Qui suis-je ?... Je suis l’homme occidental du XXIe siècle vu par le romancier britannique David Szalay dans un recueil de neuf nouvelles acides, cruelles, caustiques. Excessives ? Non ! Car qu’ils soient promoteur saccageant l’environnement, journaliste spécialisé dans la presse à scandale, trafiquant raté ou homme d’affaires sur le déclin, les neuf hommes de Szalay sont tous très crédibles. Bien que dominés par le cynisme, il leur arrive parfois, même fugitivement, de se poser pour se poser des questions, de cesser de se bercer d’illusions, de se débarrasser de leurs certitudes. Là, enfin, ils gagnent un peu en profondeur, beaucoup en humanité. Le tableau est noir donc mais tout ne serait pas perdu…

Tout petit (Marie Sellier)

note: 4Album pour les tout-petits Smart - 11 septembre 2018

Cet album explique simplement à un enfant sa place sur terre. Les illustrations d’Ilya Green délicates et colorées font ressortir toute la poésie du texte. Une lecture comme suspendue dans le temps, qui saura séduire petits et grands.

La nuit transfigurée (Arnold Schoenberg)

note: 4Douce nuit G. Abitbol - 11 septembre 2018

Œuvre de jeunesse composée en 1899, soit bien avant la rigueur et l’âpreté mathématique de la période dodécaphonique, Arnold Schönberg livre avec cette « Nuit transfigurée » une magnifique œuvre pour cordes, s’inscrivant complètement dans la lignée des compositeurs romantiques, Tchaïkovsky et Richard Strauss en tête. Composée d’un seul mouvement, « Grave », elle dépeint la balade d’un jeune couple dont la femme confesse attendre un enfant d’un autre homme. Une histoire tragique soutenue comme il se doit par une écriture orchestrale bouleversante, parfaitement équilibrée entre les codes de la musique du 19e siècle et déjà, l’audace d’un post-romantisme balbutiant. De quoi se réconcilier avec le compositeur, pour ceux qui comme moi, furent traumatisés par « Pierrot lunaire » !

Nous trois ou rien (Kheiron)

note: 5Un hommage magnifique BenM - 10 septembre 2018

Nous trois ou rien c'est l'histoire folle des parents de Manouchehr Tabib, plus connu sous le nom de Kheiron (ceux qui ont vu Bref. ne pourront l'oublier). Ici, l'humoriste rend hommage à ses parents en racontant leur histoire mais également l'Histoire de l'Iran et nous livre un film fort, qui ne tombe jamais dans le mélo, où le rire est présent même lors des moments les plus dramatiques. Le film a également le mérite d'avoir un casting vraiment réussi et bourré d'invités (qu'on vous laisse découvrir avec surprise) et offre un message vraiment progressiste et positif. En bref, un feel good movie vraiment réussi!

Tu t'appelais Maria Schneider (Vanessa Schneider)

note: 4tu t'appelais Maria Schneider GLF - 7 septembre 2018

C'est la vie tumultueuse de l'actrice Maria Schneider que nous raconte la journaliste Vanessa Schneider sa jeune cousine. C'est avec beaucoup de tendresse,de respect et de bienveillance que l'auteure retrace la vie de l'actrice, sa famille mal aimante, la famille de "fous" qu'elles ont en commun, ses errements, les boîtes de nuit, la drogue.... et puis ce film, Le dernier tango à Paris, dont le tournage et la réputation sulfureuse pèseront comme un fardeau sur les fragiles épaules de la jeune actrice. On rencontre forcément dans ce récit, fort bien écrit, des grands noms du cinéma, des stars et pas des moindres, mais ce livre n'a rien de "people", ce n'est pas le propos ici. Il évoque et dénonce au contraire la misogynie de ces années 70 et du milieu du cinéma....Déjà ! Et l'histoire édifiante de Maria Schneider y est magnifiquement relatée..

Avec toutes mes sympathies

note: 4Avec toutes mes sympathies GLF - 7 septembre 2018

Récit d'un drame familial : le frère de l'auteure, journaliste à ELLE et critique littéraire, souffre d'un mal-être profond... Il se suicide à Montréal où il vit. Tentatives de suicide, internements, soins psychiatriques ont précédé la mort de ce frère adoré, brillant, aimé par tous... L'histoire familiale, l'enfance heureuse et privilégiée, puis les épisodes plus inquiétants des premiers signes de la dépression du frère sont relatés dans ce livre, avec justesse et sans pathos. Des traits d'humour surgissent, et révèlent le regard lucide et la force vitale de la journaliste qui se donne pour mission de faire "vivre" ce frère à travers ce livre du deuil. C'est magnifique et bouleversant !

Le livre des j'aime pas (Soledad Bravi)

note: 4Histoire pour tout-petits SMA - 7 septembre 2018

Ce livre est drôle et tellement réaliste. Du vécu !
"J'aime pas avoir du sable entre les orteils." "J'aime pas avoir les doigts tout fripés après mon bain."
Des moments de la vie quotidienne qui parlent aux grands et aux petits !

Jusqu'à la garde (Xavier Legrand)

note: 5Drame familial Natha - 4 septembre 2018

Dans ce film, les acteurs Léa Drucker, Denis Ménochet et surtout le jeune Thomas Gioria (leur garçon) nous offrent une interprétation bluffante. Tout commence dans le bureau d’un juge aux affaires familiales. Les parents de Julien se disputent sa garde. Chacun avance ses arguments, avocats respectifs en appui. La suite ne se raconte pas car toute la finesse du film consiste, dans un premier temps seulement, à nous « balader », à nous faire construire notre propre jugement en fonction des éléments dont nous disposons, jusqu’à ce qu’enfin, le doute ne soit plus permis.
Aucun sensationnalisme dans la réalisation et pourtant j’ai eu à plusieurs reprises le souffle coupé jusqu’au final d’une tension presque insupportable. À ne pas manquer.

Deux secondes en moins (Marie Colot)

note: 5Roman ado et adulte Smart - 28 août 2018

Bien qu’écrit pour la jeunesse, ce livre saura trouver sa place entre toutes les mains. On suit le deuil de Rhéa, le pardon d'Igor et le travail de Fred sur leurs émotions. Tout au long du récit, il y a la musique, lien fragile qui les unit, et leur permet d'avancer ensemble.
Le lecteur est témoin de l’évolution de leurs relations et de leurs ressentis. Il n’est pas rare de sentir une petite boule se former au creux de la gorge au fur et à mesure que les pages défilent. Dans cette histoire se mêlent le déni, la douleur, la culpabilité, la colère, la tristesse, jusqu’à la reconstruction à peine évoquée à la fin du roman.

Maman (Hélène Delforge)

note: 4Album dès 4 ans Smart - 24 août 2018

Le sujet a souvent été traité, mais nul doute que vous tomberez sous le charme des illustrations de Quentin Gréban. Les textes d’Hélène Delforge sont tendres et poétiques. Ils sonnent comme des poèmes. Vous allez sourire, vous allez rire, vous allez vous reconnaître. Un album à lire, à feuilleter, à partager. Une véritable déclaration à toutes les mamans du monde !

Merci (Didier Lévy)

note: 4Album dès 7 ans Smart - 24 août 2018

Un album sensible et touchant dans lequel une petite fille remercie son donneur. Elle écrit à celui ou celle qui lui a donné son cœur. Le texte est profond et délicat. Le ton est celui de la confidence. Une lettre pour dire merci, à hauteur d’enfant, utile et d’un tact incroyable.

Flamme (Cheng liang Zhu)

note: 4Album dès 5 ans Smart - 24 août 2018

Flamme, la renarde, vit paisiblement avec ses petits, Petit Roux et Moucheté. Jusqu'au jour où ce dernier se fait enlever par des chasseurs. Commence alors une course folle de la mère prête à tout pour sauver son petit. L'auteur, tel un cinéaste joue avec les plongées, les travelings et les gros plans. On tourne les pages de plus en plus rapidement, on retient son souffle pendant une bonne partie de la lecture en espérant une issue positive. « Flamme » est un album fort, qui ne laissera pas les petits lecteurs indifférents.

La peau de mon tambour (Marie Sellier)

note: 4Roman ado/adulte Smart - 18 août 2018

Malmenée par sa mère, la jeune Zoé est blessée dans sa chair et son âme. Comment se construire quand on est constamment dévalorisée ? Zoé voit son univers se transformer autour d’elle.
L'auteure nous livre une histoire bouleversante avec un style unique qui met en lumière l'intériorité de l'héroïne.
Un roman âpre et lumineux sur les bouleversements de l’adolescence.

Ma mère, la honte (Hubert Ben Kemoun)

note: 4Roman ado/adulte Smart - 18 août 2018

Hubert Ben Kemoun s’est inspiré d’un fait divers réel pour écrire son roman. Il décrit une descente aux enfers orchestrée par une société prompte au jugement.
Un roman passionnant et intense, non dénué d'humour, qui révèle avec clairvoyance la spirale de la honte, le regard impitoyable de certains.
Une lecture pour adolescents et adultes intelligente drôle et sensible

Le soleil est pour toi (Jandy Nelson)

note: 5A découvrir de toute urgence Smart - 18 août 2018

Evoquant des thèmes forts comme l'amour, l'homosexualité, la séparation, le deuil, Jandy Nelson parvient à nous captiver. « Le soleil est pour toi » est un roman lumineux, bouleversant, où s'entremêlent, comme dans la vie, la tristesse et la joie. Une belle lecture sur l’adolescence et le poids des secrets.

Le prince des ténèbres n° 6 (Kôtarô Isaka)

note: 5Un tome qui rend ce manga culte BenM - 14 août 2018

Avec ce tome le duo Osuga/Isaka fait entrer Le Prince des ténèbres dans le top des mangas à lire une fois dans sa vie.Outre l'analyse du contrôle de masse, on assiste à la fin du premier acte qui est juste incroyable, inattendue. Après ce tome, la série devient réellement adulte et baigne dans la folie. Une oeuvre définitivement folle, et (malheureusement) des plus rares.

Un léger bruit dans le moteur (Jonathan Munoz)

note: 5WOW BenM - 9 août 2018

Un léger bruit dans le moteur est une BD à part. Avec des illustrations aussi sombres que son récit, elle plonge le lecteur dans une histoire des plus malsaines : celle d'un enfant psychopathe décimant peu à peu son village. Avec cet élément fort et rare, les auteurs nous dépeignent une histoire digne des meilleurs films d'horreurs tant les images et son récit sont choquantes. Avec en prime, une critique subtile de la société, de la maltraitance et du passage à l'âge adulte, Un léger bruit dans le moteur offre une analyse psychologique inédite.

Le syndrome de la chouquette (Nicolas Santolaria)

note: 4 JFP - 3 août 2018

L’excès d’anglicismes au boulot vous donne de l’urticaire ? Les moofers à l’assaut des cafés, vous en avez votre dose ? Vous cherchez une réponse à une question aussi épineuse que « faut-il se marrer aux blagues du chef » ? Les néo-concepts fumeux censés régir la vie au travail vous agacent mais vous avez pris le parti d’en rire ? Dans tous les cas, ce livre de Nicolas Santolaria est pour vous. Dans un style proche de celui de Frédéric Pommier, drôle, acéré et dupe de rien, il démontre en quoi certaines théories d’organisation du travail sont absurdes (découvrez le forced ranking, p. 192) et dévoile quelle réalité cachent certains néologismes sous couvert d’innovation et de cool attitude (voir jobbing, p.58). Il n’épargne pas non plus l’employé de bureau, ses petits rituels, sa mauvaise foi, son côté flemmard, son goût pour le ragot.
Initialement publiées dans « Le Monde », ces chroniques peuvent se lire dans un ordre totalement aléatoire. Ne ratez pas celle sur la conversion -fictive- d’un propriétaire de chambres d’hôtes en Provence trouvant enfin son épanouissement comme contrôleur de gestion dans une multinationale. Ni le récit véridique d’un candidat à un poste de barman rédigeant une lettre de motivation très, très éloignée des conventions.

Le tour de Belgique (Monsieur Iou)

note: 3 G. Abitbol - 2 août 2018

Je ne connaissais pas les éditions "Rue de l'échiquier". C'est donc armé d'une certaine curiosité que je me suis lancé dans la lecture de cette BD, en ayant au préalable jeté un œil au catalogue de ladite maison : vivre ensemble, écologie, comportements responsables ou développement durable, la liste est aussi éclectique que pointue, aussi engagée que sérieuse !
Cette première BD s'inscrit donc dans la continuité de documents portant des valeurs comme le déplacement doux ou tout simplement l'envie de consommer plus intelligemment.
Et je peux dire que les premières pages m'ont vite désarmées... Présentant le défi d'un jeune bruxellois amateur de vélo et souhaitant partir à la découverte de son beau (et trop peu connu) pays, nous découvrons petit à petit ses excursions, souvent courtes, souvent assez peu pédagogiques. Moi qui pensais en apprendre plus sur Liège, Mons ou Genk, que nenni. Me voilà encore confronté à une BD "journal intime" sans consistance, à une envie un peu maladroite d'un jeune dessinateur de raconter ses dernières aventures, pas toujours bien passionnantes pour le lecteur...
Malgré cela, je décide de poursuivre la lecture, principalement car le dessin est joli et agréable, le parti pris graphique de colorer uniquement avec les 3 nuances du drapeau belge (jaune rouge noir, mais vous le saviez) étant particulièrement bien senti ; et puis les quelques blagues sur l'amour de notre cycliste pour la bière sont un peu rassurantes aussi.
Bien m'en a pris ! C'est que le charme de cette BD ne se livre que progressivement. Exactement comme une balade à vélo, c'est page après page que l'on prend le rythme et que l'on commence à vraiment apprécier l'univers dans lequel on nous entraine. Car si la Belgique (et la France, un tout petit peu) sert de fil conducteur, c'est bien une ode à la petite reine que nous livre l'auteur : du choix du matériel au goût de l'effort, des bonheurs des pauses en pleine nature à celui de re(découvrir) une certaine lenteur, c'est une vraie célébration des bienfaits du vélo : celui d'apprendre à lever le nez du guidon pour regarder autour de soi.

La belle et la meute (Kaouther Ben Hania)

note: 5La Belle et la meute mali - 31 juillet 2018

Magnifique interprétation de l'actrice principale; Film fort

Song for alpha (Daniel Avery)

note: 5Boing boom tschak G. Abitbol - 24 juillet 2018

Cinq ans après un "Drone logic" unanimement salué, le
britannique assoit définitivement son emprise sur l'amateur de techno dure, et plus largement de musique électronique. Car s'il est toujours l'orfèvre d'une techno hypnotique et cérébrale, Daniel Avery compose avec ce 2nd album une musique hors du temps, réussissant la filiation avec les pionniers 90's d'une "musique de danse intelligente" (Plastikman, Aphex Twin) tout en écrivant la bande-son d'un futur froid, industriel et terriblement attractif.
Capable de circonvolutions subtiles et cristallines comme
d'envoyer des beats en mode rouleaux compresseurs ("Diminuendo"), la musique d'Avery touche autant à l’intime et au personnel qu’à ce qui relie les êtres et les rassemble. Une forme de grâce que l'on pourrait rapprocher d'une visite d'un bâtiment désaffecté, beauté froide, étonnante, sombre, et chargée d'histoires. Sans conteste l'un des grands noms de la techno actuelle.

Les mille visages de notre histoire (Jennifer Niven)

note: 3Roman ado/adulte Smart - 17 juillet 2018

"Les mille visages de notre histoire" est un récit touchant et lumineux. Jennifer Niven met en scène deux héros qui vont apprendre à s'aimer et à se libérer du regard des autres.
L’auteure nous offre un roman plein de sensibilité qui prône la tolérance et l'acceptation de soi.

44 jours (David Peace)

note: 3 JFP - 13 juillet 2018

Franc-tireur et grande gueule dont l’arrogance conduira à l’isolement, figure flamboyante courtisée par les médias, individu ingérable pour les dirigeants de clubs mais adoré des supporters, Brian Clough demeure un entraîneur marquant de l’histoire du football anglais. C’est aussi quelqu’un miné par le doute, conscient de la brièveté des carrières sportives et de la brutalité de certains revers de fortune.
C’est à partir de la personnalité tapageuse de Clough et de deux périodes-clés de son parcours, l’une heureuse, l’autre moins, que le romancier britannique David Peace tisse son récit. Un récit sous tension permanente d’où se dégage une poésie inattendue : même aux oreilles du profane en matière de ballon rond, l’énumération de noms de joueurs pourtant inconnus résonne étrangement, hypnotise presque. C’est là le tour de force de « 44 jours » : captiver le lecteur au-delà du cercle des amateurs de foot. Seul prérequis exigé : de l’indulgence pour les tempéraments fougueux, pour les éternels intranquilles.

La prophétie du tatou (Zerocalcare)

note: 5 Ophélie - 11 juillet 2018

C'est avec beaucoup d'humour et de sensibilité que l'auteur revient sur la mort de son amour de jeunesse. Avec une grande subtilité, il passe du présent au passé pour parler du temps qui défile, de la jeunesse qui perd de sa légèreté, de la lourdeur que l'humain prend en grandissant. Comme dans beaucoup de ses B.D, il est accompagné de son tatou, alter-ego imagé qui reflète sa pensée. Il est difficile de mettre des mots sur ce qui m'a plu dans cet album, l'auteur m'a profondément émue autant dans son humour que ses maladresses, ses réflexions et sa difficulté à s'ouvrir au monde.

Zerocalcare est un romain très attaché à son quartier de Rebibbia et à travers chaque album, il lui rend hommage. Je ne peux que très vivement vous conseiller la lecture de "Kobané calling" où il retrace son parcours d'aide humanitaire à Kobané en Syrie ainsi que "Oublie mon nom" où il parle de sa grand-mère qui a eu un destin atypique.

Ces jours qui disparaissent (Timothé Le Boucher)

note: 5Captivant Ophélie - 11 juillet 2018

Roman graphique qui interroge sur la temporalité, la personnalité et les normes sociales. Ne pas en lire le résumé avant de le prendre est un plus, la découverte de Lubin n'en est que plus enrichissante ! Le style est très classique, avec un découpage très carré et épuré au début et cela devient de plus en plus dense au fur et à mesure où le récit se déroule. C'est un album qui hante bien après avoir refermé le livre car, sans en avoir l'air, il questionne le lecteur sur son propre rapport au temps qui passe.

Rêves syncopés (Mathilde Ramadier)

note: 4Electrochoc G. Abitbol - 6 juillet 2018

Plus que l'histoire de Laurent Garnier, plus qu'un parcours d'un musicien de techno, c'est la vie d'un défricheur que propose de raconter cette bande dessinée superbement mise en page et très colorée. Ces vignettes nous placent directement dans la tête du DJ, de ses débuts à Manchester à ses résidences au Rex. La recherche du son, de la vibration, de l'énergie perpétuelle, de l'innocence des fêtes côtoient aussi l'importance de l'héritage artistique à laisser. Pour transmettre sa passion, toujours.

Dou et son doudou (Johan Leynaud)

note: 4Album pour les petits qui ne veulent pas aller au lit ! Smart - 29 juin 2018

Dou cherche son doudou partout. Il met un sacré bazar dans la maison. Tout ça pour ne pas aller au lit. C’est l’album idéal pour dédramatiser l'heure du coucher.

The hate u give (Angie Thomas)

note: 4Roman ado/adulte Smart - 29 juin 2018

Véritable phénomène de société, « The hate u give » caracole au sommet des ventes de la littérature adolescente aux Etats-Unis. Ce roman s’inspire de faits réels. Un récit choc pour dénoncer la violence d'une certaine jeunesse afro-américaine, une héroïne incroyable qui veut faire porter sa voix. Sans complaisance mais avec beaucoup de nuances, la jeune auteure dépeint une société à deux vitesses où le racisme et la haine qui en découle sont à l'origine de délits et dérapages. Un récit militant, une plume engagée pour éveiller les consciences et chercher des solutions éclairées. Il est des textes qui coupent le souffle et qui laissent le lecteur sonné, "The hate U give" est de ceux-là.

La vie parfaite (Silvia Avallone)

note: 3 Ophélie - 27 juin 2018

Roman sur la maternité désirée et inassouvie et sur la maternité non désirée et accomplie. L'auteur s'attache à 2 figures féminines, l'une Dora trentenaire, l'autre Adele 17 ans. La première désire un enfant plus que tout et est passée par toutes les étapes médicales de FIV, l'autre est tombée enceinte par accident. Autour d'elles gravitent des hommes et des femmes qui éclairent l'histoire de chacune.
Au-delà des clichés sur Adele, jeune issue d'un milieu pauvre, père en prison, père de son enfant dealer, pas très futée, en rupture à l'école, on s'attache à cette ado en recherche d'elle-même et complètement prise au dépourvue par cette grossesse. On ressent bien l'amour, le lien fulgurant qui la lie à cet enfant qui va naître mais qui ne veut pas lui faire vivre ce qu'elle a vécu et ce qu'elle vit.
Par ailleurs, Sylvia Avallone décrit très bien les sentiments de Dora qui passe de la frustration, à l'impuissance, la colère face aux gens qui ont la chance (pour elle) d'être parents. Elle est tout le contraire d'Adele et même si je comprends sa colère, je ne la trouve pas moins horripilante dans ses réactions excessives face aux futures mères.
Il manque à mon sens une 3ème figure féminine pourtant présente dans le livre mais dont le personnage n'est qu'évoqué : les femmes qui ne désirent pas être mère.
Sinon, le style et la traduction sont très fluides, c'est une lecture prenante de bout en bout !

3 billboards (Martin McDonagh)

note: 5 3 billboards mali - 27 juin 2018

Film magnifiquement interprété ! Sur le combat d'une mère qui recherche l’assassin de sa fille. A voir

Aller-retour (Delphine Chedru)

note: 4Album tout-petit Smart - 20 juin 2018

Avec Delphine Chedru, les touts–petits voyagent dans un graphisme épuré, géométrique et poétique. Elle conte les allers-retours, comme une ritournelle.
Cet album fonctionne comme un poème. Il est d’une douceur et d’une tendresse plutôt rares.

Bärlin (Bärlin)

note: 4Rock Lillois G. Abitbol - 19 juin 2018

C'est une chance d'avoir, dans cette équipe de bibliothécaires, des Lillois pur jus, à même de vous conseiller des pépites locales lorsqu'on ne les connait pas encore. Il aurait été effectivement bien dommage de ne découvrir ce trio de musiciens épatants, qui avec cet "Emerald sky", livre un second opus insaisissable mais ô combien accrocheur, s'inscrivant parfaitement dans la lignée de leurs références (revendiquées) : 16 Horsepower / Wovenhand, Morphine ou encore Nick Cave époque Birthday Party. Compositions plaintives et laconiques empruntant à la torpeur du post-punk comme à l'atmosphère envoûtante du dark jazz (on pense aussi aux excellents Dale Cooper & the Dictaphones) dès que la clarinette fait son apparition... Ce disque aussi cérébral que viscéral vous happe sans vous prévenir et vous emmène bien loin de vos pénates, vous laissant perdu et légèrement groggy une fois les dernières notes ayant retenti.

Soumission (Michel Houellebecq)

note: 2Ambigu Mat K - 18 juin 2018

Un livre polémique, que je vais tenter de commenter :
Ce livre raconte l'avènement, sans révolution, d'un "islamisme soft" en France. "Soft" dans le sens où peu de choses changent finalement pour les hommes qui acceptent de se convertir à cet islam politique. Beaucoup moins "soft" en revanche pour les femmes qui se retrouvent soumises dans ce régime éminemment patriarcal.
L'absence de révolte féminine dans le récit ne me semble d'ailleurs pas crédible.
Autre réserve : l'islam "tout court" est tout bonnement occulté au profit des seuls islam politique et djihadiste.
Le propos d'Houellebecq n'est pas politiquement correct, probablement provocateur. L'auteur s'autorise une liberté de ton que je respecte profondément.
Toutefois, fait-il ici l'apologie de cet islamisme? L'auteur ne lève pas l'ambiguïté, pas plus dans ses interviewes que dans le livre, ce que je trouve dérangeant.
Mais au fond, l'essentiel n'est peut-être pas là : si l'avènement d'un régime religieux est possible, c'est, selon l'auteur, du fait de la mort de l'occident. En cela, le livre est peut-être à prendre comme un aiguillon pour nos sociétés vieillissantes.

Les combattants (Thomas Cailley)

note: 4A voir! Mat K - 18 juin 2018

Un scenario simple, original, efficace.
Le duo d'acteurs est très bon. Adèle Hanael a une présence incroyable dans ce film.

Happiness Therapy (David O. Russell)

note: 3Un bon Mat K - 18 juin 2018

J'ai passé un très bon moment devant ce film. Par rapport au livre (The silver linings playbook), je trouve que le personnage de Tiffany est plus présent et plus intéressant.
Les acteurs sont très bons.
Contrairement à la série Hunger Games où elle conserve une posture un peu figée, Jennifer Lawrence déploie ici de réels talents d'actrice.

Voici des ailes (Maurice Leblanc)

note: 3 JFP - 9 juin 2018

On savait le père d’Arsène Lupin, Maurice Leblanc, expert en énigmes bien troussées. Dans ce roman-ci, court et un poil polisson, on le découvre chantre de l’hédonisme. D’accord, ses personnages versent dans l’excès, fétichistes, trop candides ou délurés. D’accord, Leblanc prête au vélo un pouvoir de désinhibition sans doute exagéré. Mais il exprime à merveille à quel point la pratique de la bicyclette, vue comme une prolongation du corps, peut être grisante. La liberté de mouvement, les sensations que donne le contact direct avec les éléments, le rapport intensifié à son environnement, tout cela, valable en 1898, l’est resté, 120 ans après.

Perfect blue (Satoshi Kon)

note: 5Les frissons d'un génie de l'anime. BenM - 3 juin 2018

Ne vous fiez pas au visuel et à l'animation, Perfect Blue est un thriller qui n'a rien à envier aux plus grand. Alors qu'elle décide de mettre fin à sa carrière d'idole (chanteuse pop très populaire au Japon) pour se reconvertir dans un rôle assez sulfureux, la vie de Mima bascule alors dans l'horreur quand un psychopathe s'en prend à son entourage . Bien que sortie dans les années 90, le film n'a en rien perdu de sa superbe grâce au travail de génie du maître Satoshi Kon; Si vous ne connaissez pas encore ce chef d'oeuvre ainsi que son auteur, foncez!

All this I do for glory (Colin Stetson)

note: 4Beau saxo G. Abitbol - 2 juin 2018

Habitué à accompagner en tournée des groupes de renommée mondiale comme Arcade Fire ou Bon Iver, Colin Stetson est un saxophoniste inventif, qui exprime pleinement son potentiel sur ses disques solos. Utilisant une technique proche du drone, cette musique répétitive centrée sur un bourdon (c’est-à-dire un son répété ad nauseam avec de très légères variations), il explore son instrument dans toutes ses possibilités et réussit à produire une musique au croisement du free jazz, de
l’electronica, de la musique contemporaine et du post-rock. Une frontière musicale qui devrait plaire autant aux adeptes du label canadien Constellation (Godspeed you ! Black Emperor, Thee Silver Mt Zion…) qu’aux amateurs de Max Richter ou Jean-Philippe Goude.

Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir... (Hubert-Félix Thiéfaine)

note: 5Twiste et chante, moi je flippe G. Abitbol - 1 juin 2018

Accompagné du groupe franc-comtois Machin, qui donne une teinte musicale folk typique de l'époque, Thiéfaine livre un premier opus inénarrable. Sorte d'hommage burlesque aux groupes progressifs (Ange?) et à la Chrysler rose de Dashiell Hedayat... à l'image de l'épopée du "22 mai" ou du superbe "Chant du fou" (préambule à Alligators 427?). A côté de cela, toutes les ballades phares du compositeur. Un classique
indémodable.

Shining (Stanley Kubrick)

note: 5Mieux que le livre! Mat K - 28 mai 2018

J'ai beaucoup aimé ce film : Jack Nicholson extraordinaire, le rythme lent et insidieux, les décors somptueux...
Le film peut être interprété comme le livre : c'est l'hôtel qui est maléfique. Mais, par rapport au livre, une autre lecture est possible : Jack Torrance sombrant dans la folie.
Au final, je trouve que Stanley Kubrick a su tirer l'essence même du livre de Stephen King (tiens, ils partagent les mêmes initiales : bizarre, vous avez dit bizarre ;) ) pour le magnifier.
Un grand moment de cinéma!

Shining (Stephen King)

note: 3Un très bon livre d'épouvante Mat K - 28 mai 2018

Le livre est très bon, j'ai encore préféré le film de Stanley Kubrick.

L'archipel du chien (Philippe Claudel)

note: 5 JFP - 26 mai 2018

On devrait encore parler de ce livre dans vingt ans, tant il dit de choses justes sur notre temps. Dans l’archipel du chien, les problèmes, on les enfouit au lieu de s'y confronter. Dans l’archipel du chien, on se conforme aux décisions de celui qui détient le pouvoir. Dans l’archipel du chien, on n’a pas peur de sauter à pieds joints dans l’abjection, en toute conscience et en se trouvant toujours des justifications. On dirait bien que le tableau que dépeint le nouveau Philippe Claudel, c’est celui de notre époque. Epoque qui, avec d’autres plus sinistres encore, partage un trait commun : au cynisme d’individus sans foi ni loi s’opposent toujours quelques idéalistes, pendant qu’une majorité indifférente garde le silence. La visée de cette fable dérangeante est donc claire : amener les moins anesthésiés à se poser, encore et toujours, la seule question qui vaille : dans le chaos ambiant, je fais quoi, moi, maintenant ?

Pax et le petit soldat (Sara Pennypacker)

note: 5Roman pour les 10 ans et plus Smart - 26 mai 2018

«Pax et le petit soldat » est un roman fort et percutant. Une fable humaniste autour de l'histoire d'amitié entre un enfant de 12 ans et son renard victimes de la folie des hommes. Les planches en noir et blanc intensifient la tension dramatique.
Sara Pennypacker a longuement étudié le comportement des renards avant de se lancer dans l’écriture de son roman, et elle décrit de manière riche et détaillée leur manière de réagir, mais aussi de communiquer entre eux.
L’auteure se révèle également être une conteuse hors pair, le lecteur s’identifiera facilement à Peter, autant qu’à Pax.
Un roman prenant et bouleversant !

Ex Libris (Frederick Wiseman)

note: 5Aux bibliothèques, citoyens ! Natha - 22 mai 2018

Ce documentaire est une plongée passionnante dans les entrailles d’une bibliothèque mythique : la New-York Public Library.
Conférences, concerts, ateliers, réunions budgétaires etc. énumérer la liste des activités que vous allez découvrir n’a pas de sens, tant elle est fournie ! Volontairement, je ne cite que les actions « classiques », cependant, la bibliothèque va beaucoup plus loin dans ses propositions.
Accrochez-vous, le film dure 3h17 mais le découpage des séquences vous permettra en quelques minutes d’appréhender le thème abordé.
Pour passer d’un sujet à l’autre, votre esprit se reposera devant des plans d’imposantes façades de bâtiments new-yorkais ou de bibliothèques annexes (92 au total !).
Cosmopolite, citoyenne et engagée, la New-York Public Library force le respect.

Tristan (Clarence Boulay)

note: 3 JFP - 18 mai 2018

Tristan : île de l’Atlantique-Sud, l’un des territoires les plus isolés au monde, occupé aujourd’hui par un peu moins de 300 habitants. Au cours des six jours de la traversée qui l’y conduit, Ida, jeune dessinatrice française, largue peu à peu les amarres, se détournant d’une vie avec laquelle elle était pourtant en phase. Entre marée noire et autochtones demeurant d’irréductibles insulaires, son séjour à Tristan est loin d’être idyllique. Peu importe : l’isolement, la violence des éléments et le caractère volcanique de l’île concourent à tout rendre plus intense.
Une parenthèse, un nouveau départ, un dérèglement, on ne sait pas ce qu’Ida est venue chercher à Tristan. Mais parce qu’elle est prête à se défaire de tous ses repères, parce qu’elle se montre disponible à tout ce qui advient, elle ne pourra pas en repartir inchangée.

Sociologie de Lille (Collectif Degeyter)

note: 3Très intéressant Mat K - 5 mai 2018

Voilà un livre qui a un parti pris... voire un esprit partisan.
Pour autant, cela ne disqualifie pas le propos qui est très éclairant.

Sirius (Stéphane Servant)

note: 5Roman post-apocalyptique Smart - 2 mai 2018

Sirius est un récit post-apocalyptique, Stéphane Servant, crée tout un monde avec brio. Ce roman critique la société en en racontant sa perte. Il amène ses lecteurs à porter sur le monde qui les entoure un regard différent. Et ce, sans jamais oublier l’espoir.
Captivant, pertinent, émouvant, une vraie réussite littéraire.