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Retrouvez les avis des bibliothécaires directement sur les documents !

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Orfeo chaman (Christina Pluhar)

note: 5Baroque contemporain G. Abitbol - 20 septembre 2017

Christina Pluhar est une habituée des projets inclassables. L'autrichienne (mais française d'adoption : elle réside à Paris) s'est imposée depuis plus de 15 ans comme une vraie spécialiste de la musique ancienne. Pourtant pas de doute : elle prend un malin plaisir à dépoussiérer la musique classique ! Né à l'occasion d'un spectacle à Bogota donné en 2014, cet opéra moderne revisite le mythe d'Orphée en mariant musique baroque et répertoire sud-américain. Un programme enchanteur, tant le chant du jeune argentin Nahuel Pennisi, bluffant de justesse et d'émotion, se conjugue bien avec le jeu de l'ensemble de l'Arpegiatta (qui pour le coup, n'a plus grand chose à prouver en terme d'excellence). Très beau disque !

Encore vivant (Pierre Souchon)

note: 5Encore vivant ! Ophélie - 19 septembre 2017

Il y a des livres dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Voilà un texte vivant, vibrant, riche, écorché. Une plongée au cœur de la maladie mentale, de l’hôpital psychiatrique public… mais pas que. C’est un texte empreint d’idéologie, d’humanité, de recherche de compréhension du monde qui nous entoure. La recherche de l’humanité coûte que coûte même chez les nantis pourris. Un texte qui puise dans les figures de l’enfance qui se déconstruisent au fur et à mesure. Et puis, le rapport à la nature très présent. Un hymne à la vie qui ne sombre jamais dans le pathétique. Simple et vrai. Le lecteur est pris dans la spirale de la bipolarité, ses alternances d’humeurs : de l’infiniment haut à l’infiniment bas.

Sabador (Africando)

note: 5Dakar-New York-La Havane DDO - 19 septembre 2017

Au début des années 90, Ibrahim Sylla , producteur africain et découvreur de quelques-uns des plus grands talents de la musique ouest africaine, décide de revenir à ses premiers amours.
Car, dès les années 50, Cuba veut faire la révolution en Afrique (Le Che et Fidel y feront plusieurs allers-retours). Les liens entre le continent et l’île se resserrant, les artistes cubains inondent alors de leurs 45 tours le continent noir, comme un retour aux origines pour cette musique qui a gardé et revendique son africanité.
Les disques du Trio Matamoros et Guillermo Portabales côtoient alors les artistes country( ??) et plus tard, la vague yéyé.
Les artistes africains affectionnent particulièrement ses sonorités métissées aux confluents de l’Europe, de l’Amérique et de l’Afrique.
Nombre de groupes se forment avec des succès quasi-immédiats. La rumba congolaise vit alors ses années de gloire
- C’est en souvenir de cette époque « bénie » qui voit l’indépendance de plusieurs colonies (écoutez le titre "indépendance chacha" de Grand Kalle) qu’Ibrahim Sylla réunit en 1993, certains grands chanteurs de cette époque mais aussi des talents contemporains détenant le même amour pour cette culture afro-caribéenne.
Le groupe Africando naît alors et sans surprises, de Paris à Dakar en passant par New York, les pistes de danse brûlent aux sons des voix suaves de Medoune Diallo ou rocailleuse de Pape Seck.
Le talent d’Ibrahim Sylla est d’avoir permis aux plus talentueux musiciens cubains et sud-américains d’accompagner ces crooners de plusieurs générations. Le terme de musique afro-cubaine prend alors tout son sens.
On trouve aisément son bonheur dans cet opus, entre les reprises de standards cubains (La Bamba, Moliendo Cafe) et des titres issus du répertoire d’illustres formations africaines (Xale Bile, boléro chanté en wolof et sublimé par Medoune Diallo).

Ourse & Lapin
Un intrus dans la vallée (Julian Gough)

note: 4Série à découvrir à partir de 7 ans Smart - 16 septembre 2017

Ce premier tome des aventures d’« Ourse et Lapin » se dévore. On assiste à la naissance d’une belle histoire d'amitié. Le récit est parsemé de touches d'humour, quant aux illustrations, elles mettent bien en valeur la complicité des deux personnages. Nul doute que les jeunes lecteurs auront hâte de découvrir le tome suivant.

Ma mère, le crabe et moi (Anne Percin)

note: 4Roman d'apprentissage Smart - 12 septembre 2017

Tania nous fait partager sa vie au quotidien, ses amies, les garçons, le collège mais surtout le cancer de sa mère, de l'annonce du résultat au traitement lourd en passant par l'opération.
Anne Percin traite ce sujet délicat sans être larmoyante. Bien au contraire, une certaine joie de vivre et un humour mordant habitent ce roman.
Le style direct et familier de Tania donne du souffle à ce récit, allège quelque peu le propos sans pour autant le dédramatiser. L'auteur fait la part belle à cette relation entre la mère et la fille.
Un roman touchant et intelligent, à la fois drôle et émouvant.

Le nouveau (Rudi Rosenberg)

note: 4L'âge ingrat Natha - 8 septembre 2017

Être « le nouveau » dans un collège, c’est l’horreur. S’intégrer ? Se faire de nouveaux amis ?
Entre les beaux gosses attardés aux rires de hyènes et les têtes d’ampoules aux rituels un peu bizarres, Benoît va devoir s’adapter.
Heureusement, il peut compter sur les conseils hautement avisés de son tonton, squatteur de canapé de compétition, incarné par Max Boublil.
Une comédie pleine de tendresse à regarder avec ses pré-ados et ados (de 10 à 14 ans).

L'affaire Lerouge (Émile Gaboriau)

note: 3 JFP - 31 août 2017

Pour beaucoup de critiques littéraires, le français Emile Gaboriau est l’un des principaux fondateurs du genre policier. Dans ce roman publié dans les années 1860, on trouve la plupart des ingrédients qui font la réussite d’un polar : des révélations fracassantes jalonnent l’intrigue, la psychologie de chaque protagoniste est fouillée et, mêlant intuition et déduction, les méthodes du père Tirauclair, enquêteur amateur au service de ce qui ne qui ne s’appelait pas encore le 36 quai des orfèvres mais la rue de Jérusalem, se révèlent redoutables. Mais c’est ailleurs que réside le charme de ce roman à énigme écrit sous le Second Empire. D’abord dans le portrait d’une France en transition où, heurtée par l’avènement de la bourgeoisie, une aristocratie nostalgique de l’Ancien régime s’efforce de garder la tête haute. Et puis surtout, la passion amoureuse, au coeur d’innombrables crimes depuis toujours, se manifeste ici avec une telle ardeur qu’il est difficile de rester insensible au sort de tous ces personnages que le désir pousse à des conduites inconsidérées. A la limite de la grandiloquence, surannés dans leur manière de s’exprimer, ils font de ce roman un délectable divertissement.

Lucky losers (Laurent Malot)

note: 4A ne pas manquer ! Smart - 26 août 2017

Laurent Malot nous offre un roman social enlevé, dynamique, drôle et touchant.
L’écriture est fluide, efficace, incisive par moments. L'auteur montre les limites d'un système basé sur le profit, qui enrichit les uns et ne cesse d'appauvrir les autres. Mais, entre ces mondes-là, des ponts sont possibles…
Un récit engagé qui se lit d'une traite.

This is Trojan (Desmond Dekker)

note: 5Made in Jamaica G. Abitbol - 26 août 2017

Fondé à la fin des années 1960 afin d'importer la musique jamaïcaine sur le territoire britannique, Trojan Records est un label emblématique, adulé par tous les amoureux de reggae et de ses ramifications. L'équivalent d'un label comme Stax pour la soul ou Chess Records pour le blues... Voici sans doute la compilation définitive pour redécouvrir des tubes incontournables comme "Israelites" de Desmond Dekker, "Return of Django" des Upsetters, "Rivers of Babylon" des Melodians, "Liquidator" d'Harry J All Stars... La crème de la crème !

Le garçon au sommet de la montagne (John Boyne)

note: 4Roman ado et adulte Smart - 18 août 2017

L’auteur montre la facilité avec laquelle on peut amener un enfant à adhérer à une idéologie raciste et antisémite. On assiste à la transformation du petit garçon innocent à l'adolescent monstrueux.
Aux côtés du Führer, le garçon orphelin se sent enfin considéré. Pierrot fera des choix qui le hanteront toute sa vie.
La fin de la guerre laisse place aux remords et aux cauchemars. Conscient de ses actes, il essaye par tous les moyens de se racheter.
Un roman fort, réaliste qui ne laisse pas indifférent.

Je suis le tonnerre (Annabel Pitcher)

note: 3Roman ado adulte Smart - 16 août 2017

Dans « Je suis le tonnerre » les adultes ne sont pas parfaits, et quelquefois, ils n'adoptent pas la bonne attitude face à leur progéniture.
Les personnages de cette histoire sont attachants, agaçants aussi mais sincères et vrais.
Annabel Pitcher signe un roman réaliste qui aborde la question de la filiation et de la quête d’identité.

Colter Wall (Colter Wall)

note: 5Crazy heart G. Abitbol - 4 août 2017

Colter Wall a 21 ans. C'est son premier album. Il vient du Saskatchewan, pays de vastes plaines au beau milieu du Canada. Maintenant que vous avez cette information, il se peut que vous vérifiiez une nouvelle fois que vous avez bien introduit son CD dans votre platine... Le timbre de baryton du chanteur s'apparente en effet davantage à celui d'un vieux baroudeur du fin fond des Appalaches, et ses intonations caressantes semblent sortir du corps d'un homme ayant vécu plusieurs vies... On est loin du jeune premier propret du Grand Ole Opry comme les USA en sortent régulièrement. Passé cette surprise, on appréciera les textes de ce magnifique album, truffés d'histoires poignantes, contées avec brio. On saluera également le picking du guitariste, parfaitement maitrisé. Quelque part entre le honky tonk de voyou d'un Merle Haggard, l'épure et la délicatesse de la scène émergente du Greenwich Village (FIP le compare à Dave von Ronk. Un sacré compliment), voilà un musicien qui peut porter fièrement son Stetson !

L'homme que l'on prenait pour un autre (Joël Egloff)

note: 4Monsieur tout le monde Natha - 25 juillet 2017

Lassé d’être pris pour un autre, Pierre Simon, le héros solitaire de ce roman, va jouer le jeu et accepter toutes les identités qu’on lui prête : mari infidèle, pensionnaire de maison de retraite, présentateur météo, ancien taulard etc.
Et à force de n’être personne et tout le monde à la fois, il devra sévèrement s’embrouiller avec le facteur pour recevoir du courrier !
Ce sont les petits défis de la vie quotidienne dans toute sa banalité qui font vivre des situations improbables à ce touchant et à la fois exaspérant personnage.
L’histoire en elle-même est peut-être un peu moins accrocheuse que celle de « L’étourdissement ». Cependant, si vous aimez la patte de Joël Egloff, vous prendrez un grand plaisir avec ce livre dans lequel l’humour absurde règne en maître.

La vie secrète des arbres (Peter Wohlleben)

note: 3 JFP - 19 juillet 2017

Ils jouent des coudes pour arriver au sommet, s’envoient des messages en cas de danger, migrent quand leur environnement ne leur permet plus de survivre et privilégient parfois la solitude à l’esprit de clan : dans ce livre signé d’un forestier allemand, on apprend que les hommes partagent avec les hêtres, les chênes et les sapins de nombreux points communs. Et que la vie dans les sous-bois n’est pas de tout repos : les arbres entretiennent avec le champignon et le pic épeiche des relations passionnelles, le chèvrefeuille des bois est un ennemi au pouvoir d’étranglement aussi redoutable qu’un boa constricteur et le sous-sol est habité par une faune microscopique fort utile mais effrayante.
Pas la moindre petite photo dans ce passionnant ouvrage de vulgarisation. Tant mieux : on a d’autant plus envie de gagner la forêt la plus proche pour aller vérifier si par temps sec le bois crie quand il a soif, tenter de percevoir à la nuit tombée les murmures générés par l’eau présente dans les troncs, ou chercher si sous nos latitudes poussent des arbres dits « ivres »... Des points communs avec l’homme donc mais aussi une différence majeure : les arbres vivent au moins quatre à cinq fois plus longtemps que nous. Un livre qui remet l’être humain à sa juste place ne peut pas être mauvais...

Sully (Clint Eastwood)

note: 5Force tranquille Natha - 15 juillet 2017

Dans ce film, Clint Eastwood rend hommage au commandant Sullenberger dit « Sully », responsable de l’amerrissage du 15 janvier 2009 de l’Airbus A320 dans l’Hudson, à New-York.
Tandis qu’il est célébré en héros par la population, une commission d’enquête est réunie pour décrypter ce choix tellement risqué.
Des scènes impressionnantes : l’avion proche des buildings, le point de vue du personnel de bord et des passagers, l’amerrissage sous des angles différents… associé à l’interprétation toute en humilité de Tom Hanks et d’Aaron Eckhart (son co-pilote) font de ce biopic une très grande réussite.
Tout le talent de Clint Eastwood une nouvelle fois démontré.

On est tous faits de molécules (Susin Nielsen)

note: 4Roman poignant et plein d'humour Smart - 12 juillet 2017

Ce récit à deux voix complétement discordantes est drôle et d’une grande finesse. Des sujets importants sont abordés : l’homosexualité, la précocité, la mort mais le ton invite à la réflexion plutôt qu’à la déprime. Un excellent moment de lecture en perspective !

In excelsis stereo (Gloria)

note: 4G-L-O-R-I-A G. Abitbol - 11 juillet 2017

Tout n'est pas parfait chez les françaises de Gloria (car même si des hommes font aussi partie de ce groupe rassemblé un peu par hasard dans un manoir breton pour célébrer l'amour de la pop 60's, on privilégiera, une fois n'est pas coutume, le genre féminin). Un disque comme "in excelsis stereo", brille ainsi davantage par sa fraicheur rétro que par son originalité, usant un peu tous les poncifs du genre, à grands renforts de guitares fuzz et de trille psychédélique. Mais le trio vocal sait bougrement y faire. Là où des girls groups aussi sympathiques que Vivian Girls ou Habibi ne quittent pas le pré carré d'une pop garage mélancolique, Gloria ose s'affranchir de l'étiquette "indie" pour des morceaux comme "In the mornoing", jolie ballade à la Simon & Garfunkel. Et puis, au détour d’un morceau, on entrevoit parfois une formule magique rare : la simplicité et l’efficacité des productions emblématiques de Phil Spector. Un disque qui séduit et qui surprend par son double niveau de lecture : l'écoute distraite, accès sur la mélodie, comme une écoute plus détaillée, dans laquelle on y trouve de nombreux détails croustillants.

Alors, Alfred ? (Clotilde Bernos)

note: 4Roman junior Smart - 7 juillet 2017

Alfred est un petit garçon rêveur… « toujours à côté du réel, inadapté » d’après sa grand-mère.
Ce roman décrypte les mécanismes qui enferment les membres d’une famille dans des rôles prédéfinis.
« Alors, Alfred ? » aborde le problème de l’influence exercée par une grand-mère intrusive.
La prise de conscience d’Alfred, son ouverture à une autre culture avec des principes éducatifs différents vont l’aider à s’affirmer et à se libérer de l’emprise de cette grand-mère étouffante.
Un bon roman d’apprentissage, bien écrit.

Sons of love (Thomas de Pourquery)

note: 5The genius of De Pourq G. Abitbol - 7 juillet 2017

Voila un jazzman libre comme l'air et osant tout, du projet débridé - déjà au côté du sextet stellaire "Supersonic" - comme "Plays Sun Ra" ("meilleur album" aux Victoires du jazz 2014), à l’album "Broadways" où le voila pousser la chansonnette dans le rôle du crooner habité... Il faut dire que Thomas de Pourquery n'a jamais caché son amour du rock et cette envie de ne pas s'enfermer dans une case, et cela dès son projet DPZ. Le voila donc de retour avec "Sons of love", un album solaire, incandescent même : on y retrouve sous le vernis du jazz de la musique progressive, des racines blues ("Get the money back"), quelques effets électro, un versant pop en résumé au sens premier du mot : populaire, donc accessible. En résulte un jazz formidable, débordant de proposition et d'enthousiasme, réalisé avec brio. BRAVO !

Moderne (Les Jambons)

note: 4Les frères couenne G. Abitbol - 30 juin 2017

Deuxième des trois albums produits par Les Jambons, défunt groupe nantais, "Moderne", sorti en 2000, n'a pas pris une ride. Ça n'est guère étonnant : à l'instar des groupes de chansons roublards et 3e degré auxquels ils font penser immédiatement (Les VRP, Nonnes Troppo, Les Malpolis... voire Odeurs), le style musical est dépouillé, ça swingue... et les textes sont suffisamment bien écrits pour être intemporels. De "Madame Robert", clin d’œil à Nino Ferrer, au "Petit clown ridicule" (qui n'a pas pris une ride non plus, tout juste quelques kilos), voici douze morceaux qui mettent de bonne humeur.

Le Boulevard périphérique (Henry Bauchau)

note: 5 JFP - 28 juin 2017

La varappe et un certain goût du risque, voilà ce qui fut à l’origine de l’amitié liant le narrateur à Stéphane. Une amitié que la guerre va malmener et qui trouvera un prolongement post-mortem avec les confidences que le narrateur reçoit du SS qui fit exécuter son ami et qui éclairent d’un jour nouveau la nature de leur relation. « Le boulevard périphérique » a beau être cerné par la mort et le manque qu’elle crée, il n’est en rien mortifère. La présence de la foi, même discrète, y est peut-être pour quelque chose. Le pouvoir d’imagination du narrateur aussi. « C’est le monde imaginaire qui a mis en mouvement ma vie », confie-t-il. Et de la plus belle des manières, ce monde imaginaire lui fera soustraire l’ami disparu à l’emprise de son bourreau. Ce texte fait de récits de rêves, riche en symboles et en métaphores, est l’œuvre d’un psychanalyste sensible aux paysages, aux phénomènes météorologiques, à la lumière. Le fond, la forme, tout est très beau dans ce livre sur ce type de rencontre qui marque une vie entière, irradiant encore longtemps après qu’elle ait eu lieu.

...En Chine (Sascha Hommer)

note: 4Chronique de Chengdu G. Abitbol - 24 juin 2017

Vous avez aimé "Shenzhen" de Guy Delisle ? Sascha Hommer, bédéaste allemand dont voici la 4e BD traduite en français, vous propose, plus de 10 ans après, de découvrir Chengdu, mégalopole chinoise de la province du Sichuan. Avec un parti pris graphique différent, notamment cette façon de représenter les personnages avec des visages "non humains" ou ce personnage principal affublé en permanence d'un masque, c'est un récit très personnel que livre l'auteur, dépassant largement le simple compte rendu de voyage. En témoigne les entractes narratifs récurrents comme cet extrait de "La cité des chats" de Lao She (1932), qui vient rajouter un peu de mystère au tableau déjà brumeux de pollution de la vie quotidienne de nos héros expatriés. Au final, un récit fort plaisant à lire, qui parlera certainement aux personnes ayant déjà voyagé en Chine, et qui donne envie de découvrir le reste de la bibliographie de son auteur.

Dans les branches (Emmanuelle Maisonneuve)

note: 4Roman initiatique Smart - 20 juin 2017

Il y a des livres qui vous paraissent anodins. Vous tombez dessus un peu par hasard.
Vous tournez les premières pages un peu par inadvertance, et puis, tout à coup, sans vraiment savoir pourquoi, vous vous rendez compte qu’il vous est impossible de poser le livre. C’est ce qui m’est arrivé avec "Dans les branches". Ce très beau roman initiatique emmène le lecteur au cœur de la forêt d’Auvergne et nous fait partager une rencontre extraordinaire. Deux personnages que tout oppose se rencontrent, hésitants, parfois maladroits, se découvrent et finissent par tisser un lien indéfectible.
C’est donc l’histoire d’une relation improbable, de vies chamboulées et de beaucoup, beaucoup d’espoir. Une très belle découverte !

Les grandes artères (Louis-Jean Cormier)

note: 5 JFP - 13 juin 2017

Dans « Les grandes artères », les gens dérapent, les gens trébuchent, ils sombrent, ils fuient, ils se séparent. Mais pas seulement : dans « Les grandes artères » aussi, des mains se tendent, des ponts se créent : entre le sans-abri et l’automobiliste pressé, entre l’amant repentant et sa belle évaporée, entre le proche secourable et l’ami qui tombe. Les relations humaines, aussi imparfaites soient-elles, sont le moteur des chansons du québécois Louis-Jean Cormier dont le sens du collectif éclate dans « La fanfare », hymne tonifiant à la combativité. Passant de la folk à des sonorités plus psychédéliques, l’album, qui fait la part belle au banjo et aux cuivres, est sans aucun temps mort, sans la moindre faiblesse. Il se montre renversant jusque dans ses tout derniers titres parmi lesquels « Deux saisons trois quarts » où, l’air de rien, le temps d’une escapade à deux, tout est dit du désir de liens qui jamais ne se déferaient.

Greatest hits (Einstürzende Neubauten)

note: 4Silence is sexy G. Abitbol - 10 juin 2017

Originaire de Berlin-Ouest et formé en 1980, Einstürzende Neubauten, littéralement "les nouveaux immeubles s'écroulant", est un groupe dont la proposition artistique s'est profondément adoucie avec le temps. S'inscrivant initialement au sein du courant de la musique industrielle, leurs performances radicales voient l'utilisation d'outils de chantier (masses, perceuses...), de matériaux divers (plaques de métal, tubes en verre...) en vue de la création d'une musique post-moderne, arty et politique. Gardant des éléments bruitistes, le style musical va évoluer à la fin des années 1980 vers un rock sophistiqué avec une couleur musicale propre, utilisant des éléments nouveaux comme le silence, le souffle, et les textes du chanteur dandy Blixa Bargeld (également guitariste pour les Bad Seeds de Nick Cave). Le groupe demeure cependant suffisamment "unique" pour se voir programmer dans des festivals aussi divers que Villette Sonique ou le festival jazz de Gand... Compilation de la période "calme" du groupe (1989-2014), ces 15 morceaux raffinés prouveront aux plus sceptiques que songwriting et expérimentation peuvent aussi former un mariage réussi.

It's snowing on my piano (Bugge Wesseltoft)

note: 3Piano solo G. Abitbol - 7 juin 2017

Premier album du pianiste norvégien, sorti en 1997, "It's snowing on my piano" est un album solo, qui se présente ici dans une édition agrémentée d'un DVD captant le musicien en 2005 entouré par ses comparses Nils Landgren, Lars Danielsson ou Ulf Wakenius. Une bonne opportunité de découvrir les différentes facettes du jazzmen. C'est aussi, en ce qui concerne l'album proprement dit, un Bugge Wesseltoft peut être moins connu des amateurs l'ayant découvert avec ses expérimentations électroniques (c'est un des fers de lance du courant "nu jazz"). Voici un album reposé, tout en délicatesse, à la frontière du jazz et de la musique classique. On pense irrémédiablement à Erik Satie. Un joli moment d'écoute en perspective.

English tapas (Sleaford Mods)

note: 3Cockney Rejects G. Abitbol - 2 juin 2017

Envie d'une belle tranche de vie grisâtre de nos amis britanniques ? Ces "tapas anglais" devraient faire l'affaire. Le duo de Nottingham (ville à qui l'on doit Robin des Bois ou Jake Bugg, deux profils de gendre idéal somme toute), est particulièrement prolixe avec près de 10 albums en une dizaine d'années, sur un mode opératoire bien rôdé. Au menu, un tempo minimaliste aux relents punk (basse/batterie) et des textes incisifs déclamés par l'accent cockney à couper au couteau de Jason Williamson, quelque part entre l'arrogance de John Lydon et la nonchalance débonnaire et rigolarde de Baxter Dury. Le hip-hop anglais n'avait pas du nous livrer un combo aussi immersif depuis The Streets. A écouter de préférence au pub, devant un match de Premier League.

La musique de l'Antiquité

note: 5Le chant des ruines G. Abitbol - 2 juin 2017

A quoi pouvait bien ressembler la musique, avant l'invention de l'enregistrement sonore ? Une production discographique (de plus en plus pointue), allant de la période médiévale au début du XXe siècle a déjà répondu à cette question importante pour bien des mélomanes ; on ne peut en dire autant sur la musique antique. Ce disque, qui est le fruit d'une collaboration scientifique et musicale de longue haleine (adaptation des textes et fragments à disposition, travail de reconstitution des instruments par des facteurs passionnés) permet de s'imprégner d'un univers sonore à jamais disparu. Depuis la musique de la Grèce antique (500 ans av. J-C) jusqu'aux sublimes interprétations de musique sacrée byzantine et melchite de Sœur Marie Keyrouz, voici un voyage au berceau des civilisations : au coeur d'une musique originelle et séminale.

Garoche ! (Arbadétorne)

note: 4Dealer de mogettes G. Abitbol - 2 juin 2017

Moins connu que son voisin breton, le patrimoine musical et folklorique vendéen est lui aussi d'une grande richesse. Présenté ici au travers de rondes, branles et autres valses, d'influences celtiques mais aussi profondément Saintongaises (les Charentes actuelles), ce sont l'accordéon, le violon, les vents, la guitare et les chants qui en restituent tout son relief. Arbadétorne, le groupe traditionnel vendéen le plus renommé, vous donnera des envies de balade dans l'Ouest, du Bocage à Noirmoutier, à la (re)découverte de cette région merveilleuse.

OST (Rémi Lopez)

note: 4End credits G. Abitbol - 31 mai 2017

Les jeux vidéo sont toujours considérés par une écrasante majorité comme une pratique au mieux régressive (et de facto, enfantine), au pire débilitante (pour rappel, 7% des français considèrent ce domaine comme "culturel" selon une enquête ministérielle de 2016, se positionnant derrière "surfer sur internet" (15%) ou "aller à la pêche" (13%)...). Alors la musique de jeux vidéo, qu'en dire, qu'en faire ? Et pourtant. Cette musique est une véritable madeleine de Proust générationnelle. Certains frissonnent encore à la musique de Megaman 2 ou Streets of Rage (évoqués dans le livre). D'autres se revoient combattre la Shinra de Final Fantasy 7 en quelques notes de piano de Nobuo Uematsu... Aussi ancrés dans les mémoires que peuvent l'être des jingles publicitaires, ces musiques sont capables de faire renaitre immédiatement une époque, des sensations, alors même que les compositeurs se sont confrontés aux limites techniques des consoles et de leur palette restreinte de sons. C'est là que réside tout le génie de ces musiciens, excellant dans l'écriture mélodique, utilisant toute leur créativité pour écrire des thèmes emblématiques. Aujourd'hui, certains de ces compositeurs remplissent les salles de concerts, parfois accompagnés par des orchestres symphoniques. Des auteurs reconnus s'essayent de leur côté à l'écriture pour ce support (de Hans Zimmer à Amon Tobin). Preuve de la vivacité d'un univers à la richesse insoupçonnée.

Laudes (Denis Raisin Dadre)

note: 5De l'Orient à l'Occident G. Abitbol - 31 mai 2017

Après avoir exploré la musique religieuse chrétienne de la Renaissance, l'ensemble Doulce Mémoire, dirigé par Denis Raisin Dadre, poursuit ses recherches en s'intéressant sur ce disque aux liens unissant les confréries musulmanes et chrétiennes. Ils s'accompagnent pour l'occasion de Taghi Akhbari et Nader Aghakhani, respectivement au chant persan et au târ (petit luth perse). En résulte ce disque délicat, où l'on célèbre les "laudes" (louanges). Des chants dévots certes de traditions différentes, mais d’une finesse exquise.

Musique pas bête (Nicolas Lafitte)

note: 4 G. Abitbol - 31 mai 2017

Compilant 44 questions "pas si bêtes" posées par de jeunes auditeurs lors de l'émission de France Musique "Klassiko dingo", cet ouvrage richement illustré a le mérite de répondre de manière légère à des interrogations cruciales comme "Pourquoi les chanteurs lyriques chantent bizarrement", "Pourquoi fait-on de la flûte à bec à l'école" ou encore "Peut-on jouer de la musique de chambre dans sa salle de bains". Et mine de rien, la somme d'anecdote compilée par le très pédagogue Nicolas Lafitte a le mérite de nous apprendre bien des choses sans même que l'on s'en rende compte. Bravissimo !

Jan (Claudine Desmarteau)

note: 4Jan Smart - 24 mai 2017

Claudine Desmarteau bouscule la langue et la syntaxe. Elle oscille entre tendresse et violence.
Son héroïne, Jan est une gamine rageuse, révoltée et attachante. Au bout du compte, Jan parvient jusqu'à la mer, comme dans "Les 400 Coups" qu'elle a vu en cours de français et dont elle se repasse en boucle les images. Truffaut s'en est bien sorti. Pourquoi pas elle ?
« Jan » est une lecture incroyable au rythme effréné. C’est un roman aussi coriace et libre que son héroïne.

La fille du train (Paula Hawkins)

note: 4Desperate housewives FB - 20 mai 2017

note: 4Desperate housewives FB - 30 avril 2016Supprimer

Voilà un premier roman qui aiguise l'appétit des mots provoquant une farouche envie de percer le mystère de trois jeunes femmes installées en banlieue proche de Londres.
Un thriller palpitant !!

L'enfant des livres (Oliver Jeffers)

note: 4Un instant de poésie FB - 20 mai 2017

Un album éminemment poétique tant par le choix d'une illustration qui tisse les mots entre eux qu'un texte véritable hymne à l'amour de la littérature. Pour les enfants qui lisent déjà et pour les adultes amoureux des lettres.

Arrête avec tes mensonges (Philippe Besson)

note: 3Autobiographie FB - 20 mai 2017

Ce récit autobiographique découvre l'auteur, Philippe Besson, dans l'appréhension de son homosexualité à l'âge adolescent. Une écriture du sentiment toujours sensible et précise, ici, parfois crue pour une ode à être pleinement soi.

Y a pas de héros dans ma famille ! (Jo Witek)

note: 5Histoire de famille Smart - 19 mai 2017

Ce roman est totalement envoûtant. D’abord, l’écriture est d’une extrême justesse. Jo Witek a su trouver les mots pour retranscrire avec un grand réalisme le contexte familial de Maurice.
L’auteur décortique la société avec humour et finesse à travers le regard d'un enfant.
C'est vivant, drôle et rythmé, les dialogues claquent sans langue de bois, les interactions fonctionnent comme une mécanique bien huilée et rien ne sonne faux. Un texte positif et plein d'humanité, à lire sans hèsiter !

Obéir ? Se révolter ? (Valérie Gérard)

note: 4 JFP - 12 mai 2017

Pourquoi obéir ? Qu’est-ce que l’autorité ? Juger par soi-même est-il compatible avec l’obéissance ? A toutes ces interrogations, n’attendez de ce livre aucune réponse toute faite, son objectif n’étant pas de dispenser des règles de conduite mais d’aider à mieux discerner les problèmes, à mieux comprendre les choses. Les pages consacrées à l’obéissance entre adultes sont particulièrement éclairantes : elles distinguent nettement ce qui, dans ce type de relations, relève de la contrainte, de l’autorité, du consentement. On en retiendra deux citations qui donnent vraiment matière à réflexion. Celle d’Emmanuel Kant qui fustige ceux qui, par confort, pour « fuir la réflexion et l’incertitude du doute », choisissent de renoncer à leur propre jugement et de s’en remettre à des maîtres. Et celle de Thomas Jefferson pour qui les révoltes, parce qu’elles rendent visibles les injustices et les abus de pouvoir, sont « un remède nécessaire à la bonne santé du gouvernement ».
Publié par Gallimard-Jeunesse dans la collection « Chouette penser ! », ce livre est recommandé à partir du collège.

Chat sauvage en chute libre (Mudrooroo)

note: 3Retour au bush G. Abitbol - 9 mai 2017

Premier roman de l'auteur, publié en 1965 alors qu'il n'a que 27 ans, et premier roman aborigène officiel, bien que ce titre soit désormais remis en question suite à une sombre affaire liée aux origines exactes de l'auteur. Ce "Chat sauvage en chute libre" est un aller-retour narratif constant, entre le présent et le passé, l'effort et la renonciation. Jeune aborigène dont l'identité reste dissimulée au lecteur, le personnage principal de ce roman désenchanté se cherche une place dans une société australienne alors en proie à une politique d'assimilation dont il subit de plein fouet les dommages collatéraux : à un âge où l'on refuse de rentrer dans une case, il lui faut pourtant choisir : s'intégrer (et renier sa culture) ou s'isoler (des autres, heureux et pleins d'avenir ; de la société, quitte à finir en prison). C'est au final l'indifférence générale qui prédomine pour ce jeune homme, incapable de supporter plus longtemps les frasques immatures de ses copains "bodgies" (les blousons noirs locaux) ou les Blancs à la jeunesse dorée et inconsciente. Perdu entre deux univers qu'il rejette, entre deux cultures dont il se sent étranger, seule la fuite semble lui tendre les bras. Celle du retour vers la prison, dont le chapitrage du roman laisse présager qu'elle est inéluctable, le dehors et "l'en-dehors" n'étant qu'une parenthèse vouée à l'échec. Celle du retour au bush et à sa quête existentialiste, pendant aborigène fort au "Godot" de Samuel Beckett.

La maison atlantique (Philippe Besson)

note: 4Cet été là... Natha - 9 mai 2017

Plutôt que de suivre ses copains, un ado accepte de partir dans la maison de vacances familiale avec son père, dans l’espoir de renouer des liens. Ce père, avec lequel les rapports ont toujours été un peu distants, est un séducteur de nature…
Un jeune couple, installé dans la maison voisine, viendra faire les présentations.
Un roman aux chapitres courts qui se lit avec une grande facilité. On est tenu en haleine jusqu’au bout.

Recettes à petit prix (Marie-Laure Tombini)

note: 4Simple et facile Natha - 9 mai 2017

En plus de contenir des recettes peu coûteuses, elles sont aussi très simples à réaliser ! Ce qui en fait un livre vraiment très accessible, dans tous les sens du terme...

Moi, Daniel Blake (Ken Loach)

note: 4Ken Park G. Abitbol - 5 mai 2017

Les films de Ken Loach ne sont pas réputés pour être des feel-good movies, le fort engagement social du réalisateur prenant systématiquement le pas sur un humour pourtant bien présent dans chacune de ses créations. Cette cuvée 2016, qui vaut au britannique sa 2e Palme d'or (après "Le vent se lève" en 2006) ne déroge bien sûr pas à la règle et va peut-être encore plus loin dans la critique d'un système déshumanisé et abscons, laissant sur son passage ceux qui n'arrivent plus à suivre, comme un rouleau compresseur inarrêtable. Personne à sauver dans cet univers où l'entraide devient contreproductive (voir la scène à la bibliothèque, éloquente) et les aléas de la vie des éléments "éliminatoires" d'un jeu que l'on ne peut gagner. Quiconque aura vu le documentaire "Pôle emploi ne quittez pas" y verra une analogie mettant relativement mal à l'aise... Face à ce bloc administratif compact et hostile, reste la solidarité, prétexte pour le réalisateur à de beaux moments entre des acteurs d'une grande justesse. Du Loach sans surprise, mais désormais au sommet de son art.

Gros mensonges (Clothilde Delacroix)

note: 4Album pour les petits Smart - 4 mai 2017

Un petit album vraiment très drôle qui dédramatise le mensonge. La chute est pleine de tendresse et on fait un "ouf" de soulagement à l'aveu final.

La nature exposée (Erri De Luca)

note: 3 JFP - 29 avril 2017

Il y eut donc une époque où les peintures et les sculptures représentant la crucifixion se conformaient à la réalité et montraient Jésus tel qu’il fut vraiment sur la croix, c’est-à-dire tout nu. La position de l’Eglise sur la représentation du corps du Christ n’a pas toujours été la même et ce n’est pas le moindre atout de ce roman que de le révéler aux profanes. Mais davantage que le sujet sculpté, c’est le personnage du sculpteur qui captive. Les émotions qu’il éprouve au contact d’œuvres d'art deviennent les nôtres et l’on se convainc à ses côtés que la notion de sacré n'est pas l'apanage des croyants. Riche de ses lectures, de sa curiosité, de son engagement désintéressé, sa vie semble avoir atteint un parfait point d’équilibre entre, d’un côté, le travail qu’il effectue sur la matière en artisan soucieux de réalisme et, de l’autre, ses interrogations d’athée volontiers à l’écoute de ceux qui ont la foi. On le quitte à regret, avec le sentiment d’avoir eu le privilège de cheminer auprès d’un homme pleinement accompli.

Le monde dans la main (Mikaël Ollivier)

note: 4Roman d'initiation Smart - 19 avril 2017

Ce roman raconte le passage brutal du monde de l'enfance à celui des adultes. Pierre découvre soudain que sa famille est bien moins lisse qu'il n'y parait. Tous les adultes qui l'entourent cachent des secrets, des fêlures inavouées.
« Le monde dans la main » a cela d’exaltant qu’il plonge son lecteur dans un récit intimiste dont il ne sort qu’une fois la dernière page tournée.
L’écriture de Mikaël Ollivier est fluide et savoureuse.
Un grand roman d’apprentissage à mettre dans les mains de tous les ados et adultes.

La grande môme (Jérôme Leroy)

note: 3Roman ado et + Smart - 19 avril 2017

Librement inspirée de l'histoire d'Hélène Castel, ex d'Action directe, La Grande Môme s'intéresse aux affres d'une jeune fille embarquée dans une aventure trop grande pour elle. Ballottée toute son enfance d'une ville à l'autre, sous un faux nom, Emilie découvre dans des conditions dramatiques sa véritable identité et le visage d'une mère aussi proche que brusquement étrangère. Avec un beau talent d'équilibriste, Jérôme Leroy réussit un roman aussi violent que tendre. Profondément humain.

L'année de Clarisse
Une poésie pour demain (Hubert Ben Kemoun)

note: 4Roman 1ère lecture Smart - 19 avril 2017

Après « L'année de Jules », Hubert Ben Kemoun continue son exploration de la vie scolaire avec Clarisse, l'amoureuse de Jules.

Il garde les mêmes ingrédients et propose des histoires très accessibles.
Des romans qui plairont aux enfants dès 7 ans.

Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle (Hervé Giraud)

note: 4Roman à ne pas manquer Smart - 18 avril 2017

Le livre n’est pas épais, les phrases sont courtes souvent orales, et pourtant la valeur émotionnelle de ce roman tragique est énorme. Le traitement que fait Hervé Giraud de la maladie est fin, poétique et symbolique. La force de cet auteur est son ton drôle et décalé. A lire absolument !

Rencontrer Looloo (Chocolat)

note: 4L'infâme Chocolat G. Abitbol - 14 avril 2017

Gare aux fausses pistes ! A croire en effet que les québécois prennent un malin plaisir à vouloir emmener l'auditeur là où il ne l'attend pas, pour mieux le surprendre et l'étonner. A commencer par la pochette, qui si on la regarde à la dérobée tire plus sur le cartoon façon Beavis and Butthead que vers l'épopée cosmique à la Gérard Manset - dont nous ne sommes pourtant pas loin. Musicalement, il y a bien quelques morceaux de bravoure, à l'instar des titres hard psyché "Looloo" et "Retrouver Looloo" (Looloo ?? Oui, c'est moi. Mais, c'est qui ce "Looloo" ? Et bien, selon les musiciens, c'est "ce demi-dieu issu des poussières galactiques, cet exalté vibrant au rythme d’une épiphanie sertie de bouteilles de Cherry Coke et de pretzels. Sa tête de guitare électrique chante l’avènement d’un nouveau Golden Age strident de distorsion, d’une fuite inéluctable vers les confins de l’univers pour renouer avec ceux qui nous donnèrent l’intelligence et le hard rock". Hum.) On retiendra surtout les accents jazz et prog rock 70's des morceaux ouvrant ce 3e album : "On est meilleurs que R.E.M" (héhé), et "Ah ouin". Une grosse demi-heure d'un Chocolat show diablement rafraichissant.

Le matin du pélican (Eskelina)

note: 4skol ofenstrü G. Abitbol - 11 avril 2017

Il y a de fortes chances que vous vous demandiez à l'écoute de cet album, d'où peut bien venir cette pointe d'accent que l'on entend chez Eskelina. Du sud-ouest, façon Olivia Ruiz? Quoique ces intonations ont un côté québécois, comme chez Ariane Moffatt... Ne cherchez plus : il fallait reconnaitre la Suède, d'où la chanteuse s'est expatriée il y a dix ans. Des aventures relatées dans le texte "La valise rose", écrit par Florent Vintrigner (La Rue Kétanou) et composé par Christophe Bastien (Debout sur le zinc), qui signent par ailleurs toutes les chansons de ce premier album. En résulte un style de chanson léger, délicat mais pas nunuche ("Femme Fleury" ou le taquin "Les hommes à poil") et un bien joli brin de voix, récompensé par les prix du jury et du public Moustaki 2016. Prouvant que les suédois ne font pas que (partie) des meubles.

Le plongeur (Stéphane Larue)

note: 4Addict Ophélie - 6 avril 2017

Avec ce roman, nous plongeons dans les cuisines de la restauration, dans l'addiction au jeu, dans l'hiver montréalais des années 2000.

Stéphane Larue a le sens de la description surtout lorsqu'il nous entraîne dans les coulisses des cuisines, le bruit des casseroles, le brouhaha de la salle, les insultes qui fusent, résonnent aux oreilles. C'est un milieu peu habituel en littérature et il y dépeint avec justesse les amitiés, les liens qui se nouent et se dénouent au fil des jours, des rushs, des tensions. Comme une famille dysfonctionnelle où chaque maillon est essentiel au bon déroulement du shift.

L'auteur nous entraîne également dans le milieu du jeu et de son addiction. Là encore, c'est un thème peu abordé en littérature. Et, une fois de plus, il décrit très bien le déni, le manque, l'adrénaline quand le narrateur se retrouve devant une machine et cette sensation d'être un minable grisé par le jeu qui vient de tout perdre. L'éloignement et la perte de ses amis. Le pilier qu'est la famille, ce point de repère qui reste malgré les errements, malgré la souffrance, l'impression d'être pris dans une spirale infernale.

Un roman très fourni, fourmillant de gens, de nuits montréalaises, d'expressions québécoises, de références musicales métal et littéraires de science-fiction. A lire pour redécouvrir les charmes de la langue française québécoise, avec un dictionnaire pour qui n'est pas habitué !

Le poids de la neige (Christian Guay-Poliquin)

note: 5Une ode à la nature Ophélie - 4 avril 2017

Du narrateur, on ne saura guère plus qu’il a été accidenté alors qu’il se rendait dans son village natal pour rendre visite à son père mourant. Il a été secouru in extremis mais sa survie n’est pas assurée. Il dépend du bon vouloir de son hôte, otage de la situation, et des habitants du village. Un huis clos oppressant, terriblement bien mené dans de courts chapitres qui laissent monter et descendre la tension au gré des évènements du village et du poids de la neige.
Une très belle surprise littéraire qui nous vient du Québec. A découvrir absolument !

Un jour il m'arrivera un truc extraordinaire (Gilles Abier)

note: 3La vie d'Elias Natha - 31 mars 2017

Gilles Abier nous raconte l’histoire d'Elias, un ado chétif de 13 ans, dont la vie en cette période, n’est pas de tout repos.
Ses deux meilleurs amis, Mathilde et Milo, tombent amoureux l’un de l’autre, il rencontre son nouveau beau-père, son propre père a une grande annonce à lui faire et deux garçons du collège ne pensent qu’à lui mettre une beigne.
Elias, bien que frêle physiquement, surmonte avec maturité ces épreuves. Pourtant, au fond de lui, quelque chose cloche. Il sent qu’il se métamorphose tout doucement en oiseau…
Roman percutant. Conseillé aux ados à partir de 13 ans et à leurs mamans.

Triste Amérique (Michel Floquet)

note: 2Portrait sombre Ophélie - 21 mars 2017

Pourquoi titrer "Triste Amérique" alors que l’Amérique n’est pas juste les Etats-Unis ? Elle comprend également le Canada, sans parler de l’Amérique Centrale composée de 7 pays et l’Amérique du Sud de 12 pays.

Au-delà du titre et cette petite mise au point faite, c’est un documentaire sans concession sur les Etats-Unis. L’auteur, Michel Floquet a été correspondant pour TF1 et LCI à Washington pendant 5 ans, il a donc une expérience de ce grand pays. Les sujets abordés sont larges : de l’extermination des indiens, à l’esclavagisme et la ségrégation en passant par les problèmes de sécurité sociale, de prison, de pauvreté, d’armement etc… on comprend mieux comment cette nation est née et comment elle s’est construite et perdure. Néanmoins, il manque à cet ouvrage des références concrètes. Souvent, Michel Floquet s'appuie sur des faits divers pour étayer son propos mais sans jamais citer ses sources, ou les dates. Alors, lorsqu’il parle des fusillades à l’école ou des attentats du 11 septembre, cela est facile à vérifier mais quand il mentionne des faits divers "mineurs" (qui n'ont pas traversé l'Atlantique pour venir jusque nous) qui se sont déroulés dans des petites villes et qui sont dans les rubriques locales des journaux, cela est plus compliqué. C’est donc un livre à prendre avec des pincettes et à compléter par d’autres lectures sur le sujet.

Lorsque l’auteur conclut, en parlant du mandat de Trump, par : "Son meilleur atout, finalement, c’est l’état du pays. Il suffira peut-être de pas grand-chose pour transformer une aventure improbable en un mandat acceptable", cela laisse perplexe. A sa décharge, il a été achevé d’imprimé en novembre, après les résultats de l’élection.

La grande illusion (Kent)

note: 4 G. Abitbol - 17 mars 2017

Lors de son passage à la médiathèque de la Madeleine en décembre 2016, Kent expliquait qu'il lui était nécessaire, pour lui donner l'envie de créer de nouvelles compositions musicales, d'effectuer un véritable travail d'introspection, mais également de prise de distance sur la turbulente actualité... Un recul indispensable pour écrire et se renouveler, lui qui avec cet album, fête ses 40 ans de carrière (depuis 1977 et les premiers titres de Starshooter). Retour au format musical de la chanson pop donc pour cet opus, marqué par des textes forts ("Un revenant", sur les attentats du 13 novembre 2015) et des arrangements particulièrement élégants. Le sommet de l'album étant certainement ce formidable "Si c'était à refaire", qui s'inscrit dans la lignée du Thiéfaine "d'Alligator 427" ou du "Chien" de Ferré... Une réussite pour ce musicien discret, mais dont chaque nouvel album renforce son statut d'artiste incontournable de la scène francophone.

Aqua toffana (Anastasia)

note: 4 G. Abitbol - 17 mars 2017

Elle ne squatte pas les écrans télé, et on se demande bien pourquoi, car le niveau de cet album de la chanteuse Anastasia est relevé à tout point de vue. Portées par la voix chaude et gorgé de soul de la chanteuse, les compositions synthétisent le meilleur du groove et de la chanson française, avec une diction parfois slamée, toujours juste. Les arrangements ne sont pas en reste. Les paroles, fines et bien pensées, marquent la naissance d'une vraie plume, et confirment au passage tout le bien que l'on pensait de Batlik et Alexis HK, qui signent 4 textes. Une belle découverte que l'on a désormais envie de suivre de près !

The Night of
The night of (Steven Zaillian)

note: 4La nuit je mens G. Abitbol - 11 mars 2017

L'andouillette a son AAAAA, la série télévisée a HBO : deux acronymes qui assurent que l'on a de grandes chances de se faire plaisir et que la qualité va être au rendez-vous. Et après quelques petits échecs et la concurrence de plus en plus cinglante de Netflix et consorts, on peut dire que l'on a ici un vrai retour aux affaires du patron, dans la droite lignée des incontournables The Wire et Oz. En 8 épisodes, The night of est une révélation. Passionnant de bout en bout, filmé d'une manière percutante et très prenante, le programme bénéficie d'une prestation d'acteurs de haute volée, John Turturro en tête. Impossible d'en dire plus sur le scénario... Mais une série fortement recommandée !

La nuit du revolver (David Carr)

note: 3 JFP - 9 mars 2017

Dans « A la une du New York Times », film documentaire dont il est le protagoniste, David Carr apparaît comme un journaliste pugnace, sûr de lui, inspirant le respect autant à ses collègues reporters qu'à la jeune génération qui l'écoute avec déférence. En scrutant son passé de cocaïnomane, c’est un aspect moins reluisant qu'il révèle ici.
Vous redoutez une lecture sinistre, le pesant récit à la sauce américaine d'un born again ? Détrompez-vous. Même si, d'origine irlandaise, David Carr est un catholique pratiquant, il se réfère peu à la religion : c'est la seule naissance de ses jumelles qui fut le point de départ de sa désintoxication. Et si son histoire est violente et pathétique à bien des égards, son charisme, sa flamboyance et son humour, qui lui ont assuré toute sa vie le soutien de ses amis, collègues et parents, maintiennent tout au long de « La nuit du revolver » l'intérêt et l’empathie du lecteur. Réflexion sur la mémoire et la fabrication des souvenirs, son témoignage est aussi le récit d’un apprentissage commun à bien des êtres humains : celui qui consiste à dominer sa dualité, à ne plus compartimenter son existence, à faire cohabiter les différentes facettes de son identité et donc à se réconcilier avec soi.

Fitzcarraldo (Werner Herzog)

note: 5Le rêve d'un fou Natha - 3 mars 2017

C’est l’histoire d’un fou qui rêve de faire construire un opéra au cœur de l’Amazonie.
Pour gagner l’argent nécessaire à la réalisation de son projet dantesque, il doit d’abord investir dans la production de caoutchouc. Certaines plantations d’hévéa sont encore inaccessibles. Pour les atteindre, Fitzcarraldo projette de faire passer son bateau à vapeur au dessus d’une montagne…
C’est un film qui fascine autant qu’il angoisse. La bande-son entêtante sait ponctuellement faire de la place au silence pour nous captiver davantage.
Ne manquez pas de visionner le documentaire accompagnant le film. Vous découvrirez des anecdotes de tournage hallucinantes !
Pour rester dans le duo Herzog/Kinski, je vous recommande également «Aguirre, la colère de dieu», produit 10 ans avant Fitzcarraldo, avec des éléments scénaristiques similaires : Amazonie, indiens et rêve de richesse illusoire, ainsi que le documentaire «Ennemis intimes» évoquant la relation tumultueuse et passionnelle entre Klaus Kinski et Werner Herzog.
Bref, une belle soirée en perspective… ambiance «moiteur étouffante».

La loi de la jungle (Antonin Peretjatko)

note: 4OSS 973 G. Abitbol - 24 février 2017

Ah la Guyane… région à la nature luxuriante, aux chaleurs tropicales et au potentiel touristique sous-exploité. C'est pour remédier à ce problème que l'acteur Vincent Macaigne, dans son rôle de stagiaire au ministère de la Norme (sic) est envoyé sur place pour le projet Guyaneige, LA piste de ski sensée donner un coup de lasso à l'économie locale. Il y rencontrera la formidable et renversante Vimala Pons, qui sous ses atours de Belle Cabresse à la clope vissée au bec, va l'entrainer dans des aventures inénarrables. Film déconcertant mais complètement décomplexé, La loi de la jungle séduira autant qu'il déconcertera ses spectateurs. Quelque part entre le comique cartoonesque d'OSS 117, la raillerie administrativo-burlesque des films de Karl Zero et le rythme haletant des Dieux sont tombés sur la tête, il laissera en tête quelques scènes d'anthologie, portées par des acteurs généreux. Et une grande leçon de vie : quel que soit son chemin, pour sa propre survie, dans cette jungle moderne et touffue, il convient de l'emprunter à reculons...

What matters now (Ursus Minor)

note: 4L'appeau de l'Ours G. Abitbol - 22 février 2017

Sans étiquette, sans complexes, sans concession : la musique du collectif Ursus Minor est celle d'un engagement total, dans les textes (ZAD song en référence à Notre-Dame des Landes, La meilleure des polices qui aurait pu naitre sous la plume de Kery James), dans les choix musicaux où cohabitent étonnamment bien le groove du funk et du chant rappé, la puissance des guitares électriques, la finesse d'un air de clarinette furtif... Quatre parties auront été nécessaires pour articuler les morceaux de ce double album très dense, mais dont la grande liberté de ton est vraiment réjouissante. What matters now ? C'est ce qui importe !

The piper at the gates of dawn (Pink Floyd)

note: 5Pipeau acide (Barrett) G. Abitbol - 16 février 2017

Premier album et premier classique absolu du Floyd. Sorti en 1967 après quelques essais prometteurs (See Emily play, Arnold Layne), le groupe anglais, alors dominé complètement par la figure de Syd Barrett, produit une pop psychédélique sous haute influence des contes pour enfants et du LSD ("Bike"), Un album particulier dans leur discographie, le préféré des fans rebuté par le tournant stadium rock entamé avec les années Gilmour/Waters.

Grand Est (Denis Robert)

note: 5 JFP - 16 février 2017

Denis Robert n’a pas changé. Fidèle à ses convictions, il est resté à l’écoute des hommes et territoires délaissés et demeure soucieux de donner du sens aux événements, de relier drames sociaux et capitalisme mondialisé.
Ici, un père, son double de fiction, entame un périple avec son fils entre Forbach, Carling, Hayange et Petite-Rosselle, cités emblématiques de la Moselle, département ravagé par des décennies d’exploitation industrielle et par trop de promesses non tenues. Pollution, alcoolisme, implantation du FN : la balade est rude et le dessin de Franck Biancarelli, rugueux, saturé de bruns, de gris, de kaki, fuit volontairement tout effet de joliesse pour mieux rendre compte d'un réel dur. Ce n'est pas exactement un livre de combat, juste un témoignage s'ajoutant à d'autres (les romans de Thierry Hesse, François Bon, Gérard Mordillat). Vaine entreprise aux yeux de certains et Denis Robert lui-même est assez lucide pour savoir que témoigner ne suffit pas. Mais pour lui, se taire serait trahir, passer dans le camp des morts, des résignés. Soit une inenvisageable éventualité.

Roule (Tatsuhide Matsuoka)

note: 5Et roule dans la maison Ophélie - 16 février 2017

Un petit livre cartonné au graphisme simple et épuré qui fonctionnera sur les plus petits comme sur les plus grands ! De grandes séances de rigolade et de roulades en perspective, faites de la place dans le salon.
Du même auteur et avec le même succès : Saute.

Songe à la douceur (Clémentine Beauvais)

note: 4Roman ado surprenant ! Smart - 8 février 2017

Clémentine Beauvais nous livre une histoire de vie et d'amour, pas d'eau de rose pour autant mais des sentiments forts et contradictoires. L'auteure s'est inspiré de « Eugène Onéguine », un roman d'Alexandre Pouchkine, un lecteur averti aura plaisir à décrypter les références implicites. Un lecteur moins averti se délectera tout autant des portraits drôles et touchants des personnages.
Roman original, déroutant, romantique et poétique.

Hors sol (Grèn Sémé)

note: 4Maloya du XXIe siècle G. Abitbol - 7 février 2017

En perpétuelle mutation, le maloya, genre musical phare de La Réunion, ne cesse de se renouveler et d'épater les oreilles des mélomanes en dehors de son île. Grèn Sémé, quintette de musiciens mené par le chanteur et auteur Carlo de Sacco, en propose une version moderne et enthousiasmante. Porté par les percussions traditionnelles et les mélodies du synthétiseur, les textes poétiques et bien ficelés rappellent le meilleur de la chanson francophone - voire du slam, tandis que les instruments se laissent divaguer jusqu'à des territoires habituellement habités par le jazz ou le free rock (un album qui ne doit pas déplaire à Serge Teyssot-Gay...). Une excellente porte d'entrée vers la musique créole.

Les Wang contre le monde entier (Jade Chang)

note: 2 G. Abitbol - 3 février 2017

Un nouveau « Little miss sunshine » peut-on lire en 4e de couverture… un avis élogieux des critiques américains qui laisse, à la lecture de ce premier roman de Jade Chang, un brin perplexe. Car là où le film de Dayton et Faris brillait par son équilibre parfait entre humour, émotion et brin de folie, ce galop d'essai littéraire, en visant le même exercice de funambule, se ramasse lourdement. Pourtant, la trame est prometteuse : ruinée par des calculs financiers désastreux, une riche famille d'immigrée taiwainaise se voit contrainte d'embarquer de force dans le train remuant de l'American way of life et se confronter à son identité profonde au passage. Il y avait donc matière à la mise en place de situations rocambolesques, de personnages déjantés… Et bien non ! On ne s'attachera jamais à cette famille, aux cinq personnalités bien différentes, ni à leurs aventures. Hésitant constamment entre la fresque familiale, la littérature de road-trip et la chick lit, Jade Chang finit par proposer une tambouille tiède et sans aucun relief. le lecteur, lui, s'ennuie profondément, notamment pendant ces deux cent premières pages où il ne se passe… strictement rien. C'est tout le danger d'un roman « d'ambiance » où l'atmosphère prime sur les situations : il faut réussir alors à accrocher le spectateur par le style, et c'est bien ce qui manque cruellement à ce livre. Au mieux inoffensive, l'écriture s'enfonce parfois dans des dialogues d'une mièvrerie sidérante que l'on croirait tout droit sortie d'un épisode d'Hélène et les garçons… Au final, le lecteur patient aura hâte d'arriver au bout de ce trop long roman et une fois celui-ci définitivement fermé, l'oubliera sans doute bien vite.

L'adieu au corps (David Le Breton)

note: 3 JFP - 28 janvier 2017

« Limitless », la série qu’M6 diffuse en ce moment, met en scène un héros aux performances physiques et cérébrales démultipliées par la prise d’une pilule miraculeuse. L’occasion de lire les travaux du sociologue David Le Breton sur les relations que notre société entretient avec le corps, terrain d’expérimentations en tous genres. Pour certains, le corps est un support à modeler selon son désir (bodybuilding, tatouage, piercing), un matériau sur lequel agir pour réguler ses émotions (usage de psychotropes). Pour d’autres, parce qu’il est putrescible et imparfait, le corps est une sorte d’ennemi à abattre, dont idéalement il faudrait pouvoir se passer (intéressez-vous à l’exogenèse, elle pose bien des questions). Si tous les faits et cas exposés sont analysés avec objectivité, on sent clairement chez Le Breton une opposition aux techniques de procréation s’apparentant à de l’eugénisme, à une vision déresponsabilisante d’une nature génétiquement déterminée (qui justifie les inégalités) ou à l’appropriation par quelques compagnies privées de certains gènes, via brevets.
En bref, oui, le corps a des limites avec lesquelles il faut composer et non, le transhumanisme n’a pas que de fervents supporters. « L’adieu au corps » demeure en tout cas un outil utile à la réflexion sur la bioéthique, champ à ne pas laisser entre les mains des seuls scientifiques.

The last guardian (Fumito Ueda)

note: 3Trico, assis ! G. Abitbol - 25 janvier 2017

Perdu dans un univers en ruine, un enfant d’une civilisation mystérieuse se retrouve contraint de partager son chemin avec une créature sauvage pour réussir à s’échapper et retrouver les siens… Arlésienne du jeu vidéo, puisque annoncé dès 2009 pour une sortie sur la PS3, le dernier jeu du concepteur Fumito Ueda (Ico, Shadow of the colossus) était attendu de pied ferme par les gamers du monde entier. The last guardian recueille pourtant des avis un brin mitigés : certains y voient un chef d’œuvre onirique comme seul le japonais est capable d’en sortir, tandis que d’autres pointeront les défauts principaux du jeu, à savoir des graphismes datés et un problème de caméra récurrent (résultat dun gameplay en vue objective). Le mieux est encore de se faire son propre avis… On est clairement subjugué par la relation qui va se développer entre le petit garçon et Trico, animal fabuleux aussi mignon que têtu (la transcription très réussie d’un comportement « animal » : on jurerait avoir affaire au chat de la maison…), mais aussi passablement agacé de devoir recommencer 10 fois la même action, faute d’une jouabilité exemplaire. Reste un univers unique, à parcourir entre 12 et 15 heures pour en voir le bout (une soluce pouvant éviter le coup de sang à deux ou trois endroits).

Mes amis (Emmanuel Bove)

note: 5Avoir un bon copain G. Abitbol - 24 janvier 2017

Le premier roman d'Emmanuel Bove, paru en 1924, n'a étonnamment pas pris une ride, et conserve une force exceptionnelle. A quoi peut-on attribuer ce tour de force ? A une écriture minimaliste mais néanmoins féroce de précision et de retenue, qui en dit bien plus par ses silences que par de long discours ? A l'histoire intemporelle d'un homme empreint d'une grande solitude, qui en ne cherchant que des "amis" tente d'échapper à sa propre folie narcissique ? Bove, derrière de fausses banalités, laissera quelques savoureux aphorismes à ses lecteurs et un étrange sentiment d'étourdissement : "J’étais, dans cette maison d’ouvrier, le fou, qu’au fond, tous auraient voulu être. J’étais celui qui se privait de viande, de cinéma, de laine, pour être libre. J’étais celui qui, sans le vouloir, rappelait chaque jour aux gens leur condition misérable.".

Les p'tits signes (Monica Companys)

note: 4Une autre façon de communiquer Ophélie - 18 janvier 2017

Ah, si bébé pouvait parler au lieu de se mettre à hurler parce qu’il veut ENCORE un GÂTEAU !
Alors, non, ce livre ne va pas tout décoincer mais signer avec son enfant peut permettre de désamorcer certaines crises et comprendre des besoins simples et essentiels de l’enfant. Un enfant à plus de facilité à reproduire des gestes que des sons. Il faut de la patience, car il y a différentes phases : l’observation, la compréhension et l’imitation. Il faut un peu de temps avant que votre enfant se mette à signer. L’idéal, c’est un suivi avec la nounou ou la crèche. Si les signes sont répétés régulièrement, l’enfant apprendra plus rapidement.
Alors, communiquons autrement pour une meilleure compréhension !

Les aventures (Jimmy Beaulieu)

note: 3Blues des trentenaires ? Un antidote JFP - 12 janvier 2017

Dans la famille (nombreuse) des citadins trentenaires des années 2000 en proie à des interrogations existentielles, voici le cousin québécois. Son nom (qui est aussi celui de l’auteur) : Jimmy Beaulieu. Dix années durant, ce dessinateur et éditeur de BD a tenu le journal de ses aventures professionnelles et de ses états d’âme. Il s’y confie sur tout avec générosité mais pudeur sur son installation à Montréal, son histoire familiale, son amour de la musique en général et de Brian Wilson en particulier, sa conscience écologique et son goût des pitounes (la médiathèque tient à à votre disposition, si nécessaire, deux dictionnaires franco-québécois).
Le fond de cet album autobiographique n’est pas d’une grande originalité mais de belles plages d’émotion, de la vibration dans le coup de crayon et le savoureux parler local le font échapper à la banalité. Les célibataires trentenaires angoissés par la course du temps qui passe devraient trouver dans cette lecture vivifiante comme un printemps à Québec de quoi apaiser leur spleen passager. Ca t’tinterais-tu ?

Terre Noire n° 1
Les exilés du tsar (Michel Honaker)

note: 4Romans pour ados et adultes Smart - 8 janvier 2017

Quel plaisir de découvrir cette captivante série datant de 1994 grâce à sa réédition revue et corrigée par l'auteur !
Cette histoire de trahison et de vengeance mais aussi d'amour menée tambour battant qui se déroule dans la Russie tsariste de la fin du 19e siècle où les complots sourdent est tout simplement exaltante !
Une vraie leçon d'histoire !

Bienvenue au club (Jonathan Coe)

note: 4 JFP - 3 janvier 2017

De « Bienvenue au club », on pourrait dire qu’il entrelace harmonieusement petite et grande Histoire. Oui, bon, d’accord mais des romans de cette ambition-là sont légion, alors pourquoi celui-ci touche-t-il autant ? Sans doute parce que le contexte social et politique brossé n’est pas si éloigné du nôtre (attentats liés au conflit nord-irlandais, montée du racisme, monde ouvrier à bout de souffle sur le point d’être pulvérisé par le thatchérisme...). Peut-être aussi parce que de la manière la plus naturelle qui soit, se succèdent épisodes sombres et séquences tenant de la farce (vous y apprendrez ainsi que la perte d’un slip de bain peut mener à Dieu et découvrirez un moyen imparable de mettre fin à l’adultère de votre épouse…) L’attrait de « Bienvenue au club » tient, enfin, aux portraits d’adolescents qu’il dépeint, tous extrêmement justes : leurs emballements peuvent être éphémères, leurs égarements fréquents, ils ont des envies de grandeur, la désinvolture feinte, des corps en mutation et connaissent des drames familiaux bien plus déterminants qu’ils ne le pensent.
Dans l’avant-dernier chapitre, Benjamin, clef de voûte du livre, dresse en un flot ininterrompu d’une seule phrase tenant sur 50 pages un bilan des cinq années qu’il vient de vivre : avec lui, on partage l’émerveillement des premières fois, on fait l’apprentissage de la nuance et on se dit que si l'adolescence n’est pas le plus bel âge de la vie, elle en est à coup sûr l’un des plus intenses.

Overcooked ! (Team 17)

note: 5En cuisine ! Ophélie - 22 décembre 2016

A priori, c'est simple : préparer les plats indiqués et servir aux clients. En réalité, c'est plus compliqué. Très bon jeu où le rire, les crises de nerfs sont de mises. Si vous ne communiquez pas avec les autres joueurs et ne mettez pas une stratégie en place, la cuisine prendra vite feu. Testé et approuvé par l’équipe de la médiathèque !

Song of the deep (Insomniac Games)

note: 4We all live in a yellow submarine G. Abitbol - 21 décembre 2016

"Song of the deep" permet d'incarner une jeune héroïne partie en bathyscaphe à la recherche de son père dans les vastes fonds marins. Classé dans la catégorie des "Metroidvania" par la presse spécialisée, ce jeu vidéo propose d'explorer des zones truffées de recoins à dénicher, de trésors qui permettront d'améliorer ses compétences et bien entendu de poissons belliqueux ; chose caractéristique de ce genre de jeu, il faudra souvent revenir sur ses pas pour enfin pouvoir débloquer avec ses nouveaux pouvoirs ce qui nous bouchait le passage un peu plus tôt. Sans être révolutionnaire, "Song of the deep" permet toutefois de passer un bien agréable moment, ses graphismes mignons tout pleins (on pense à "Rayman Legends"), ses casses-têtes relevés mais pas trop et les différentes ambiances de la map offrant une bonne dizaine d'heures à barboter sous l'eau.

Life Is Strange (Square Enix)

note: 4Soirée diapo en perspective G. Abitbol - 16 décembre 2016

Développé par un studio français, Life is strange est une aventure captivante, comme il en existe encore trop peu dans le monde vidéoludique. Découpé en 5 épisodes (le jeu est sorti à l'origine au fûr et à mesure) à la manière d'une saison de série TV, il permet d'incarner Max Caulfield, jeune étudiante en photo fraichement arrivée sur le campus de Blackwell, Oregon, pour y suivre les cours du professeur Jefferson, référence en la matière. Elle y retrouvera son amie d'enfance, perdue de vue depuis longtemps, et se découvrira un pouvoir exceptionnel, celui de remonter le temps. Pour le joueur, ce pouvoir donnera l'occasion de modifier le cours des évènements et d'influer sur l'histoire, quitte à devoir réaliser des choix cruciaux... Plus proche du film interactif que du jeu pur jus, Life is strange est avant tout un succès par son atmosphère très réaliste, sa bande-son, et le travail réalisé sur les personnages. Il rappellera aux plus anciens (bien que se déroulant dans un monde différent), par certains aspects de gameplay et de scénario, le chef d'oeuvre du jeu qu'est Shen Mue. A tester pour se faire une autre idée du jeu vidéo !

A moon shaped pool (Radiohead)

note: 5 JFP - 16 décembre 2016

Ce n'est pas de la pop, ce n'est pas du rock, encore moins de la variété. C’est un disque indescriptible et aussi déroutant que Kid A, qui fit de Radiohead il y a quinze ans une formation définitivement hors normes. Les ambiances anxiogènes, rageuses qu’il déroule épousent à merveille les textes, évocations de somnambules, de pantins, d’individus asphyxiés en quête d’un ailleurs, d’un répit ou d’un peu d’attention. Thom Yorke en est l’interprète idéal. Du lyrisme dans les chœurs, de l’Orient dans les cordes, une rupture dans la mélodie, une guitare sèche en guise d’éclaircie : la beauté surgit de partout.
Parce qu’il n’est pas formaté, A moon shaped pool est un disque qui se mérite, s’apprivoise avant de littéralement subjuguer.

Sur les chemins noirs (Sylvain Tesson)

note: 5 JFP - 7 décembre 2016

Qui a lu « Dans les forêts de Sibérie » ou « Bérézina » sera ici en terrain connu. L’écriture est, comme toujours, riche et élégante (pour qui n’est pas allergique à l’emploi du passé simple et de l’imparfait du subjonctif). Le récit, hybride, mêle impressions de voyage et réflexions qu’inspirent à Tesson les paysages qu’il traverse, marqués par la périurbanisation, l’agriculture intensive et des modes de vie déconnectés de ce qu’il considère, lui, comme essentiel. C’est précisément sa « stratégie de retrait » par rapport à la vision du progrès en vigueur depuis les Trente glorieuses qui contribue à sa reconstruction physique et psychique. Et le fait se livrer (plus qu’à l’accoutumée ?) sur la filiation ou l’amitié (celle qu’il entretient avec Cédric Gras donne lieu à certaines des plus belles pages).
Son livre, empreint d’inquiétude sur l’avenir mais pas désespéré, se révèle aussi enthousiasmant que celui consacré à la marche par l’anthropologue David Le Breton que passionne un autre thème, cher aussi à Sylvain Tesson : celui de la disparition de soi.

No Land's Song (Ayat Najafi)

note: 4Persepolis G. Abitbol - 7 décembre 2016

Il y eut un temps pas si lointain où la musique en Iran était un art presque comme les autres, où l'on se réunissait dans des salles de spectacle pour écouter chanter indifféremment homme comme femme. Mais depuis la révolution de 1979, c'est une toute autre histoire : impensable pour une femme de se produire en public devant un parterre d'homme... Les érudits religieux sont formels : le chant féminin est profondément impudique. La musicienne Sara Najafi se lance pourtant un défi fou : organiser un concert avec des chanteuses iraniennes et françaises (Elise Caron, Jeanne Cherhal entre autres) et exposer aux spectateurs (du concert, du film) toutes les contradictions d'un pays en pleine mutation. Cinq ans après "Les Chats persans", retour à Téhéran pour ce documentaire musical éloquent où le talent des musiciens est proportionnel à leurs déconvenues quotidiennes...

Apache (Alex W. Inker)

note: 4Faut reconnaitre, c'est du brutal G. Abitbol - 6 décembre 2016

En plongeant dans la BD du Lillois Alex Inker, on plonge tout habillé dans l'univers haut en couleur et en argot du Paris de l'entre deux-guerres, truffé de mauvais garçons, de petites pépées et d'histoires rocambolesques. Le dessin est fortement marqué par l'iconographie du tatouage, encré (jeu de mot facile, il ne s'appelle pas Inker pour rien) donc dans ces destins de renégats dont on suivra les péripéties, quelque part entre Popeye, le Jean Gabin du Tatoué et Sacco et Vanzetti. Une réussite.

Sauveur & fils n° 1
Saison 1 (Marie-Aude Murail)

note: 4Roman ado adulte Smart - 2 décembre 2016

Dans « Sauveur et fils » Marie-Aude Murail brise les tabous, parle de tout sans jugement mais avec une sensibilité hors du commun. Ce roman se lit d'une traite, on reste longtemps accro à certains personnages. Vivement la suite !

Cette fille, c'était mon frère (Julie Anne Peters)

note: 5Un livre qui va vous trans…porter Ophélie - 16 novembre 2016

Liam et Regan sont frère et sœur. Ils s’aiment, se disputent, se soutiennent et partagent leurs secrets. Et le secret de Liam est tellement lourd à porter qu’il devient difficile pour lui de le taire et de le garder confiné dans leur espace commun.
C’est avant tout l’histoire d’une famille ordinairement dysfonctionnelle, d’une adolescence qui essaie de s’affirmer en tant que soi. Penser à l’autre sans s’oublier soi-même. Un équilibre fragile, jusqu’où pouvons-nous aider un être cher ? C’est surtout une histoire de tolérance, d’acceptation de soi et de transformation.
On ne ressort pas complètement indemne de ce livre bouleversant tant par son écriture dynamique que par le sujet original traité de manière forte et émouvante.

A day for the hunter, a day for the prey (Leyla Mccalla)

note: 5De Port-au-Prince à New Orleans G. Abitbol - 4 novembre 2016

Déjà adepte de l'old time music au sein de la formation Carolina Chocolate Drops, la violoncelliste Leyla McCalla, qui officie désormais en solo, livre pour ce deuxième opus un album d'une maturité impressionnante. Le fameux "album de la maturité" ? Qu'est-ce que ca peut bien vouloir dire ? Pour une jeune femme à peine trentenaire, cela signifie avant tout incarner parfaitement le métissage de la musique américaine. S'appropriant la musique folk et traditionnelle, les sonorités incomparables de la Louisiane d'où viennent l'âme du jazz et du blues, le répertoire créole, cajun et haïtien en l'inscrivant dans son époque, la musicienne rend hommage à un répertoire riche et somptueux sans aucun anachronisme, tout en y ajoutant ses propres compositions. Une magnifique ballade où l'on se laisse prendre par la main en douceur.

L'étrange Noël de Monsieur Jack (Henry Selick)

note: 5Voulez-vous voir un monde étrange ? Natha - 27 octobre 2016

Jack Skellington, le Roi des citrouilles, s'ennuie dans sa ville d'Halloween. Après une visite à Christmas Town, une ville où les gens ont l'air tellement heureux, il décide de s'emparer de Noël en organisant lui-même cette fête si mystérieuse.
Pensant répandre le bonheur autour de lui, Jack va en réalité perturber le bon déroulement de Noël et en bousculer les codes...
Jack mangera-t-il les pissenlits par la racine ?
Trait d'union entre Halloween et Noël, "L'étrange Noël de Monsieur Jack" est un chef d’œuvre indémodable à voir où à revoir en famille.

Simplissime (Jean François Mallet,)

note: 5La cuisine pour les "presque" nuls Natha - 22 octobre 2016

Ce livre de cuisine light est une merveille !
La simplicité est effectivement au rendez-vous. Pas question ici d’aliments aux noms imprononçables. Les recettes sont simples à réaliser et les ingrédients faciles à trouver. Les visuels sont alléchants et assez conformes au résultat final car non, nous ne faisons pas tenir nos feuilles de salades avec de la colle...
Ce livre ne s’adresse pas seulement à celles et ceux qui voudraient perdre quelques kilos mais plutôt à qui veut réapprendre à manger sainement. En revanche, il est idéal pour les intolérants au gluten et au lactose.
2 bémols tout de même à ce tableau idyllique : le prix moyen de votre caddie augmentera (certains poissons coûtent chers) et la quantité prévue pour 4 personnes est un peu juste.
Une trentaine de recettes testées et approuvées, hormis peut-être une ou deux petites déceptions.
Et pour les tailles de guêpes dont les intestins fonctionnent à merveille, retrouvez également au catalogue le livre Simplissime normal (noir et jaune) et le Simplissime spécial desserts (rose et blanc).

L'insouciance (Karine Tuil)

note: 4A lire Smart - 5 octobre 2016

Karine Tuil nous brosse un tableau à la fois juste, sans concession et lucide de notre société.
« L’insouciance » est un roman contemporain qui nous aide à mieux comprendre les événements récents.
La question de l’identité est centrale, chaque personnage a son problème d'identité et c'est une source de vulnérabilité.
L’auteure mêle histoire d’amour, drame social, contexte politique et ambitions personnelles. On plonge dans ce roman avec un plaisir croissant au fil des pages.

Révolution rurale (Beat Bouet Trio)

note: 4BZH version génération Y G. Abitbol - 28 septembre 2016

Beat Bouet Trio (et quelques autres) naviguent à contre courant total de l'image exclusivement urbaine que l'on peut se faire du hip hop. Et c'est tant mieux. Car ils démontrent s'il le fallait que c'est avant tout un territoire, une langue et une culture que l'on met en musique... Groupe de fest-noz, c'est donc la Bretagne et la langue gallo qui sont ici à l'honneur. Mélange original et réussi de ragga, beat box et musique bretonne, l'album s'avère entrainant, et constitue une passerelle artisanale entre tradition et modernité.

Vinyl
Saison 1 - première partie (Allen Coulter)

note: 4Personality crisis G. Abitbol - 22 septembre 2016

Véritable superproduction signée HBO, la série "Vinyl", produite par Martin Scorsese et Mick Jagger, avait tout du carton assuré. Las ! Il aura suffit d'une petite saison pour que Richie Finestra, le patron survolté et repoudré du label American Century, mette finalement la clé sous la porte. Alors au final, faut-il se lancer dans le visionnage d'une série mort-née ? Réponse : si vous aimez l'histoire du rock et de ses turbulences seventies, les fringues vintage, les New York Dolls et la factory de Warhol, les balbutiements du disco... alors oui ! A l'instar de "Treme" autre série HBO annulée en cours de production, l'ambiance globale surpasse largement les maladresses scénaristiques et fait passer un très bon moment.

Possédées (Frédéric Gros)

note: 4Satan, sors de ce corps ! Natha - 9 septembre 2016

Ce roman raconte l’affaire des possédées de Loudun, dans les années 1630.
Unanimement apprécié de ses paroissiens, proche des protestants, le prêtre Urbain Grandier est beau et plaît aux dames. Il agace.
Pour le punir d’avoir engrossée sa fille, le procureur du roi Louis Trincant va s’acharner à lui détruire l'existence. Le couvent des Ursulines connaît bientôt un envoutement diabolique sans précédent, les sœurs se livrent à une débauche de folie et d’impudeur : le coupable est tout désigné !
Aidé des plus fervents détracteurs du curé, Trincant brodera une toile de faux témoignages, manœuvrant grossièrement mais sans relâche. Une animosité féroce qui finira par porter ses fruits.

Ce qui frappe dans ce roman, c’est la mesquinerie.
Des retournements de vestes multiples à la comédie de la possession qui tourne au grotesque, on a parfois envie de rire. On ressent néanmoins à quel point ces histoires de sorcelleries étaient prises au sérieux à l’époque.
La lecture est un peu difficile au début car le rythme des phrases est saccadé. Un style d’écriture finalement apprécié car percutant.

L'insouciance (Baptiste W. Hamon)

note: 4Nashville skyline G. Abitbol - 3 septembre 2016

Un disque de folk chanté en français, voila au moins depuis Malicorne ou Hugues Aufray que l'on n'avait pas vu cela… surtout avec tant de panache ! Le défi est pourtant relevé haut la main par le jeune Baptiste Hamon, qui pour son premier disque enregistré à Nashville, réussit à incorporer les sonorités de la country à une écriture typiquement "frenchie". Le résultat est bluffant et n'est pas si loin des grands songwriters comme Townes van Zandt que notre artiste admire au point de lui écrire un titre hommage. Un vrai bol d'air dans le monde de la chanson !

Quatre filles et quatre garçons (Florence Hinckel)

note: 4Roman ado Smart - 1 septembre 2016

Neuf portraits d'adolescents à la veille de quitter le collège. Ils décident de tenir à tour de rôle un journal. Le récit avance et nous offre à chaque fois un nouveau regard. J’ai trouvé le livre riche et dense et plutôt représentatif du monde de l'adolescence. Il n'y a pas de grands événements ni de véritable accroche mais une succession de petits faits du quotidien qui sonnent justes.

Nous les menteurs (E. Lockhart)

note: 4Roman ado et adulte Smart - 1 septembre 2016

« Nous les menteurs » est un roman-choc. Le lecteur est plongé dans l'enquête de Cadence, adolescente meurtrie et bouleversée. Le récit est haletant et les rebondissements extrêmement bien orchestrés. Original et magistral. Ce roman est conseillé à partir de 15 ans.

Le seul et unique Ivan (Katherine A. Applegate)

note: 4Roman junior Smart - 1 septembre 2016

Primé à de nombreuses reprises, "le Seul et unique Ivan" touchera les plus jeunes comme les plus grands. Peuplée de rencontres vraies, d'amitiés inaltérables et de sincérité, cette histoire ne peut laisser indifférent. Un roman bouleversant et inoubliable fondé hélas sur des faits réels.

Le venin de la peur (Lucio Fulci)

note: 5Bis at his best G. Abitbol - 13 août 2016

Lucio Fulci, cinéaste italien méconnu et peu estimé, est redécouvert depuis sa mort en 1996 par une nouvelle génération de spectateurs, profitant du travail de réhabilitation mené par une poignée de fans du réalisateur. En témoigne ce magnifique coffret Blu-Ray/DVD/CD de l'un des films de début de carrière de Fulci. Sorti en 1971, en pleine vague du giallo, "Le venin de la peur", dont on préférera le titre original ("Le lézard dans la peau d'une femme"), est une vraie claque cinématographique. Filmé par une caméra nerveuse mais hautement inventive, doté du charme suranné des années Swinging London , le transalpin dépasse les codes du simple film de genre et propose une vraie enquête policière onirique, au scénario sans excès mais au déroulé haletant. Comprenant des scènes angoissantes rondement menées (Hitchcock à la sauce italienne, mamma mia) et une théâtralisation esthétique sans lourdeur (mais radicale quand même), les bases du style Fulci sont là, et exploseront plus tard dans des films comme "L'au-delà" (un chef d’œuvre gore inégalé) ou "L'éventreur de New York". En complément, la BO splendide d'Ennio Morricone et de nombreux bonus (interviews) remettent en contexte - et en valeur - ce film comme il le méritait.

L'étreinte du serpent (Ciro Guerra)

note: 4Rendez-vous en terre inconnue G. Abitbol - 27 juillet 2016

Réalisé par le colombien Ciro Guerra, ce long-métrage a le parfum des récits de voyage d'antan, à la fois mystérieux, initiatique et dépaysant. Se basant sur les mémoires de deux botanistes partis en Amazonie à quelques décennies d'intervalle, le spectateur se voit confronté à son tour au quotidien des tribus et à leur rapport à l'environnement, source de leur survie... et de leur destruction. Un choc des civilisations traduit en une parabole prophétique et spirituelle par le réalisateur, et mis en image dans un noir et blanc stupéfiant de beauté.

Cafard (Jan Bultheel)

note: 4Conte de la Grande Guerre G. Abitbol - 16 juillet 2016

"Cafard" est un conte, une histoire individuelle au sein de notre Histoire collective, celle de la Grande Guerre et des bouleversements mondiaux du début du 20e siècle. C'est une épopée à travers le globe, celle des soldats belges de l'ACM et de leur destin, ponctué de rencontres humaines et politiques (la révolution russe sert de trame de fond). Mais "Cafard" surprend et marque surtout par un parti-pris graphique radical et à contre courant des productions actuelles : utilisant un minimalisme dans les détails et une animation très "géométrique", qui peut rebuter par son côté froid, parfois laid, les couleurs restent néanmoins flamboyantes et le rendu global suffisamment pertinent pour appuyer un scénario travaillé. A découvrir.

Les petites reines (Clémentine Beauvais)

note: 4"Roman qui fait du bien" Smart - 29 juin 2016

Sous des apparences de livre léger, « Les petites reines » est un roman dense. Il traite de thèmes variés comme la différence, le dépassement de soi, le handicap. L’autodérision de l’héroïne évite à Clémentine Beauvais de tomber dans des évidences du genre : la beauté intérieure est plus importante que la beauté physique. L’auteur s’en tire à chaque fois en nous faisant rire et réfléchir.

The Danish Girl (Tom Hooper)

note: 5Sublime Natha - 25 juin 2016

Ce film raconte l’histoire du premier transsexuel danois. Gravitent autour de lui sa femme, jeune artiste peintre pétillante et libérée, et Hans, son meilleur ami d’enfance. 3 personnages magnifiquement interprétés. L’esthétique gris bleutée du film est parfaite.
Émotion contenue et continue.