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44 jours (David Peace)

note: 3 JFP - 13 juillet 2018

Franc-tireur et grande gueule dont l’arrogance conduira à l’isolement, figure flamboyante courtisée par les médias, [...]

La prophétie du tatou (Zerocalcare)

note: 5 Ophélie - 11 juillet 2018

C'est avec beaucoup d'humour et de sensibilité que l'auteur revient sur la mort de son [...]

Ces jours qui disparaissent (Timothé Le Boucher)

note: 5Captivant Ophélie - 11 juillet 2018

Roman graphique qui interroge sur la temporalité, la personnalité et les normes sociales. Ne pas [...]

Rêves syncopés (Mathilde Ramadier)

note: 4Electrochoc G. Abitbol - 6 juillet 2018

Plus que l'histoire de Laurent Garnier, plus qu'un parcours d'un musicien de techno, c'est la [...]

Derniers avis

 

44 jours (David Peace)

note: 3 JFP - 13 juillet 2018

Franc-tireur et grande gueule dont l’arrogance conduira à l’isolement, figure flamboyante courtisée par les médias, individu ingérable pour les dirigeants de clubs mais adoré des supporters, Brian Clough demeure un entraîneur marquant de l’histoire du football anglais. C’est aussi quelqu’un miné par le doute, conscient de la brièveté des carrières sportives et de la brutalité de certains revers de fortune.
C’est à partir de la personnalité tapageuse de Clough et de deux périodes-clés de son parcours, l’une heureuse, l’autre moins, que le romancier britannique David Peace tisse son récit. Un récit sous tension permanente d’où se dégage une poésie inattendue : même aux oreilles du profane en matière de ballon rond, l’énumération de noms de joueurs pourtant inconnus résonne étrangement, hypnotise presque. C’est là le tour de force de « 44 jours » : captiver le lecteur au-delà du cercle des amateurs de foot. Seul prérequis exigé : de l’indulgence pour les tempéraments fougueux, pour les êtres sans cesse intranquilles.

La prophétie du tatou (Zerocalcare)

note: 5 Ophélie - 11 juillet 2018

C'est avec beaucoup d'humour et de sensibilité que l'auteur revient sur la mort de son amour de jeunesse. Avec une grande subtilité, il passe du présent au passé pour parler du temps qui défile, de la jeunesse qui perd de sa légèreté, de la lourdeur que l'humain prend en grandissant. Comme dans beaucoup de ses B.D, il est accompagné de son tatou, alter-ego imagé qui reflète sa pensée. Il est difficile de mettre des mots sur ce qui m'a plu dans cet album, l'auteur m'a profondément émue autant dans son humour que ses maladresses, ses réflexions et sa difficulté à s'ouvrir au monde.

Zerocalcare est un romain très attaché à son quartier de Rebibbia et à travers chaque album, il lui rend hommage. Je ne peux que très vivement vous conseiller la lecture de "Kobané calling" où il retrace son parcours d'aide humanitaire à Kobané en Syrie ainsi que "Oublie mon nom" où il parle de sa grand-mère qui a eu un destin atypique.

Ces jours qui disparaissent (Timothé Le Boucher)

note: 5Captivant Ophélie - 11 juillet 2018

Roman graphique qui interroge sur la temporalité, la personnalité et les normes sociales. Ne pas en lire le résumé avant de le prendre est un plus, la découverte de Lubin n'en est que plus enrichissante ! Le style est très classique, avec un découpage très carré et épuré au début et cela devient de plus en plus dense au fur et à mesure où le récit se déroule. C'est un album qui hante bien après avoir refermé le livre car, sans en avoir l'air, il questionne le lecteur sur son propre rapport au temps qui passe.

Rêves syncopés (Mathilde Ramadier)

note: 4Electrochoc G. Abitbol - 6 juillet 2018

Plus que l'histoire de Laurent Garnier, plus qu'un parcours d'un musicien de techno, c'est la vie d'un défricheur que propose de raconter cette bande dessinée superbement mise en page et très colorée. Ces vignettes nous placent directement dans la tête du DJ, de ses débuts à Manchester à ses résidences au Rex. La recherche du son, de la vibration, de l'énergie perpétuelle, de l'innocence des fêtes côtoient aussi l'importance de l'héritage artistique à laisser. Pour transmettre sa passion, toujours.

Dou et son doudou (Johan Leynaud)

note: 4Album pour les petits qui ne veulent pas aller au lit ! Smart - 29 juin 2018

Dou cherche son doudou partout. Il met un sacré bazar dans la maison. Tout ça pour ne pas aller au lit. C’est l’album idéal pour dédramatiser l'heure du couché.

The hate u give (Angie Thomas)

note: 4Roman ado/adulte Smart - 29 juin 2018

Véritable phénomène de société, « The hate u give » caracole au sommet des ventes de la littérature adolescente aux Etats-Unis. Ce roman s’inspire de faits réels. Un récit choc pour dénoncer la violence d'une certaine jeunesse afro-américaine, une héroïne incroyable qui veut faire porter sa voix. Sans complaisance mais avec beaucoup de nuances, la jeune auteure dépeint une société à deux vitesses où le racisme et la haine qui en découle sont à l'origine de délits et dérapages. Un récit militant, une plume engagée pour éveiller les consciences et chercher des solutions éclairées. Il est des textes qui coupent le souffle et qui laissent le lecteur sonné, "The hate U give" est de ceux-là.

La vie parfaite (Silvia Avallone)

note: 3 Ophélie - 27 juin 2018

Roman sur la maternité désirée et inassouvie et sur la maternité non désirée et accomplie. L'auteur s'attache à 2 figures féminines, l'une Dora trentenaire, l'autre Adele 17 ans. La première désire un enfant plus que tout et est passée par toutes les étapes médicales de FIV, l'autre est tombée enceinte par accident. Autour d'elles gravitent des hommes et des femmes qui éclairent l'histoire de chacune.
Au-delà des clichés sur Adele, jeune issue d'un milieu pauvre, père en prison, père de son enfant dealer, pas très futée, en rupture à l'école, on s'attache à cette ado en recherche d'elle-même et complètement prise au dépourvue par cette grossesse. On ressent bien l'amour, le lien fulgurant qui la lie à cet enfant qui va naître mais qui ne veut pas lui faire vivre ce qu'elle a vécu et ce qu'elle vit.
Par ailleurs, Sylvia Avallone décrit très bien les sentiments de Dora qui passe de la frustration, à l'impuissance, la colère face aux gens qui ont la chance (pour elle) d'être parents. Elle est tout le contraire d'Adele et même si je comprends sa colère, je ne la trouve pas moins horripilante dans ses réactions excessives face aux futures mères.
Il manque à mon sens une 3ème figure féminine pourtant présente dans le livre mais dont le personnage n'est qu'évoqué : les femmes qui ne désirent pas être mère.
Sinon, le style et la traduction sont très fluides, c'est une lecture prenante de bout en bout !

Aller-retour (Delphine Chedru)

note: 4Album tout-petit Smart - 20 juin 2018

Avec Delphine Chedru, les touts–petits voyagent dans un graphisme épuré, géométrique et poétique. Elle conte les allers-retours, comme une ritournelle.
Cet album fonctionne comme un poème. Il est d’une douceur et d’une tendresse plutôt rares.

Bärlin (Bärlin)

note: 4Rock Lillois G. Abitbol - 19 juin 2018

C'est une chance d'avoir, dans cette équipe de bibliothécaires, des Lillois pur jus, à même de vous conseiller des pépites locales lorsqu'on ne les connait pas encore. Il aurait été effectivement bien dommage de ne découvrir ce trio de musiciens épatants, qui avec cet "Emerald sky", livre un second opus insaisissable mais ô combien accrocheur, s'inscrivant parfaitement dans la lignée de leurs références (revendiquées) : 16 Horsepower / Wovenhand, Morphine ou encore Nick Cave époque Birthday Party. Compositions plaintives et laconiques empruntant à la torpeur du post-punk comme à l'atmosphère envoûtante du dark jazz (on pense aussi aux excellents Dale Cooper & the Dictaphones) dès que la clarinette fait son apparition... Ce disque aussi cérébral que viscéral vous happe sans vous prévenir et vous emmène bien loin de vos pénates, vous laissant perdu et légèrement groggy une fois les dernières notes ayant retenti.

Voici des ailes (Maurice Leblanc)

note: 3 JFP - 9 juin 2018

On savait le père d’Arsène Lupin, Maurice Leblanc, expert en énigmes bien troussées. Dans ce roman-ci, court et un poil polisson, on le découvre chantre de l’hédonisme. D’accord, ses personnages versent dans l’excès, fétichistes, trop candides ou délurés. D’accord, Leblanc prête au vélo un pouvoir de désinhibition sans doute exagéré. Mais il exprime à merveille à quel point la pratique de la bicyclette, vue comme une prolongation du corps, peut être grisante. La liberté de mouvement, les sensations que donne le contact direct avec les éléments, le rapport intensifié à son environnement, tout cela, valable en 1898, l’est resté, 120 ans après.

All this I do for glory (Colin Stetson)

note: 4Beau saxo G. Abitbol - 2 juin 2018

Habitué à accompagner en tournée des groupes de renommée mondiale comme Arcade Fire ou Bon Iver, Colin Stetson est un saxophoniste inventif, qui exprime pleinement son potentiel sur ses disques solos. Utilisant une technique proche du drone, cette musique répétitive centrée sur un bourdon (c’est-à-dire un son répété ad nauseam avec de très légères variations), il explore son instrument dans toutes ses possibilités et réussit à produire une musique au croisement du free jazz, de
l’electronica, de la musique contemporaine et du post-rock. Une frontière musicale qui devrait plaire autant aux adeptes du label canadien Constellation (Godspeed you ! Black Emperor, Thee Silver Mt Zion…) qu’aux amateurs de Max Richter ou Jean-Philippe Goude.

Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir... (Hubert-Félix Thiéfaine)

note: 5Twiste et chante, moi je flippe G. Abitbol - 1 juin 2018

Accompagné du groupe franc-comtois Machin, qui donne une teinte musicale folk typique de l'époque, Thiéfaine livre un premier opus inénarrable. Sorte d'hommage burlesque aux groupes progressifs (Ange?) et à la Chrysler rose de Dashiell Hedayat... à l'image de l'épopée du "22 mai" ou du superbe "Chant du fou" (préambule à Alligators 427?). A côté de cela, toutes les ballades phares du compositeur. Un classique
indémodable.

L'archipel du chien (Philippe Claudel)

note: 5 JFP - 26 mai 2018

On devrait encore parler de ce livre dans vingt ans, tant il dit de choses justes sur notre temps. Dans l’archipel du chien, les problèmes, on les enfouit au lieu de s'y confronter. Dans l’archipel du chien, on se conforme aux décisions de celui qui détient le pouvoir. Dans l’archipel du chien, on n’a pas peur de sauter à pieds joints dans l’abjection, en toute conscience et en se trouvant toujours des justifications. On dirait bien que le tableau que dépeint le nouveau Philippe Claudel, c’est celui de notre époque. Epoque qui, avec d’autres plus sinistres encore, partage un trait commun : au cynisme d’individus sans foi ni loi s’opposent toujours quelques idéalistes, pendant qu’une majorité indifférente garde le silence. La visée de cette fable dérangeante est donc claire : amener les moins anesthésiés à se poser, encore et toujours, la seule question qui vaille : dans le chaos ambiant, je fais quoi, moi, maintenant ?

Pax et le petit soldat (Sara Pennypacker)

note: 5Roman pour les 10 ans et plus Smart - 26 mai 2018

«Pax et le petit soldat » est un roman fort et percutant. Une fable humaniste autour de l'histoire d'amitié entre un enfant de 12 ans et son renard victimes de la folie des hommes. Les planches en noir et blanc intensifient la tension dramatique.
Sara Pennypacker a longuement étudié le comportement des renards avant de se lancer dans l’écriture de son roman, et elle décrit de manière riche et détaillée leur manière de réagir, mais aussi de communiquer entre eux.
L’auteure se révèle également être une conteuse hors pair, le lecteur s’identifiera facilement à Peter, autant qu’à Pax.
Un roman prenant et bouleversant !

Ex Libris (Frederick Wiseman)

note: 5Aux bibliothèques, citoyens ! Natha - 22 mai 2018

Ce documentaire est une plongée passionnante dans les entrailles d’une bibliothèque mythique : la New-York Public Library.
Conférences, concerts, ateliers, réunions budgétaires etc. énumérer la liste des activités que vous allez découvrir n’a pas de sens, tant elle est fournie ! Volontairement, je ne cite que les actions « classiques », cependant, la bibliothèque va beaucoup plus loin dans ses propositions.
Accrochez-vous, le film dure 3h17 mais le découpage des séquences vous permettra en quelques minutes d’appréhender le thème abordé.
Pour passer d’un sujet à l’autre, votre esprit se reposera devant des plans d’imposantes façades de bâtiments new-yorkais ou de bibliothèques annexes (92 au total !).
Cosmopolite, citoyenne et engagée, la New-York Public Library force le respect.

Tristan (Clarence Boulay)

note: 3 JFP - 18 mai 2018

Tristan : île de l’Atlantique-Sud, l’un des territoires les plus isolés au monde, occupé aujourd’hui par un peu moins de 300 habitants. Au cours des six jours de la traversée qui l’y conduit, Ida, jeune dessinatrice française, largue peu à peu les amarres, se détournant d’une vie avec laquelle elle était pourtant en phase. Entre marée noire et autochtones demeurant d’irréductibles insulaires, son séjour à Tristan est loin d’être idyllique. Peu importe : l’isolement, la violence des éléments et le caractère volcanique de l’île concourent à tout rendre plus intense.
Une parenthèse, un nouveau départ, un dérèglement, on ne sait pas ce qu’Ida est venue chercher à Tristan. Mais parce qu’elle est prête à se défaire de tous ses repères, parce qu’elle se montre disponible à tout ce qui advient, elle ne pourra pas en repartir inchangée.

Sirius (Stéphane Servant)

note: 5Roman post-apocalyptique Smart - 2 mai 2018

Sirius est un récit post-apocalyptique, Stéphane Servant, crée tout un monde avec brio. Ce roman critique la société en en racontant sa perte. Il amène ses lecteurs à porter sur le monde qui les entoure un regard différent. Et ce, sans jamais oublier l’espoir.
Captivant, pertinent, émouvant, une vraie réussite littéraire.

Tout ce qu'on a fait, vol. A, 1992-1997 (Zabriskie Point)

note: 5Juste jouer G. Abitbol - 20 avril 2018

Avant de devenir un écrivain à succès, lauréat du César de la meilleure adaptation de roman pour le film « Entre les murs » (lui-même Palme d’or) François Bégaudeau a fait ses armes en tant que chanteur. Dans ses jeunes années, dans la région nantaise, l’auteur et des amis fondent le groupe de punk rock Zabriskie Point, qui va considérablement dynamiser et influencer la scène locale, puis nationale. On retrouve déjà les thèmes chers à Bégaudeau : critique sociale et politique, regard acide sur le sectarisme militant… Musicalement, le groupe livre un punk rock efficace et plutôt mélodique, à l’instar des Shériff ou plus récemment de Guérilla Poubelle. Les membres de Zabriskie vont également être les instigateurs de l’influent label Dialektik Records (Toxxic Waste, PKRK, Les Sales Majestés…), inscrivant le groupe dans l’histoire du rock français engagé. Du No futur aux marches de Cannes, voici le premier volet de l’intégrale, comprenant les 2 premiers albums, des classiques !

Racey roller (Giuda)

note: 4Ballroom blitz G. Abitbol - 20 avril 2018

On peut aimer le rock indépendant alambiqué, celui qui s’écoute en se grattant la tête, qui nécessite dix essais pour s’apprécier à sa juste valeur ; on peut aimer l’expérimental, l’ampoulé, le bidouillé au son cradingue. On peut. Sinon, on peut écouter Giuda. Chez Giuda, c’est simple, tout est simple. Pas de doute, chez Giuda, on joue en 4-4-3, sans protège-tibia et avec ballon en cuir crevé. On collectionne les images Panini, et pas que celle du calcio. Pas de doute, dans les vestiaires, on discute Gary Glitter, T-Rex et Slade. Y'en a même un qui est amoureux de Suzi Quatro (mais qui ne veut pas le dire). Hommage assumé à 100% pour ce rock viril des années 1970 en marcel et pantalon clinquant, Giuda, c’est glam, c’est rock, c’est garanti fun et sans complexe. Du rock jouissif à l’ancienne, du rock de bonhomme, à faire pâlir sa sœur et ses disques des Rubettes. Rock on.

Des filles dans l'équipe (Sophie Dieuaide)

note: 3Halte au sexisme Smart - 11 avril 2018

Ce roman met à mal les préjugés sur un ton très positif. Rien d'étonnant pour la maison d'édition "Talents hauts" dont la devise est "des livres qui bousculent les idées reçues".

Soundbreaking (Maro Chermayeff)

note: 5Documentaire musical à voir G. Abitbol - 6 avril 2018

Transposition d'une création américaine (initialement en 8 épisodes) par l'équipe d'Arte, "Soundbreaking" constitue un documentaire musical de choix, chapitré très intelligemment par des thèmes d'importance, permettant un regard dépassant les genres musicaux et les époques. Ainsi, les rôles du producteur, des maisons de disque, des innovations technologiques permettent de comprendre de façon très simple ce qu'ont apporté des figures aussi variées que la Motown, Rick Rubin, George Martin, Jean-Michel Jarre, Public Enemy, Elvis Presley, Mark Ronson... C'est aussi l'occasion de mettre en valeur le talent et les choix de certains artistes, réussissant à s'affranchir d'un modèle dominant (au choix : les anecdotes étonnantes autour de Christina Aguilera, l'histoire de "Tomorrow never knows" des Beatles ou la très bonne introduction au rôle du sampling). C'est enfin replacer l'auditeur au centre des débats, en parlant du lien qui l'unit tant au support (voir l'épisode "du 78 tours au fichier Mp3"), qu'avec l'artiste (voir dans l'épisode "Trouver sa voix" l'invention du crooner, et le rôle du microphone). En bref, un programme à voir absolument pour les mélomanes, truffé d'interviews de plus d'une centaine d'acteurs musicaux de premier ordre (Nile Rodgers, BB King, P. McCartney, Chuck D.... la liste est interminable), de critiques musicaux de référence (avec pour la version française, G. Kosmicki, L. Tournès et F. Mazzoleni).

Mister yellow (Washed Out)

note: 4Chillax G. Abitbol - 6 avril 2018

Connaissez vous la chillwave ? Ce courant, synthèse de musique électronique et de "dream pop" (soit des mélodies planantes voire langoureuses), passé au filtre d'effets synthétiques, a connu une gloire éphémère au début des
années 2010, avant de presque disparaitre. L'américain Washed Out, fer de lance du mouvement, est une entrée on ne peut plus moelleuse dans le style. Si initialement, on recherche l'atmosphère douce, relaxante, cosy dans la tradition d’un bidouillage lo-fi né des années 80, la chillwave version 2017 a ouvert un peu son spectre, et rappelle parfois la pop sous acides de la scène de Madchester (Happy Mondays, Stone Roses…). Un rayon de soleil après la pluie.

Tumult (Meute)

note: 5Triomphallemand JoBo - 5 avril 2018

L'idée de mélanger 2 trucs appréciables regorge de ratés, mais aussi et surtout de réussites : le salé/sucré lors du brunch du dimanche midi, le vélo et la bière avec les sorties des "Binouzes Bikers", le football et les grosses cylindrées avec le jeu vidéo Rocket League… S'ajoute donc à cette série, Meute et son art de faire cohabiter fanfare et techno. 11 gaillards allemands, qu'on imagine allégrement crampons aux pieds en maillot blanc estampillé Mannschaft, plutôt branchés veste rouge à gros boutons et cuivres au bout des doigts. Soubassophone, saxophones, trompettes, grosses caisses… et un xylophone démentiel : la recette d'un tumulte jouissif. Démarrage en trombe (en fanfare !?) avec une reprise de Laurent Garnier, laissez-vous accompagner jusqu’à la reprise pleine d’énergie de Rej d’Âme et terminez toujours en rythme. Rien à jeter, c’est prodigieux.
A 11, l'Allemagne triomphe toujours.

Cours ! (Davide Cali)

note: 4Album intergénérationnel Smart - 3 avril 2018

Une rencontre déterminante va offrir à Ray, jeune Afro-Américain la possibilité de s'exprimer autrement qu'avec ses poings. Il suffit parfois d'une oreille attentive, d’un peu de reconnaissance pour faire changer le cours d'une vie. Ce récit initiatique place l’humain au centre des priorités.

La couleur du vélo (Sandra Le Guen)

note: 5Roman junior, dès 8 ans Smart - 3 avril 2018

L'écriture sensible de Sandra Le Guen décrit avec délicatesse une étape difficile, celle du deuil. Le vélo, dans ce roman, est un objet de transition, puisqu'il aidera Anaïs à se reconstruire après un drame familial. Il n'y a rien de larmoyant dans cette histoire qui pourrait être triste mais qui est surtout forte de l'espoir qu'elle transmet. Les romans forts pour les jeunes lecteurs sont peu nombreux, je vous conseille donc « La couleur du vélo » sans hésiter !

La Guerre du whisky (Elmore Leonard)

note: 3 JFP - 31 mars 2018

Aux Etats-Unis, la période de la prohibition fut violente, brutale, excessive mais en aucun cas manichéenne. A Marlett, pauvre bourgade fictive du Kentucky où la fabrication et la vente clandestines de whisky sont une question de survie, se croisent et se jaugent un vieux sheriff conciliant, un agent fédéral véreux et des distillateurs hors-la-loi mais intègres. Les associations des uns avec les autres fluctuent au gré d’intérêts particuliers mouvants auxquels le désir se mêle parfois. Dans ce polar américain publié en 1969, les scènes les plus réussies sont celles très dialoguées où croît lentement la tension entre prédateurs et pourchassés, où la courtoisie de façade cède la place à des déchaînements orduriers dominés par l’effroyable docteur Taulbee, ancien dentiste condamné pour viols et converti en trafiquant (un rôle en or pour Christoph Waltz). L’issue de cette course dévastatrice aux 150 fûts ne fera évidemment pas de vainqueur : nous sommes dans un roman noir.

Big band (Le Réveil des Tropiques)

note: 3Tropique du concert G. Abitbol - 30 mars 2018

Quintet parisien comprenant des musiciens avec une solide expérience (Oiseaux-Tempête, Ulan Bator...), le second album du Réveil des Tropiques est né, à l'instar de son prédecesseur, d'un enregistrement s'étant déroulé pendant 3 jours consécutifs. Une place particulière est donc accordée à l'improvisation, ce qui donne un disque ensorcelant, non linéaire, entre montée rock progressive psyché, passages bruitistes (avec une utilisation renforcée du "bourdon" propre à la musique drone) et atmosphères post-rock. Bien loin d'un format chanson, ce disque est avant tout à appréhender dans la durée : lui laisserez-vous le temps de vous emmener dans ce voyage cosmique ?

La disparition de Josef Mengele (Olivier Guez)

note: 5La traque d’un pacha Natha - 29 mars 2018

Le prix Renaudot 2017 est un roman historique de l’après seconde guerre mondiale. L’écriture d’Olivier Guez est fluide, concise mais surtout richement documentée. En racontant la vie quotidienne du médecin tortionnaire nazi parti se cacher en Argentine, tout en revenant sur ses agissements innommables au sein des camps de concentration, il nous rappelle que ce n’est pas parce qu’une guerre est finie que l’idéologie qui l’a animée disparaît, elle aussi, du jour au lendemain.
Passionnant de bout en bout.

Dedans dehors (Anne-Margot Ramstein)

note: 4A lire et à relire Smart - 23 mars 2018

Un album grand format à lire et à relire pour y trouver chaque fois de nouveaux détails. Le principe est simple à gauche : dedans, à droite : dehors.
Sur chaque double-page de cet album, vous plongerez dans les deux points de vue d’un même évènement en simultané. Les 2 auteurs permettent au lecteur de naviguer dans des univers d’échelles différentes. Un livre riche avec de très belles illustrations, à découvrir dès le plus jeune âge.

Axiom Verge (Thomas Happ)

note: 4Super Metroid G. Abitbol - 23 mars 2018

Développé en 2015 de manière totalement indépendante par Thomas Happ, ce jeu s'est vite taillé une belle réputation, acclamé tant par la critique que par les joueurs PC et consoles de salon (ce qui n'est pas une mince affaire). Il faut dire qu'il possède de nombreuses qualités recherchées dans un jeu vidéo : fluidité du gameplay, rejouabilité (avec un mode spécialement conçu pour les speedrunners - sans parler des trophées à la difficulté retorse, rendant le jeu quasi impossible à platiner), univers graphique et musical simple et efficace, nombreux items à glaner (armes, power-ups...) demandant une fouille intense de la map (tout le principe du jeu étant justement de revenir sur ses pas avec des nouveaux objets pour débloquer une porte que l'on ne pouvait ouvrir quelques minutes plus tôt)... Mais soyons clairs : si le jeu est si prenant, c'est aussi parce qu'il ravive la flamme glorieuse des Megaman, Bionic Commando (grappin, mon amour) et bien entendu, Metroid, dont il constitue une transposition quasi parfaite. Comptez 10 à 15h d'immersion 2D pour apercevoir le boss final (si vous ne voulez pas avoir à prolonger l'emprunt du jeu vidéo, le record mondial pour terminer le jeu est actuellement de 37 minutes. Juste pour info).

Cartoons (Fred Pallem)

note: 4Fulguro jazz G. Abitbol - 21 mars 2018

Le Sacre du Tympan, le re-re-retour. Après un magnifique album consacré à François de Roubaix, puis un hommage épique au "Soul cinema" de la blaxploitation, quoi de plus logique que de réaliser l'album pour geek ultime ? C'est chose faite avec ces 10 morceaux hauts en couleurs, illustration parfaite de la folie et de l'humour "Pallemien" (mot invariable : relatif à Fred Pallem. Bientôt dans tous les Petit Robert). Cette relecture funky, (Inspecteur Gadget version west coast), frénétique (The Simpsons) voire carrément potache (l'histoire d'un gars qui vit dans un ananas dans la mer. True story.) démontre une fois de plus l'incroyable capacité de notre orchestre favori à conjuguer fantaisie et virtuosité. Aussi brillant que du Tex Avery en quelque sorte... On tient définitivement le big band qui réussirait à faire aimer le jazz au lecteur le plus endurci de Rock&Folk.

L'aube sera grandiose (Anne-Laure Bondoux)

note: 4Secrets de famille Smart - 17 mars 2018

Entre secrets de famille et rapports mère-fille, le nouveau roman d’Anne-Laure Bondoux tient en haleine son lecteur. Nous suivons Titania et Nine pendant toute cette nuit de révélations. On comprend la frustration de Nine, car on souhaite que Titania avance plus rapidement sur certaines péripéties pour arriver au plus vite à la révélation. Mais Titania prend son temps et nous permet de découvrir des personnages complexes et particulièrement attachants.
Rempli d'émotion et de nostalgie, « L'aube sera grandiose » est une fresque familiale bien écrite et prenante .

Socialter
Idée collaborative 2017

note: 4Co-labo ! JoBo - 14 mars 2018

12 médias s'associent pour faire un bilan des initiatives collaboratives de l'année 2017 sur le territoire hexagonal. Bien sûr, il ne saurait être exhaustif tant le panel est large (et tend à s'élargir…). 4 grandes thématiques sont développées : la Ville, l'Environnement, le Travail et la Solidarité. Les articles sont courts et inspirants. On apprend avec bonheur, envie, surprise et parfois tout à la fois ce qui se passe aux 4 coins de la France, en milieu rural, urbain ou dans les méandres du numérique. Au cas où vous en doutiez (encore !?), il y a vraiment moyen de (toujours) mieux épargner, travailler, échanger, voyager, trier, fabriquer, aider…

Mirages (Sabine Devieilhe)

note: 4Trip à la mode de Caen G. Abitbol - 7 mars 2018

Dans le cas fort improbable où vous ne connaîtriez pas encore la soprano Sabine Devieilhe, ce disque constitue un excellent cours de rattrapage. Conçu autour de l'orientalisme, courant à la mode à la fin d'un XIXe siècle qui se passionne pour "l'exotique", on retrouve dans ce programme quelques belles pages de la musique française, dont le célébrissime "Duo des fleurs" de Lakmé. Un répertoire que notre colorature connait parfaitement, puisqu'elle l'interprète depuis des années sur scène. Lassitude ? Bien vite dissipée par la diction parfaite et la voix cristalline et enchanteresse de l'artiste. N'oublions pas non plus le choix de mettre en avant des œuvres moins connues, de Delage ou Koechlin, tout aussi inspirées. Un bien joli récital à ajouter à un CV déjà couvert d'éloges.

Wallflower (Jordan Rakei)

note: 4Air Jordan G. Abitbol - 28 février 2018

Voilà donc Jordan Rakei signé sur le prestigieux label Ninja Tune pour ce second album. Expatrié à Londres, l'australien de 25 ans séduit par ses productions léchées. Son timbre risque de vous rappeler un certain Jeff Buckley... Mais la finesse de ses productions l'inscrit surtout dans les pas d'un James Blake, cultivant l'équilibre parfait entre la concision travaillée des musiques électroniques et celle d'un talent brut et sans autres artifices que la justesse de la voix ou l'intelligence d'arrangements sachant tirer le meilleur du jazz, de la pop ou du hip-hop. Un blanc-bec aux oreilles grandes ouvertes, qui au côté de Thundercat et bien d'autres artistes de "r'n'b alternatif", élève ces musiques d'aujourd'hui vers un ciel lumineux et sans nuages.

Le jeu de la musique (Stéphanie Clermont)

note: 5Le jeu de la musique Ophélie - 20 février 2018

Il y a Sab (Sabrina), Céline, Julie, Tahar et Vincent. Et puis, il y a Jess, Zoé, Katerine, Cassandra, des anonymes. Des ami(e)s, des amant(e)s, des engagés politiques, des féministes, des femmes battues, des francophones ontariens. Le jeu de la musique est un livre étonnant, un roman où les nouvelles sont inter-reliées. Chaque personnage est connecté d'une façon ou d'une autre à celui qui ouvre ce livre. Un roman où le temps s’étire, se dérobe, sans une continuité évidente mais qui prend forme au fur et à mesure de la lecture avec les points de vue et de vie des différents protagonistes. Le fil rouge est sans aucun doute l'amitié. Et l'espoir de vivre malgré la dépression, les désillusions, les échecs, les amours déçues.
C'est une écriture très sensible et à fleur de peau qui à coup sûr ne laissera pas indifférent. Le jeu de la musique est comme une chanson mélancolique dans lequel on replonge pour piocher au hasard des morceaux et les savourer pleinement dès la lecture achevée et le puzzle assemblé.

La présidente n° 1 (François Durpaire)

note: 3République Marine JoBo - 13 février 2018

Une BD fiction sur la victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Tout y passe : histoire du FN, investiture, installation à l’Elysée, garden party, réactions médiatiques et politiques, premières mesures…
L’ouvrage est riche et anticipe dans de nombreux domaines : politique intérieure et extérieure, économie, Outre-mer, Internet… Le tout avec en fil rouge les réactions d’une famille atypique qui va entrer en résistance à sa façon.
On y croise des têtes connues ou reconnues, que l’illustrateur a reproduit fidèlement : François Hollande, Ruth Elkrief, Vladimir Poutine, Angela Merkel, Christophe Barbier, François Fillon, Rachida Dati, Michel Drucker, Eric Zemmour, Bruce Toussaint, Dieudonné, La Fouine, Alain Delon, Robert Ménard et tant d’autres !

Bodysick (Bison Bisou)

note: 4Bison biloute G. Abitbol - 13 février 2018

Après 3 EP sortis depuis sa création en 2011, les Lillois de Bison Bisou passent enfin la vitesse supérieure avec un premier long format (35 min) qui leur laisse tout le loisir nécessaire pour déployer la large palette musicale en leur possession. Les couleurs sont donc avant tout celle du spectre de la sphère indé, tour à tour math rock, post hardcore ou tout simplement celle d'un rock énergique et mélodique, s'appuyant sur les cassures de rythme d'une guitare malicieuse n'hésitant pas à s'aventurer vers des éléments un peu plus noise. Si on ne navigue pas bien loin d'un autre brillant groupe français du moment, Lysistrata, on ne peut avant tout s'empêcher de penser à At the Drive-in, tant l'univers musical (et le chant plaintif, parfois à la limite de l'emo) se rapproche de ce groupe phare et caliente d'El Paso. Reste un hommage à Roubaix, que les USA ne sont pas prêts de pondre de sitôt.

Pas sorcier ! (La Gargote)

note: 4Ragougnasse ? JoBo - 10 février 2018

Ironie des mots ! Même si "Gargote" signifie "mauvaise cuisine", la tambouille concoctée par les parisiens est enjaillée et vivifiante. Ils ont fait salle comble lors de leur venue à Lille. (Ah oui, ce n'était "que" le Biplan). Plusieurs voix masculines, des instruments toujours plus nombreux (guitares, contrebasse, accordéon, piano, flûtes, scie musicale, concertina, tuba, viole, banjo…) et une grande variété dans les textes et les chansons. Chants marins, sonorités tziganes, valses bien d'chez nous, poésies… la mauvaise cuisine nous régale ! T'en reprendras bien un peu ?

La mise à nu (Jean-Philippe Blondel)

note: 5Mise à nu Smart - 8 février 2018

Ce récit est l'occasion pour l’auteur de faire un bilan existentialiste d'un personnage qui lui ressemble et qui surtout recouvre plusieurs de ses obsessions et passions : les voyages, la peinture, l'enseignement... .
Une écriture pudique, et une vraie empathie pour ses protagonistes font le sel de ce roman où littérature, nostalgie et peinture se mélangent habilement.
Avec la sensibilité qui le caractérise, Jean-Philippe Blondel parvient à nous émouvoir de la plus belle des façons, c'est à dire sans esbroufe ni calcul.

Ça (Andrès Muschietti)

note: 2Arrête de ramer, t'attaques la falaise G. Abitbol - 8 février 2018

Recette hollywoodienne pour faire des entrées : prenez un écrivain mondialement connu (Stephen King) et l'une de ses œuvres emblématiques. Surfez sur la nostalgie de toute une génération à haut pouvoir d'achat (limitez les risques en plagiant des succès du moment : Stranger Things et son revival des Goonies. Ouf, voici un capital sans risque. Recrutez l'un de ses acteurs vous octroie un bonus supplémentaire).
Filmez à toutes les sauces : un peu de gore pour avoir l'étiquette film d'horreur, des acteurs qui sentent bon le propre pour toucher les ados (le "Club des ratés" n'a jamais aussi mal porté son nom). Rajoutez une maison hantée (un reste de plateau de Tim Burton ou une maquette récupérée à Marne-la-Vallée, on ne sait pas). Le scénario est accessoire (toute la métaphore du passage de l'enfance à l'âge adulte, trop compliquée. Quelques jump scares aux ficelles grosses comme des rondins feront l'affaire). L'important étant de sortir une saga en deux volets pour maximiser les gains... En bref, voici un film au succès commercial impressionnant et assez incompréhensible, aussi interminable que poussif, au kitsch faisant passer le téléfilm Il est revenu de 1990 pour une pépite du 7e art (#jesuisTimCurry). Reste à savoir si dans la soupe, les navets flooooottent tous ?

La volière dorée ou la véritable histoire de la princesse sanguinaire (Carll Cneut)

note: 5 JFP - 3 février 2018

Aussi fasciné que son héroïne par la morphologie des oiseaux, l’illustrateur Carll Cneut en retranscrit superbement toute la singularité. Plumages, gorges, becs, pupilles et iris, il les saisit avec précision et raffinement dans une heureuse association d’orange clair, de vert cendre, de jaune houblon. Son sens de l’observation se révèle aussi dans l’écorce des arbres, les nervures des feuilles et le contour des végétaux qu’il peint à la gouache, grave ou dessine au crayon. Toute cette maîtrise technique est mise au service de l'histoire, aux parfums de légende, d'une apprentie despote, captive de ses exigences irrationnelles, de ses désirs démesurés. Carll Cneut, belge flamand qui a grandi dans la vallée de la Lys, possède un style inimitable : son dernier album en date, somptueux, rappelle que les publications pour la jeunesse ne doivent pas demeurer à l’usage exclusif des enfants et que les adultes peuvent y trouver un plaisir esthétique inattendu.

Les bronzés font du Ch'ti (Ministère des Affaires Populaires)

note: 4Rap, Accordéon et Guignols ! JoBo - 3 février 2018

L’ancien groupe des p’tits gars de Roubaix, qui faisait lever les mains et les consciences dans les bistrots, les festivals et quasi chaque année pendant la fameuse fête wazemmoise de la Soupe. Même s’ils se sont séparés depuis quelques temps (HK et les Saltimbanks, Sidi Wacho…), ils ont laissé leur empreinte dans le rap ch’ti : gouaille populaire aux accents du nord et de l’Algérie, relents d’accordéons, rap engagé voire quasiment insurgé. "La chasse est ouverte" a ma préférence, suivi de près par "Salutations révolutionnaires", où on retrouve avec plaisir Mouss et Hakim, les joyeux lurons de Zebda. Embarquez avec les bronzés, foulez le bitume, laissez-vous entrainer.

Le grand détour (Charles Delcourt)

note: 5... JFP - 20 janvier 2018

Deux camarades adeptes de la flânerie en ville, le photographe Charles Delcourt et l’écrivain Dominique Fabre, ont déambulé sur une bonne partie des 32 kilomètres de la petite ceinture, chemin de fer encerclant Paris et désaffecté depuis le début des années 1990. De leurs excursions, ils ont tiré ce livre, recueil en images et en mots des rencontres qu’ils y ont faites, des histoires qu’on leur a racontées et des réflexions que cette balade leur a inspirées. Fréquentée par des tagueurs, des jardiniers, des retraités, des sans-abri, des adolescents en quête d’un peu d’aventure, la petite ceinture est l’objet de convoitises : des promoteurs lorgnent sur les terrains libres qui la bordent tandis que la municipalité a commencé à la transformer en promenade pour piétons. Avant qu’elle ne devienne un jour un espace domestiqué complètement intégré au tissu urbain, Delcourt et Fabre ont voulu retenir un peu de ce que la petite ceinture aura été pendant trente ans : un territoire sauvage, un refuge pour solitaires.
A La Madeleine, rue Gambetta, à mi-chemin entre la médiathèque et la maison d’édition Light Motiv qui a publié ce livre, un mur porte cette citation de Siegfried Krakauer : «La valeur d'une ville se mesure au nombre de lieux qu'elle réserve à l'improvisation». C’est exactement le message que véhicule ce très beau « Grand détour ».

Jonah n° 1
Les sentinelles (Taï-Marc Le Thanh)

note: 4Jonah Smart - 13 janvier 2018

Un destin incroyable pour un jeune héros hors-normes ! Courses-poursuites, tremblement de terre, évasion… Jonah et ses amis vont vivre d’incroyables aventures ! Rebondissements et suspense garantis. L'aventure tient d'abord dans la vision poétique du monde et des personnages que le récit met en scène. Un roman intense et passionnant ! Une série à découvrir absolument !

The leftovers
Saison 1 : intégrale (Damon Lindelof)

note: 5Odyssée larmoyante DDO - 11 janvier 2018

2% de la population mondiale s’est volatilisée sans que l’on sache ce qu’il s’est exactement passé.
C’est l’idée de départ de la série américaine « The Leftovers » inspiré d’un roman de Tom Perrotta sous le titre "Les disparus de Mapleton" (disponible au catalogue de la médiathèque).
En juin dernier, elle se clôturait après une troisième saison émouvante.
Après une première saison forte mais éprouvante dont la scène d’ouverture magistrale donne le ton de la série, «The Leftovers » s’intéresse aux destins de « ceux qui restent », les « laissés-pour-compte » qui cherchent un moyen de subsister.
J’ai beaucoup hésité au départ, arrêtant même la série en cours du fait d’un rythme lent et de son propos difficile. Mais déjà « The Leftovers » avait posé son empreinte. La musique ô combien sublime de Max Richter, les trouvailles scénaristiques, l’humanité et la densité des personnages m’avaient profondément touché.
Chaque épisode a son lot de surprises et d’émotions intenses.
On pardonnera donc au scénariste de « Lost » (ouille !) ses errements métaphysiques vite remplacés par une proximité fusionnelle qui se crée dès les premiers instants entre la fiction et notre réalité. On pardonnera aussi le mélo constant qui se joue sous nos yeux car il a évidemment un goût de vérité.
Après le générique de fin du dernier épisode, s’ensuit une période de vide, de manque. On repense souvent à « The Leftovers » car rares sont les chefs-d’œuvres sur petit écran qui vous marquent, qui laissent des traces et vous plongent dans une profonde réflexion.
Au premier abord, cette œuvre peut paraître présomptueuse mais le sujet est bien trop grave pour cela. Elle pose les questions sincères de la condition humaine, du deuil, de l’acceptation, de la solitude et de l’absurdité de l’existence pour finir en un message d’espoir et d’amour qui s’offre à celui qui voit la série dans son ensemble.

Prends soin de toi (Grégory Mardon)

note: 4Rupture douloureuse Natha - 9 janvier 2018

Après un véritable crash amoureux, le lecteur accompagne Achille à travers les paysages de France et suit sa reconstruction personnelle.
BD émouvante et intimiste qui dévoile ses subtilités au cours du récit.

Boule à zéro n° 1
Petit coeur chômeur (Ernst)

note: 4Zita dit "Boule à zéro" Smart - 30 décembre 2017

Boule à zéro est une série BD sur un sujet délicat à traiter : la maladie chez les enfants. Le scénario de Zidrou et le dessin d’Ernst opèrent superbement sur ce thème, avec humour, tendresse et délicatesse.
Des BD destinées à la jeunesse à mettre dans les mains des petits, comme des grands !

Dance to the ring in our ears (Sweat Like an Ape)

note: 4Monnaie de singe G. Abitbol - 23 décembre 2017

La musique des "Sue comme un singe" (?? Un singe ?) est à l'image exacte de cette pochette colorée et clinquante. Ça remue, ça part dans tous les sens, c'est bourré d'énergie, c'est plein de bonne volonté, c'est dansant, BREF, c'est communicatif. Et en plus, ça vient de Bordeaux ! (Ne vous fiez pas à l'accent anglais impeccable du chanteur, qui lui, vient bien de la Perfide Albion). En tout cas, entre le groove de !!! (Chk Chk Chk), la nonchalance de la scène no-wave/post-punk et les apports bienvenus d'influences africaines (impossible de ne pas penser à Fool's Gold), Sweat Like an Ape accouche d'un album irrésistible, suffisamment accrocheur pour réveiller le primate tapi en vous...

Stone rider (David Hofmeyr)

note: 4Une course pour l'espoir Smart - 23 décembre 2017

Stone Rider emprunte à la fois aux codes du western et à l’épopée de science-fiction, en passant par le conte post-apocalyptique et la course-poursuite hollywoodienne.
Tout y est : un enjeu vital, un rythme enlevé, des personnages forts et… un amour brûlant.
J'ai hâte de suivre la suite des aventures de ces personnages... Il est fort à parier que cet éden rêvé, La Base, ne sera pas aussi paradisiaque qu'il en a l'air.
Un beau moment...vraiment.
Ce roman a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire, les Pépites du Salon de Montreuil